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Les enjeux internationaux liés à la souveraineté du Groenland
(Maître Célestin TUNDA YA KASENDE, Professeur et Chercheur en Droit International Public, PhD, Université de Gand, Belgique)
Depuis qu'il a annoncé son ambition d'annexer le Groenland aux Etats-Unis, le président américain, Donald Trump, attire l'attention et suscite la tension sur l'échiquier international. Sa détermination de recourir à la force pour changer la donne de la géopolitique mondiale interpelle l'opinion quant au respect du droit international.
Auteur d'une thèse qu'il a défendue avec brio à l'Université de Gand, en Belgique, le Professeur Tunda ya Kasende Célestin revisite, à travers cette tribune, les conclusions de son ouvrage sur "La Souveraineté de la République démocratique du Congo face à l'évolution des pratiques présentées comme de nouvelles normes de droit international".
Dans ce travail présenté en 2024, le chercheur Tunda annonçait déjà les couleurs de la configuration mondiale en cours, partant des données sur l'agression de la RDC. Il met le curseur sur les violations flagrantes des principes du droit international, en l'occurrence l'intangibilité des frontières, la souveraineté des Etats, le non recours à la force, la protection collective de la paix mondiale...
Bref, des violations qui menacent l'existence même de l'ONU, au regard de la volonté ferme de faire triompher un monde unipolaire, dans le vif souci de contrôler les ressources naturelles en dehors de sa sphère géographique.
Yves KALIKAT
INTRODUCTION
Depuis un temps le Groenland fait l’objet de diverses discussions et même de certaines prétentions telles que celles exprimées par le Président Donald Trump des Etats-Unis d’Amérique. Le Groenland est, en soit, une vaste île dans le nord de l’Océan Atlantique, en Amérique du Nord. C'est la plus grande île du monde avec une superficie de 2. 175. 600 Km², soit quatre fois la France.
Selon la présentation des géographes, une grande partie de son territoire est recouverte par une immense calotte glaciaire, qui est la deuxième plus grande masse de glace sur terre après celle de l’Antarctique, couvrant environ plus de trois quarts de son territoire, soit 80% de sa superficie.
Ses frontières sont délimitées, à l’Ouest, par le détroit de Davis et la baie de Baffin, face au Canada ; à l’Est, par la mer du Groenland et l’océan Atlantique nord, face à l’Islande ; au nord, par l’Océan Arctique et au sud, par l’océan Atlantique nord.
Aussi, le sol et le sous-sol groenlandais, comme celui de toute la région Arctique, fourmillent en minéraux stratégiques (Platine, or, molybdene, plomb, zinc, fer, uranium, terres rares), qui sont très convoités dans la technologie moderne pour la transition écologique. Sans oublier, ses gisements pétroliers et gaziers qui, d’ailleurs, sont sous-exploités.
Sur le plan démographique, le Groenland compte environ 56.865 habitants, majoritairement inuits (près de 88 %), le reste étant principalement d’origine danoise. La densité de population y est très faible et la majorité des habitants vit sur la côte ouest.
Nuuk, la capitale, concentre, à elle seule, plus de 30 % de la population, tandis que les autres habitants se répartissent entre Sisimiut, Ilulissat, Qaqortoq, Aasiaat, ainsi que Kangerlussuaq, important centre aérien, et Tasiilaq, située sur l'île d'Ammassalik.
Dans ce contexte, la question de la souveraineté du Groenland suscite un vif débat. Les récentes prétentions américaines à l’annexion de l’île, y compris par la force, ont profondément interpellé les décideurs et les analystes internationaux. Cette rivalité met en lumière les limites du multilatéralisme et la prééminence croissante des rapports de force sur les règles juridiques, comme en témoignent d’autres crises contemporaines au Venezuela, en Ukraine, au Moyen-Orient, au Soudan ou en République démocratique du Congo.
1.CONTEXTE HISTORIQUE ET JURIDIQUE
*DU POINT DE VUE HISTORIQUE
Selon les spécialistes en la matière, l’histoire de l’île du Groenland devrait remonter au passé lointain. D’abord, vers le troisième millénaire avant J.C., les paléo-esquimaux, venus de la Sibérie, via l’Amérique du nord, se sont s’installé dans la contrée. Ensuite, sera le tour des Inuits vers le XIIème siècle après J.C. Ils vont s’y installer, faisant suite aux Thuléens, considérés comme leurs ancêtres, avant de voir l’île dominée par les Vikings en 985. Depuis lors, commença l’ère de l’hégémonie européenne dans la région de l’Amérique du nord, qui serait considéré comme le prolongement de la Scandinavie par le simple rattachement au Danemark.
Il faut dire aussi, toujours selon l’histoire, que, la colonisation viking avait été rendue possible par Erick le Rouge, un exilé d’Islande, qui établira sa colonie sur la côte sud-est et la nommera « Groenland» qui veut dire: « terre verte ». Il importe de préciser que cette appellation avait été choisie à dessein. En fait, c’était pour maquiller les conditions de vie très difficiles dans l’île, à cause de la précarité de son climat, surtout pour faire miroiter celle-ci auprès des autres colons. Ce n’est qu’au XVème siècle que les vikings disparaitront de la scène, pour des raisons climatiques, sociales et économiques, afin de voir enfin, l’île passer sous la domination danoise.
Par la suite, l’entreprise coloniale danoise, bien que, commencée sous le couvert de missions d’évangélisation, par le missionnaire Hans Egede en 1721, prendra effet plusieurs décennies après. C’est plutôt en 1775, soit 54 ans plus tard, que le Groenland devint officiellement, une colonie du royaume de Danemark. Cette colonisation au profit du royaume, survivra à la dissolution de l’union dano-norvégienne, laquelle fut consacrée par le traité de Kiel (ville allemande sur la mer Baltique), en 1814.
*DU POINT DE VUE JURIDIQUE
Il convient de rappeler que le Groenland est longtemps resté une simple colonie danoise, privée de droits politiques. Ce n’est qu’avec la réforme constitutionnelle du 5 juin 1953 que son statut colonial fut aboli, faisant du Groenland une entité autonome intégrée au Royaume du Danemark, dotée de compétences internes élargies et représentée par deux députés au parlement monocaméral danois (le Folketing).
Par la suite, plusieurs réformes juridiques ont progressivement renforcé son autonomie, dans le contexte des débats liés au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, consacré par la Charte des Nations unies et précisé par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966.
Depuis 1979, le Groenland bénéficie d’une large autonomie, consolidée par la loi du 12 juin 2009, issue du référendum de 2008, qui lui a permis de se doter de son propre parlement, de son gouvernement et d’un droit formel à l’autodétermination. Toutefois, le Danemark conserve les compétences régaliennes, notamment en matière de défense, de politique étrangère, de justice et de monnaie.
Cette autonomie a contribué à apaiser les aspirations indépendantistes, dans un contexte marqué par l’adhésion du Groenland à la CEE en 1973, puis son retrait en 1982. Aujourd’hui, en tant que territoire associé au Danemark, le Groenland figure parmi les pays et territoires d’outre-mer liés à l’Union européenne. Le transfert progressif de compétences apparaît ainsi comme une stratégie visant à concilier autonomie locale et maintien de l’influence danoise sur un territoire longtemps privé de la maîtrise de son destin politique et économique.
Par ailleurs, la position des États-Unis à travers le président Trump, soulève des sérieux soucis en droit international, où de plus en plus, l’on assiste à des violations flagrantes des principes régulateurs tels que le non-recours à la force, l’intangibilité des frontières, la souveraineté interne et externe des Etats, la protection collective de la paix mondiale, etc., qui découlent de la charte des nations unies et des autre instruments juridiques internationaux.
Cela semble consolider la position de ceux qui voient, une sorte d’érosion de certaines notions piliers du droit international. A ce sujet, lire particulièrement Tunda Ya Kasende Célestin, « la Souveraineté de la République Démocratique du Congo face à l’évolution des pratiques présentées comme de nouvelles normes de droit international », Thèse de doctorat, Université de Gand (Belgique ), 2024.
Au regard du développement précédent, la question de l’avenir du droit international se pose avec acuité face à toutes ces évolutions de la situation qui s’observe dans le monde. Quelle jurisprudence les grandes puissances et particulièrement les cinq membres permanents du conseil de sécurité pourraient laisser aux autres acteurs interétatiques ? Pourtant, disait Grotius, « le monde n’est pas un simple conglomérat de souverainetés. Il existe une société universelle, une société du genre humain soumettant à ses lois les actions humaines et étatiques».
2. LES ASPECTS GEOSTRATEGIQUES DU GROENLAND
Comme nous ne le disons ci-haut, la position du Groenland en Amérique du nord serait perçue par le gouvernement américain, comme une porte d’entrée principale dans l’Arctique qui, aujourd’hui, semble le centre de la géopolitique mondiale. Surtout, à l’époque où le réchauffement climatique est en train de fondre la banquise avec possibilité d’ouverture des routes maritimes nordiques qui soient plus courtes pour atteindre l’Est ou l’Asie.
De ce point de vue, la route maritime qui se crée par l’effet du changement climatique, devrait donner des possibilités énormes en termes d’exploration du potentiel minier et hydraulique de la région, lequel potentiel ne devrait pas servir les intérêts d’une seule puissance en l’occurrence de la Russie, qui y est présente depuis plusieurs décennies, et tente de consolider au jour le jour, son positionnement grâce à sa flotte.
L’Arctique étant actuellement un des lieux où s’expérimente et s’approfondit l’alliance sino-russe, tel que l’estiment de nombreux spécialistes. C’est qui est évidemment, difficile à admettre, pour Washington. Car, la Russie, avec la coopération de la Chine, a beaucoup investi dans l’Arctique. Déjà, à son époque, l’URSS avait considérablement développé sa présence dans la région. C’est qui avait, certainement, conduit à la reconsidération des missions dévolues à la base militaire américaine de Thulé au Groenland.
Par ailleurs, plusieurs facteurs semblent mettre en lumière les appétits de grandes puissances sur le potentiel minier et énergétique dont dispose l’île. Ces différentes ressources naturelles peuvent se résumer notamment par les éléments suivants : les terres rares, les métaux, le sable, la farine de roche, les hydrocarbures, et autres.
3. LES PRETENTIONS DES ÉTATS-UNIS POUR L’ANNEXION DU GROENLAND
Quelles sont les motivations apparentes ou réelles du gouvernement des États-Unis d’Amérique sur sa volonté sempiternelle d’annexer l’île du Groenland ? Pareille question, génère une autre, à savoir, qu’est-ce qu’il y a de plus important au Groenland que la plus grande puissance au monde envierait ? Ou quels enjeux le Groenland représente-t-il aujourd’hui comme par le passé pour les Etats-Unis, pour que le président Trump, prenant parole lors des festivités de fin d’année 2024 et plus tard dans d’autres circonstances aille jusqu’ à envisager l’annexion de l’île, même par coup de force ?
Les velléités d’annexion du territoire autonome du Groenland ne sont pas un fait de hasard. Ainsi, lors de l’occupation Allemande en 1941, l’ambassadeur du royaume du Danemark aux Etats-Unis, demanda au gouvernement américain d’installer des bases aériennes au Groenland pour faire face aux dangers que représentaient les sous-marins allemands.
Il sied de signaler, en outre, que, la géopolitique mondiale, la sécurité des Etats et leur économies sont centrées sur ce qu’on appelle aujourd’hui « économie de guerre ». Ce sont des enjeux, pas moindres, qui justifieraient une telle démarche par l’administration Trump. Mais, au-delà de ces raisons, pourrait se cacher les véritables causes qui sont celles liées à la crainte d’être évincé par les puissances émergentes dans la scène internationale.
L’Arctique étant à cheval entre l’Amérique du nord et la Russie, passant par l’Europe, et couvrant ainsi plusieurs des minerais stratégiques recommandés dans les technologies modernes, semble requérir l’engouement de grandes puissances. Surtout des États-Unis, qui veulent réduire leur dépendance vis-à-vis de la Chine en la matière.
En effet, l’annexion et le contrôle du Groenland par l’administration Américaine est une aubaine particulière dans la géopolitique mondiale. Car depuis plusieurs décennies, l’île est au centre de plusieurs intérêts et enjeux mondiaux qui sont à la fois stratégiques, économiques, sécuritaires que politiques. C’est ce qui lui attire les convoitises de grandes puissances telles que la Chine, la Russie, et les États-Unis, tel qu’il a été démontré.
Lors du sommet ministériel du Conseil de l’Arctique organisé à Rovaniemi (Finlande), en mai 2019, l’ancien Secrétaire d’État américain, M. Michael POMPEO avait fait part de ses « doutes sur les intentions de la Chine » en dénonçant son « comportement agressif » en ces termes :
« Voulons-nous que l’océan Arctique se transforme en une nouvelle mer de Chine méridionale, alourdie par la militarisation et les revendications territoriales concurrentes ? Voulons-nous que le fragile environnement arctique soit exposé à la dévastation écologique causée par les chalutiers de la Chine au large de ses côtes, ou à l’activité industrielle débridée sur son territoire ? »
L’ancien secrétaire d’État américain dénia même à Pékin la possibilité d’avoir voix au chapitre, estimant qu’« Il y a des États arctiques et des États non arctiques. Il n’existe pas de troisième catégorie, et prétendre le contraire ne donne aucun droit à la Chine ».
Il convient de rappeler que les États-Unis ont longtemps négligé l’Arctique, laissant à la Chine l’opportunité de s’y investir en partenariat avec la Russie dans le projet de « route polaire de la soie », afin d’exploiter les importantes ressources naturelles de la région. De son côté, la Russie marque son retour dans les océans en relançant la route maritime du Nord, la Sevmorpout, ancienne voie stratégique soviétique appelée à devenir un axe international majeur. Le geste symbolique de planter un drapeau russe à 4.261 mètres de profondeur en 2007 illustre cette volonté de réaffirmer sa présence.
Dans ce contexte, l’intérêt américain pour l’annexion du Groenland repose sur plusieurs enjeux : renforcer le lien avec Washington au détriment de Copenhague, contenir l’influence russe et chinoise, raccourcir les routes vers l’Asie, contrôler les espaces aérien, maritime et sous-marin, et diversifier ses sources d’approvisionnement afin de réduire sa dépendance vis-à-vis de la Chine. Dans le même ordre d’idées, sur le plan géostratégique, la position du Groenland constitue un point clé pour la surveillance de l’Arctique et des nouvelles routes maritimes. C’est dans ce cadre qu’un accord militaire lie depuis 1951 les États-Unis et le Danemark autour de la base de Thulé.
Sur le plan économique, les Etats-Unis sont face à la montée en puissance de la Chine et à l’influence active de la Russie dans les zones polaires. C’est qui est un véritable bémol eu égard aux aspirations hégémoniques profondes des Etats-Unis exprimées en termes de la grande stratégie impériale, consistant à maintenir le monde unipolaire où ils n’ont aucun rival à leur mesure selon les dires de Noam Chomsky, spécialiste en la matière.
En émettant leur vœu d’acquérir, même par coup de force, l’île du Groenland, les États-Unis aimeraient agir conformément à leur idéologie expansionniste de leader, protecteur et gendarme du monde en agissant de sorte à limiter ou neutraliser l’exercice de toute souveraineté par des Etats susceptibles d’interférer avec ses desseins planétaires, comme continue Noam Chomsky.
De ce point de vue, il apparaît clairement que la meilleure façon pour eux de limiter ces compétitions aux ressources minérales de l’Arctique, serait de faire du Groenland un territoire des États-Unis. Dans ce challenge, la Chine est considérée comme le rival principal et systémique plus sérieux d’après une opinion occidentale plus large.
Elle est, en effet, la figure de proue et l’incarnation de la politique anti-occidentale sur le plan idéologique, économique, commercial, technologique et militaire. C’est pourquoi, elle soutient sans se voiler la face, les régimes politiques anti-occidentaux tels que l’Iran, la Russie, et la Corée du nord.
Sur le plan géopolitique, après la Chine, la Russie apparaît comme le rival militaire et géopolitique capable de faire face aux Etats-Unis avec son arme nucléaire. Le cas de la guerre Russo-Ukrainienne depuis 2022 est une sorte d’affrontement indirect entre les Etats-Unis qui ont soutenu l’Ukraine en armement et la Russie considérée comme puissance envahisseuse. Il s’en suit l’Iran au Moyen-Orient, lequel s’oppose aux Etats-Unis, dans la région. Un autre rival, la Corée du nord, qui pourrait représenter une menace stratégique disproportionnée par son imprévisibilité nucléaire.
Au-delà de ces considérations, une autre raison, serait sans contredit et fondée certainement sur l’unilatéralisme, l’accroissement de l’influence que les Etats-Unis auraient eu sur l’OTAN et sur l’Europe, au cas où le Groenland passerait sous la bannière américaine.
4. LES OPTIONS EVENTUELLES POUR GÉRER PACIFIQUEMENT LA QUESTION DE LA SOUVERAINETÉ GROENLANDAISE
Dans le contexte d’une nouvelle guerre froide simulée, nous pensons que l’annexion brutale du Groenland par les Etats-Unis constituerait un précédent qui pourrait engendrer des situations malheureuses au risque de perturber la rationalité des autres peuples dans l’avenir. C’est qui pourrait, à l’allure où vont les choses, nous ramener à la période d’entre-deux guerres, où la Société Des Nations (SDN) a été transformée en club des amis. Et, les conséquences de cette attitude, n’ayant nullement besoin d’être démontrées. Car, le monde fut embringué dans la deuxième guerre mondiale, dont le dénouement fut la création de l’Organisation des Nations Unies.
De l’analyse de la situation telle que décrite par rapport aux données à notre possession, on peut justifier l’émergence de plusieurs options :
LE MAINTIEN DU LIEN POLITIQUE ET JURIDIQUE AVEC LE DANEMARK
Le maintien du lien traditionnel politique et juridique du Groenland avec le Danemark, paraît aux premiers abords, une solution au problème de la Souveraineté du peuple Groenlandais. Plusieurs cas de figures, consolident cette position. Il s’agit notamment du cas du Canada avec la Grande-Bretagne qui pourrait être perçu comme un exemple parlant dans ce domaine. Et, s’il faut renchérir, le fait que le Canada soit sous-tutelle de la Grande-Bretagne, ne l’empêche guère de se développer.
L’AUTONOMIE TOTALE DU GROENLAND
Sur plan juridique, l’indépendance du Groenland est déjà prévue par la loi de 2009, à laquelle, nous avons fait un recours amplifié. Mais, il n’en demeure pas moins des contraintes pour sa réalisation certaine. La première contrainte et, la plus facile à faire sauter, c’est la double sécurité juridique, qui impose que l’indépendance de l’île soit négociée et acceptée de deux cotés. C’est l’esprit de l’article 3 de la loi précitée.
Les autres contraintes sont d’ordre politique et économique. Au regard de l’évolution politique dans l’île, la volonté politique à devenir indépendant est une évidence. Mais, elle est ni figue ni raison. Une large gamme de partis politiques, l’envisage pour le long terme, tandis les autres, veulent d’une indépendance précipitée.
Sur le plan économique, la sous-exploitation de ses ressources minières et hydrocarbures ayant pour retentissement direct, de placer le pays dans la dépendance aux aides et subventions européennes, dont la couronne danoise prendrait près de 50 % du budget. A cela s’ajoute le manque d’infrastructures et de dispositifs militaires autonomes.
L’ANNEXION DU GROENLAND PAR LES ETATS-UNIS
Etant donné que le Groenland a un lien traditionnel et historique avec l’Europe par le Royaume du Danemark, tenter de l’annexer à l’Amérique comme pense l’administration Trump, serait, comme nous le pensons, vider le droit international d’après seconde guerre mondiale de sa substance et pousser les autres États du monde à l’irrationalité, étant donné qu’ils n’auront plus de référence, tant sur le plan idéologique que politique. Cependant, une telle hypothèse n’est pas totalement à exclure. Dans la mesure où, les États-Unis comme grande puissance, userait de leur puissance de feu pour faire taire toute velléité antinomique à leurs visées hégémoniques et expansionnistes du monde, où la conquête de l’Arctique devient aujourd’hui, l’un des enjeux majeurs.
De surcroit, s’ils le font dans le souci de tenir mordicus à leur idéologie que les autres appellent, « la grande stratégie impériale », qui pousse les Etats-Unis à faire, « la guerre préventive » comme c’était le cas avec l’invasion de l’Irak, qui fut qualifiée de crime de guerre par la plupart des experts en droit international.
Dans ce cas, les autres puissances comme la Russie et la Chine seraient-elles prêtes à accompagner une telle aventure ? Nous n’en pensons pas. D’ailleurs, cela pourrait transformer la région de l’Arctique en un théâtre de toutes les expériences militaires malencontreuses, reléguant une fois de plus, les prescrits du droit international et les vertus des droits de l’homme à la dernière page de l’histoire. Le monde en a assez avec les guerres. Il ne faut plus en rajouter d’autres. La guerre en Ukraine, en Palestine, en Syrie, en République Démocratique du Congo, quelles que soient les raisons qui les justifieraient, constituent un recul du droit international consacré par la charte de l’ONU.
De notre point de vue, cette situation n’a d’impact mineur que lorsque le peuple, souverain, au regard des droits qui sont siens, décide de vider le préalable juridique avec la couronne danoise et, de manière unilatérale, proclamerait d’appartenir aux États-Unis d’Amérique comme 51ème Etats fédérés.
5. QUELLES SIMILITUDES ENTRE LE CAS DE LA R.D.CONGO ET LA TENTATIVE D’ANNEXION DU GROENLAND PAR LES PUISSANCES ETRANGERES ?
Cette question est importante est devrait être posé par tous les Congolais qui sont jaloux de la souveraineté de leur pays au-delà de l’intégrité territoriale de la République Démocratique du Congo. En effet, ce vaste pays au centre de l’Afrique fait l’objet d’une agression avérée et d’une occupation d’une partie de ses terres par certains pays voisins, tel que l’affirment clairement les dispositions pertinentes des résolutions 2773 et 2808 du Conseil de Sécurité des Nations Unies.
Il est clair, la position géostratégique de la République Démocratique du Congo au niveau de l’Afrique et même du monde ainsi que ces nombreuses richesses naturelles font jaser certains pays voisins et à travers ceci, plusieurs grandes puissances qui agissent en coulisse mais qui voudraient mettre la main sur ces ressources, dont l’utilité actuellement et à l’avenir n’est plus à démontrer.
Les mêmes questions concernant la souveraineté du Groenland se posent avec acuité pour la République Démocratique du Congo avec la différence que le Groenland fait partie d’une communauté active, l’Union Européenne, qui s’est placée sur pied de guerre pour porter à bras le corps la défense du Danemark. Tandis que, de l’autre côté, la République Démocratique du Congo n’aurait rien à bénéficier d’une Union Africaine affaiblie et davantage portée sur les discours des dirigeants Africains que capable d’exercer une influence réelle. D’autres parts, la République Démocratique du Congo, contrairement au Danemark fait l’objet des attaques par d’autres pays Africains.
En conséquence, les responsables politiques Congolais ainsi que le peuple Congolais dans son ensemble, devrait mettre à l’écart toute sorte de divergence, pour prendre conscience du danger qui s’accroche à la souveraineté de leur nation pour se mobiliser, lutter et sauver leur patrie. C’est pourquoi l’armée nationale devrait considérablement faire l’objet des initiatives percutantes, et la gouvernance du pays devrait elle aussi se moderniser et se professionnaliser à travers tous ses fils et ses filles prêts à défendre le drapeau national.
A ce sujet, il s’avèrera nécessaire de modifier la constitution actuelle pour l’adapter aux circonstances appropriées de l’heure. Les divisions stériles ou les attaques inappropriées contre le Président Félix Tshisekedi risquent de nous distraire et conduire le Congo vers sa perdition.
CONCLUSION
La souveraineté des États en droit international a des normes que les États sont appelés à respecter pour la bonne marche de la communauté internationale. Les États doivent s’interdire par exemple, d’agresser un autre État souverain sous quelque prétexte que ce soit, de s’immiscer dans les affaires dites intérieures d’un autre État, et/ou de poser un acte qui menace ou rompt la paix entre les entités interétatiques.
La position des Etats-Unis face à l’île du Groenland a suscité un débat d’intérêt primordial auprès des acteurs de la politique internationale. Débat, pour le moins qu’on puisse dire, qui tend à une remise en cause des principes majeurs consacrés par plusieurs instruments juridiques internationaux, qui imposent une attitude de respect pour un vivre ensemble pacifique. Au nombre de ces principes, figurent le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, le respect de la souveraineté des Etats, l’intégrité territoriale, l’intangibilité des frontières, etc.
Au demeurant, la Russie, d’après plusieurs sources, est dans la région, avec probablement le soutien de la Chine, et que les États-Unis, pour imposer leur suprématie, peuvent s’assumer en recourant à la force militaire en vue de concrétiser leurs idéaux, alors qu’ils sont aussi présents dans cet espace faisant l’objet de controverse par leurs bases aériennes de Thulé.
De l’autre côté, il y a la Chine qui est en train de monter et devient une puissance qu’il ne faut pas négliger. Et aussi par malheur, la Chine, la Russie avec leurs alliées coaliseraient pour faire bloc contre les États-Unis, il y aurait beaucoup de probabilité que le monde entre dans un affrontement infernal.
Pour juguler ces dérives potentielles, en sonneur d’alarmes nocturnes, nous proposons la continuité de la gestion du Groenland par le Danemark, mais en tenant compte des intérêts de différentes puissances au-delà des États-Unis seuls pour mettre en place une coalition susceptible d’éviter des affrontements militaires dans la région.
Il s’avère que la sensibilité de la question dans l’opinion groenlandaise et la convoitise que l’île fait naître dans le chef de grandes puissances pour sa conquête, sont dans une certaine mesure, des indicateurs pouvant aider les acteurs locaux à travailler en faveur de la cohésion nationale et à une certaine homogénéité de vision et d’action sur le devenir de leur pays. C’est à ce prix-là, justement, que les Groenlandais peuvent se départir du spectre colonial danois mué à ce jour, dans son actuel statut juridique de Territoire autonome. Et comme nous l’avons dit, l’exemple Groenlandais, tant dans sa situation actuelle que dans la façon dont les Groenlandais se sont mis debout pour défendre leur territoire devrait servir également d’inspiration au peuple Congolais par rapport à la situation qui sévit à l’Est du pays.