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Aubin Minaku : "S'il y a un agresseur, il faut le condamner, mais surtout le faire selon les voies institutionnelles…"
L'ancien président de l'Assemblée nationale, Aubin Minaku, a réagi le samedi, au cours d'une conférence de presse à Kinshasa, aux propos récents du président Félix Tshisekedi face à la diaspora, qui conditionne tout dialogue national à une condamnation claire de l'agresseur de la République démocratique du Congo. Pour Minaku, la question ne se résume pas à des déclarations politiques, mais à une démarche juridique et diplomatique responsable, conforme au droit international.
" S'il y a un agresseur, il faut le condamner, mais surtout le faire selon les voies institutionnelles: saisir le Conseil de sécurité et la Cour internationale de justice. C'est cela, la responsabilité ", a insisté l'ancien président de la chambre basse.
Rappelant son expérience en tant que conseiller juridique au ministère des Affaires étrangères à la fin des années 1990, Aubin Minaku a évoqué la procédure enclenchée à l'époque contre l'Ouganda, le Rwanda et le Burundi, accusés d'agression contre le territoire congolais.
Il a rappelé que sous Joseph Kabila, le gouvernement congolais avait saisi la Cour internationale de justice, qui avait, en 2005, condamné l'Ouganda pour occupation illégale et crimes commis sur le territoire congolais. Une décision historique qui a débouché sur un dédommagement de plus de 300 millions d'euros, dont le paiement se poursuit encore aujourd'hui.
" C'est ce qu'il faut faire. Au lieu de polémiquer, il faut saisir les instances compétentes. Nous, nous l'avions fait en 1999", a souligné Minaku.
UN DIALOGUE NATIONAL INDISPENSABLE
Pour Minaku, l'enjeu n'est pas de multiplier les accusations, mais de retrouver l'unité nationale face à la menace extérieure. Il estime qu'un dialogue national inclusif demeure indispensable pour élaborer une réponse concertée et durable.
" Le problème, ce n'est pas de savoir qui condamne qui, mais de nous retrouver, Congolais, à l'unisson, pour réfléchir sur les menaces réelles qui pèsent sur notre intégrité nationale et trouver des solutions ", a-t-il déclaré.
Tout en rappelant que la souveraineté n'exclut pas la coopération internationale, l'ancien président de l'Assemblée a insisté sur la nécessité d'un équilibre entre fermeté diplomatique et collaboration régionale, la RDC partageant ses frontières avec neuf pays.
L'intervention d'Aubin Minaku tranche avec le ton souvent passionnel du débat politique actuel. En plaçant la question de l'agression sur le terrain du droit international, il cherche à ramener le débat de la réaction émotionnelle à la rationalité institutionnelle.
Son plaidoyer renvoie à une constante de sa carrière : la défense du primat des institutions sur la logique d'affrontement politique.
Dans un contexte où la tension monte entre le pouvoir et l'opposition sur la conduite du dialogue national, sa sortie publique se veut à la fois un rappel de méthode et un appel à la maturité politique.
Si certains y verront un message codé à l'adresse du chef de l'État, d'autres y liront une tentative d'apaiser un climat de polarisation politique qui fragilise la cohésion nationale face à l'agression persistante à l'Est.
Jérémie ASOKO