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Nord-Kivu : Denis Mukwege dénonce le massacre de jeunes mères dans un centre de santé près de Butembo
Une nouvelle attaque d'une cruauté inqualifiable a endeuillé le territoire de Lubero, au Nord-Kivu. Plusieurs civils, dont 11 femmes en séjour à la maternité, ont été sauvagement assassinés le week-end dernier au centre de santé de Byambwe, près de Butembo. Parmi les victimes figurent de jeunes mères qui allaitaient encore leurs nourrissons.
Le docteur Denis Mukwege, prix Nobel de la paix et grand défenseur des droits humains, s'est dit " horrifié " par l'ampleur et la nature de ces atrocités.
" Je suis horrifié d'apprendre que des jeunes mères allaitant leurs enfants ont été brutalement assassinées et retrouvées la gorge tranchée dans leur lit d'hôpital. Parmi les personnes massacrées, 11 étaient des femmes en séjour à la maternité ", a dénoncé le gynécologue dans un message publié lundi.
MUKWEGE CONDAMNE " GENOCIDE SILENCIEUX DES CONGOLAIS "
Pour le médecin congolais, ces actes ne relèvent pas seulement d'une attaque contre des civils, mais constituent une tentative de destruction planifiée du tissu social congolais.
" En tant que gynécologue obstétricien, je condamne très fermement ces actes abjects. S'attaquer à des femmes qui ont donné la vie est le pire des crimes que l'on puisse commettre. Cela s'apparente à une volonté planifiée de terroriser la population et de détruire en tout ou en partie une communauté ", affirme-t-il.
Mukwege, connu pour son engagement contre les violences sexuelles et les crimes de guerre, évoque une situation d'extrême gravité et met en garde contre ce qu'il qualifie de " génocide silencieux des Congolais ".
UN APPEL URGENT A L'ACTION INTERNATIONALE
Face à cette tragédie, le prix Nobel de la paix interpelle une fois de plus la communauté internationale et les autorités congolaises, estimant que l'heure n'est plus aux déclarations de solidarité, mais à une intervention concrète.
" Il y a urgence à agir, à poursuivre les responsables de ces crimes et à protéger les civils dans l'Est de la RDC. Le monde ne peut tolérer le génocide silencieux des Congolais ! "
Cette attaque survient dans un contexte de recrudescence des violences attribuées aux groupes armés actifs dans la région, notamment dans les zones frontalières de Beni, Lubero et Butembo. Les structures sanitaires, pourtant considérées comme des lieux de refuge pour les populations vulnérables, deviennent de plus en plus des cibles, accentuant la détresse des communautés locales.
Pascal NDUYIRI