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Ferre Gola poursuivi en justice pour «excès de voix angélique»
L’affaire aurait pu passer pour une blague. Et pourtant, elle est bien réelle. Une plainte formelle a été déposée hier jeudi 23 auprès du Procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe à l’encontre du célèbre chanteur congolais Ferré Gola, alias le Padre. Motif : excès de voix.
C’est Thierry Mudimbi Ngoy, citoyen congolais domicilié à Kinshasa, qui est à l’origine de cette démarche judiciaire pour le moins inédite. Selon la lettre officielle transmise au parquet, l’artiste est accusé de porter atteinte aux oreilles des auditeurs par «une voix angélique» aux effets jugés presque… dévastateurs.
Une voix angélique devenue «nuisible» ?
Dans cette plainte envoyée également pour information au Procureur général près la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe et au Directeur provincial de l’Agence nationale de renseignements (ANR), Me Mudimbi affirme que son client est victime, depuis plusieurs années, de «faits précis de nature à porter atteinte aux oreilles de toute personne qui écoute la musique émanant du sieur Ferre Gola».
Il cite une série de chansons parmi les plus populaires du répertoire de l’artiste telles que 3ème doigt, "Biberons", "Mercures", "Double taux", "Seconde chance", "Amour illusoire", "Vita Imana", "Meilleure chemise", "Insecticide" ou encore "Litaka".
Selon l’auteur de la plainte, ces morceaux, portés par une voix jugée trop angélique, relèveraient de ce qu’il appelle des «imputations dommageables» au sens du Code pénal congolais.
De la plainte à l’hommage maladroit ?
Plus cocasse encore, le plaignant, dans un curieux retournement rhétorique, en appelle à ce que Ferre Gola soit protégé par l’État congolais. «Sa musique et sa voix angélique font de lui un patrimoine national de la musique congolaise», écrit-il.
Entre accusation et hommage, la plainte balance entre sérieux juridique et fascination mélodique. L’avocat demande tout de même que l’artiste soit interpellé et «subisse la rigueur de la loi pénale».
La nouvelle fait déjà le tour des réseaux sociaux. Et, entre amusement général et incompréhension, les mélomanes crient à l’absurdité judiciaire, tandis que certains observateurs y voient une forme originale voire poétique de reconnaissance du talent vocal de "l’Empereur de la rumba".
Ferre sans voix face à ses accusateurs
Du côté de l’artiste, aucune réaction officielle n’a encore été enregistrée. L’entourage de Ferre Gola, habitué aux polémiques musicales ou aux rivalités artistiques, pourrait bien choisir d’ignorer cette affaire insolite, à moins qu’elle ne fasse l’objet d’un prochain titre inspiré : Excès de voix?
Il reviendra désormais au Procureur de la République de déterminer si cette démarche mérite un quelconque suivi judiciaire, ou si elle rejoindra les annales des plaintes les plus insolites déposées dans les tribunaux congolais. En attendant, une chose est sûre : la voix de Ferre Gola continue de caresser les cœurs… et maintenant dans les couloirs de la justice.
Ézéchiel Monteirious MONTEIRO