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Delly Sesanga et Olivier Kamitatu fustigent la répression des partis d'opposition
*Il s'agit d'une mesure brutale, arbitraire et politiquement orientée, réagit le patron d'Envol
*Le pouvoir verrouille le pays, martèle le président de l'ARC
Le climat politique congolais s'échauffe à nouveau. Moins de 48 heures après la décision du ministère de l'Intérieur de suspendre plusieurs formations politiques notamment le PPRD, ATD, LGD, PISTE et AAP, la classe politique gronde. Deux voix fortes de l'opposition, Delly Sesanga et Olivier Kamitatu, montent au créneau pour dénoncer ce qu'ils qualifient de "dérive autoritaire" et de "glissement inquiétant vers la dictature".
La suspension décidée par le gouvernement, au motif de "violation des principes de consolidation de l'unité nationale et de la souveraineté de l'État", a provoqué une onde de choc dans la sphère politique. Pour l'opposition, il ne s'agit ni plus ni moins que d'un recul démocratique et d'une tentative de verrouiller l'espace public avant de potentielles réformes sensibles.
Le président du parti ENVOL, Delly Sesanga, a ouvert le feu le premier. Dans une déclaration ferme, il a fustigé une mesure "brutale, arbitraire et politiquement orientée", qu'il juge contraire à la Constitution. " Cette décision, prise en dehors de toute procédure contradictoire, est un coup direct porté à l'État de droit ", déclare-t-il, rappelant que la Constitution garantit la liberté d'association et la participation à la vie politique.
Pour Sesanga, le gouvernement outrepasse ses prérogatives et agit en dehors du contrôle judiciaire prévu par l'article 150 de la Constitution. Il voit dans cette série de suspensions une stratégie d'intimidation politique et un musèlement progressif de l'opposition, au moment où la République a besoin de cohésion face aux crises sécuritaires et économiques.
KAMITATU : " LE POUVOIR VERROUILLE LE PAYS "
Deux jours plus tard, c'est Olivier Kamitatu, président de l'ARC et proche collaborateur de Moïse Katumbi, qui a enfoncé le clou. Dans un message au ton tranchant, il dénonce une "dérive dictatoriale assumée" du régime Tshisekedi.
" Le pouvoir verrouille le pays, prépare une révision constitutionnelle et rêve d'un mandat sans fin ", accuse-t-il, avant de dresser une liste glaçante : " retour de la peine de mort, assassinats politiques, faux procès, arrestations arbitraires, cachots clandestins, confiscation des biens… "
Pour Kamitatu, le pouvoir en place s'inscrit désormais dans la continuité des régimes autoritaires africains qui gouvernent "par la peur et la répression".
" Hier, on dédoublait les partis gênants. Aujourd'hui, on les interdit purement et simplement. Et l'on enterre un peu plus profondément tout espoir de dialogue politique inclusif ", martèle-t-il, dénonçant la fin du pluralisme effectif.
ENTRE FERMETE DU POUVOIR ET COLERE DE L'OPPOSITION
Alors que le gouvernement justifie sa décision par des impératifs d'ordre public et de stabilité institutionnelle, les critiques s'accumulent, dénonçant une logique de concentration du pouvoir. Les observateurs y voient les signes d'une tension préélectorale où la tentation du contrôle total devient manifeste.
Les propos croisés de Sesanga et Kamitatu traduisent la crainte d'un glissement institutionnel, où la démocratie congolaise risque de perdre ses fondations pluralistes conquises de haute lutte.
Dans un ton empreint d'avertissement, Delly Sesanga appelle les institutions de la République à garantir le respect de la Constitution et à lever les suspensions jugées illégales. Il exhorte les partis politiques, toutes tendances confondues, à défendre le pluralisme et les libertés fondamentales.
Olivier Kamitatu, quant à lui, conclut avec une formule au parfum d'histoire :"L'Histoire est sans pitié elle n'absout jamais les tyrans, elle les efface. "
Jérémie ASOKO