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Mbuji-Mayi : La relance de la Miba, une promesse s'évanouit dans les méandres du pouvoir
Le désespoir grossit parmi les enfants et les travailleurs de la Société minière de Bakwanga (Miba SA), alors que les promesses de relance de l'entreprise s'évaporent au fil des mois, malgré les déclarations répétées du président Félix Tshisekedi. La question de la résurrection de ce géant minier semble s'être perdue dans les méandres de l'administration et des promesses non tenues, suscitant une vive indignation dans la province du Kasaï-Oriental.
Tout avait commencé par un message d'espoir clair. Lors de sa campagne électorale en décembre 2023, le Chef de l'État avait lancé un "faites-moi confiance" fort retentissant et plein d'espoir aux travailleurs de la Miba, une entreprise en déclin depuis des années. Ces mots avaient résonné comme une bouée de sauvetage pour une population qui a toujours vécu de l'exploitation du diamant.
Plus récemment, lors de sa tournée en province, Félix Tshisekedi avait promis devant une foule enthousiaste à Mbuji-Mayi d'apporter une somme de 50 millions de dollars américains exclusivement destinée à la relance de la société. Cette nouvelle avait été accueillie par des ovations, mais le rêve a rapidement tourné au cauchemar. La direction de la Miba affirme n'avoir jamais reçu ces fonds.
Cette contradiction entre les paroles du président et la réalité du terrain a plongé les employés dans un sentiment de trahison. Les "enfants Miba", comme ils se nomment eux-mêmes, s'interrogent ouvertement sur les raisons de ce blocage, oscillant entre l'idée d'une promesse creuse ou d'un sabotage organisé par de "réseaux mafieux".
FRUCTRATION De TOUTE UNE GENERATION
Franck Nsapu Kitenge, un des porte-paroles des enfants de la Miba, exprime la frustration de toute une génération. "On nous a promis que la relance allait intervenir en 2025, mais il ne reste que trois mois. Nous ne voyons aucun signal", s'est-il plaint hier mardi, dénonçant un "manque de volonté" de la part des autorités.
Le collectif souligne la situation dramatique des familles concernées : les parents sont impayés depuis huit mois, ce qui les empêche de subvenir aux besoins les plus élémentaires, y compris l'éducation de leurs enfants. "Si le problème de la Miba n'est pas résolu, les autorités ne veulent simplement pas le développement du Kasaï-Oriental et nous contraignent à vivre ailleurs", concluent-ils, désespérés, faisant écho à un sentiment de marginalisation régionale.
Ces plaintes témoignent de l'urgence de la situation et du fossé grandissant entre les attentes de la population et les actions du gouvernement. La survie de la Miba est perçue comme un test de la volonté politique de redresser l'économie de la province et de redonner de la dignité à des milliers de familles.
Félix MULUMBA Kalemba