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Suminwa dénonce une guerre "planifiée"
La Première ministre de la République démocratique du Congo, Mme Judith Suminwa, a présidé la Journée de mémoire de Bunagana à Uvira. Placée sous le thème de la Résistance, de la Résilience et de l'Unité du peuple congolais. Une commémoration hautement symbolique. Cette manifestation tenue le mardi 27 janvier, à l'Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, a organisée dans un contexte de persistance de l'agression dont la RDC est victime, attribuée au Rwanda et à ses supplétifs.
Initiée par le Ministère de la Communication et Médias, cette journée a constitué bien plus qu'un simple devoir de mémoire. Elle s'est imposée comme un cadre solennel de réflexion nationale, dédié à l'hommage des victimes, mais aussi à l'analyse lucide et approfondie d'un conflit aux ramifications multiples.
Au cœur de cette cérémonie, plusieurs panels thématiques ont permis d'examiner la crise sécuritaire sous différents prismes : le drame humanitaire, les enjeux économiques, l'exigence de justice pour les victimes et la restauration de l'intégrité territoriale. Ces échanges, auxquels la Cheffe du Gouvernement a pris une part active, ont mis en évidence la complexité d'une guerre qui ne se limite ni au champ militaire ni à une lecture unidimensionnelle.
RESTER TOUJOURS DEBOUT
Trois membres du Gouvernement sont intervenus lors de ces panels : le Vice-Premier Ministre en charge de l'Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, le Ministre d'État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, ainsi que le Ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku. Tous ont insisté sur la nécessité d'une réponse globale, cohérente et durable, à la hauteur des défis posés à la Nation.
Lors de son adresse au terme des travaux, la Première Ministre a salué la résilience du peuple congolais et réaffirmé, avec gravité, la détermination du Gouvernement à faire face à l'agression. " En honorant la mémoire de nos morts, nous affirmons surtout notre détermination à rester debout, comme au premier jour de cette guerre, pour la défense de notre patrie. Cette détermination s'inscrit dans l'engagement constant impulsé par le Président de la République, qui assume, avec fermeté et responsabilité, la conduite de la Nation dans cette épreuve historique", a déclaré Judith Suminwa.
NON A UNE GUERRE PREDATRICE
La Cheffe du Gouvernement n'a pas éludé la nature du conflit. Elle a dénoncé ce qu'elle a qualifié de stratégie délibérément planifiée, visant l'occupation d'une partie du territoire national et l'exploitation illégale de ses ressources.
" La guerre que subit notre pays n'est pas accidentelle. Elle procède d'une stratégie pensée et planifiée, menée par le Rwanda et ses supplétifs, dans le dessein d'occuper une partie de notre territoire et de poursuivre une entreprise de prédation. Cette guerre vise le sol et le sous-sol de la République, mais elle vise surtout les vies, les foyers, les équilibres sociaux et l'avenir même de notre Nation ", a-t-elle martelé.
À travers cette Journée de mémoire, le Gouvernement a réitéré ses engagements fondamentaux : la défense de la souveraineté et de l'intégrité territoriale, le soutien indéfectible aux Forces armées de la République démocratique du Congo, la protection de toutes les populations sans distinction, la lutte contre l'impunité et la quête d'une paix juste et durable.
LA JUSTICE, SOCLE INDISPENSABLE D'UNE PAIX DURABLE
Intervenant à son tour, le Ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a souligné l'impératif de justice comme condition sine qua non de toute stabilisation durable.
" Il ne peut y avoir de paix durable fondée sur le silence, l'oubli ou la négation des souffrances. La reconnaissance des préjudices subis, la prise en compte des victimes et l'établissement des responsabilités constituent les conditions essentielles de toute stabilisation véritable ", a-t-il affirmé.
La Journée de mémoire s'est articulée autour de trois axes majeurs : une exposition photographique retraçant les atrocités vécues par les populations, des panels thématiques mettant en lumière la réponse gouvernementale, et un moment de recueillement en hommage aux victimes.
L'ensemble des échanges a répondu à une même exigence de rigueur et de profondeur, traduisant la volonté des autorités congolaises d'aborder la guerre dans toutes ses dimensions, sans simplification ni cloisonnement, afin de jeter les bases d'une paix fondée sur la vérité, la justice et la dignité humaine.
Cette cérémonie a également enregistré la participation de plusieurs autres membres du Gouvernement, notamment la Ministre de la Culture, Arts et Patrimoine, Yolande Elebe, et la Ministre du Genre, Famille et Enfants, Micheline Ombae, ainsi que des représentants de la Monusco, de l'Union européenne, de la société civile et de nombreux diplomates accrédités à Kinshasa.
Jérémie ASOKO