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Kinshasa tient son premier officier diplômé de Sandhurst
Le vent frais d'un matin anglais balaie la vaste pelouse impeccable de l'Académie Militaire Royale de Sandhurst. Les uniformes repassés au millimètre scintillent sous un soleil timide. Les bottes claquent en cadence sur le pavé, ponctuées par le roulement grave des tambours. Dans la cour d'honneur, un alignement parfait de quelques drapeaux nationaux flotte déjà au-dessus des gradins. Parmi eux, celui de la République démocratique du Congo, posé là comme un signe puissant de l'histoire qui s'écrit ce jour-là.
Nous sommes le vendredi 8 août 2025, jour de la Sovereign Parade, cérémonie réglée au cordeau qui marque la fin de formation d'une promotion d'officiers. Et si le drapeau congolais trône ce matin aux côtés de ceux des autres lauréats, c'est grâce à un jeune homme né à Kisangani pendant la guerre des Six Jours : l'officier Antony Pauni.
Le premier en plusieurs décennies
Pauni, qui fêtera ses 25 ans en octobre, n'a rien du profil militaire classique. Ingénieur en développement web, il a franchi les portes de cette institution vieille de près de trois siècles pour y suivre une formation réputée impitoyable. Le résultat : il est désormais le premier Congolais en plusieurs décennies à sortir diplômé de Sandhurst. Deux jours après la parade, il regagnait Kinshasa, porteur d'un honneur national.
Un moment de fierté diplomatique
Dans la tribune des invités, l'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la RDC au Royaume-Uni, le professeur Ndolamb Ngokwey, observe la cérémonie avec émotion.
" C'est une fierté et un honneur, non seulement pour l'officier Pauni, mais aussi pour notre pays. Cet événement ouvre une nouvelle page dans notre coopération avec le Royaume-Uni. Sandhurst, c'est Sandhurst. "
Une école des puissants
Fondée en 1741, l'Académie Militaire Royale de Sandhurst forme depuis des générations les élites militaires et politiques du monde entier. On y enseigne le leadership, les tactiques, la stratégie, l'éthique militaire, le tir, les manœuvres, mais aussi l'endurance physique et mentale.
Les bancs de Sandhurst ont vu passer des noms qui pèsent lourd dans l'histoire : le roi Abdallah II de Jordanie, le Roi Charles lll du Royaume-Uni, le sultan Hassanal Bolkiah de Brunei, l'émir de Dubaï, Sir Winston Churchill… et des figures africaines marquantes comme les anciens présidents du Nigeria, Yakubu Gowon et Murtala Muhammed ou l'actuel chef d'Etat-major Ougandais Muhoozi Kainerugaba.
Un échange en quatre langues
Après le défilé - un ballet parfaitement réglé de sabres, d'ordres brefs et de salutations au pas cadencé - les invités d'honneur se retrouvent autour d'un déjeuner officiel. Dans un coin de la salle, entre les tintements de verres et le parfum du café, l'ambassadeur Ngokwey s'entretient avec Pauni. Français, anglais, lingala, swahili… les langues se succèdent au rythme de la conversation.
En se levant, le diplomate résume en une phrase ce que tout le monde pense déjà:"L'officier Pauni est le premier Congolais à franchir les portes de Sandhurst après plusieurs décennies… mais il ne sera pas le dernier."
FDA