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Kinshasa : le ministère provincial de l'Environnement promet de réduire en cendres des résidences érigées devant l'Unisic
*Ces menaces plongent dans l'angoisse des familles vulnérables, détentrices pourtant des titres de propriété depuis plusieurs décennies
Des occupants des résidences érigées sur l'avenue Colonel Ebeya, particulièrement en face et en perpendiculaire de l'Université des Sciences de l'Information et de la Communication (UNISIC), vivent dans l'angoisse depuis qu'ils ont reçu des menaces de démolition de leurs domiciles.
A leur grande surprise, ces résidents de longue date du quartier Golf, dans la commune de la Gombe, ont vu surgir des agents des services du ministère provincial de l'Environnement, de la Propreté Publique, de l'Embellissement de la Ville et de l'Aménagement, qui sont venus marquer des croix rouges des immeubles et bâtiments à raser dès ce mercredi 4 février. Impuissantes, ces familles vivent dans la frayeur à l'approche du délai buttoir, alors qu'elles affirment détenir des titres de propriétés légales.
L'opération viserait, d'après des sources concordantes, à démolir des parcelles considérées comme irrégulières par l'administration publique... Sur place, ces marques continuent de provoquer une vive inquiétude parmi les occupants, dont certains vivent dans ces maisons depuis plusieurs décennies. L'absence de communication officielle détaillée sur le calendrier, les motivations précises et les mesures d'accompagnement alimente un climat d'anxiété et d'incertitude, rapportent ceux qui fréquentent ces familles.
Parmi les personnes concernées, figure Mme Georgine Mucheso N'kuru, âgée de 79 ans, diabétique et souffrant d'hypertension. Veuve, elle occupe une maison héritée de son défunt époux, Namuniga Lomeka Demushinga. Depuis l'apparition des marquages, il y a environ une semaine, ses proches affirment que son état de santé s'est détérioré sous l'effet du stress. "Je vis dans la peur de ne plus savoir où aller, ni avec quelles ressources. J'ai des enfants et des petits-enfants à ma charge", confie-t-elle, les larmes aux yeux. Sous le même toit réside également la sœur de son défunt mari, Chikonza Vesiana, 67 ans, amputée de la jambe droite et atteinte de diabète. Souffrant d'une plaie diabétique chronique difficile à cicatriser, elle redoute qu'une expulsion brutale, sans solution de relogement, ne compromette davantage sa santé physique et psychologique.
Les maisons concernées se situent en face de l'UNISIC, où étudiants, enseignants, personnels administratifs et passants sont quotidiennement témoins de cette situation. Plusieurs "riverains" évoquent un sentiment de traumatisme et de psychose collective, nourri par le manque d'informations claires sur une éventuelle indemnisation, un relogement ou un accompagnement social.
De leur côté, les propriétaires affirment disposer de titres fonciers en règle et contestent toute accusation de constructions anarchiques ou de spoliation. Ils demandent aux autorités provinciales de la Ville-Province de Kinshasa de privilégier le dialogue, l'amour du prochain, la transparence et le respect des procédures légales avant toute intervention. Contactés, certains responsables administratifs rappellent que les opérations d'assainissement ou d'embellissement urbain s'inscrivent dans une politique de modernisation et de protection de l'environnement. Ils soulignent la nécessité de faire respecter les normes d'urbanisme, tout en affirmant leur volonté de travailler dans le respect des lois et des droits des citoyens.
Pour les familles concernées, la question dépasse toutefois le simple cadre administratif. Elles estiment qu'un processus concerté, intégrant une indemnisation équitable ou un relogement approprié, contribuerait à prévenir toute tension et à préserver la paix sociale dans ce quartier stratégique de la capitale. "Nous ne sommes pas opposés au développement de la ville de Kinshasa, mais nous souhaitons partir dans la dignité, sans traumatisme ni humiliation", explique Norbert Musangu, 75 ans, chef de ménage.
Selon plusieurs habitants, une approche inclusive renforcerait la confiance entre l'Administration publique et la population, tout en donnant l'image réelle d'un pouvoir public attentif aux souffrances et au bien-être de ses citoyens. Des observateurs estiment, par ailleurs, qu'en l'absence de communication suffisante et de mesures sociales d'accompagnement, ces opérations pourraient fragiliser la cohésion locale et générer des frustrations susceptibles de perturber l'ordre public.
Dans l'attente d'une clarification officielle, les familles vivent dans l'incertitude, marquées au quotidien par la présence de ces signes des croix qui symbolisent pour elles une menace permanente. Elles appellent les autorités de la Ville-Province de Kinshasa à concilier développement urbain, respect de l'État de droit et protection des personnes vulnérables, afin que les transformations de la Ville de Kinshasa se fassent dans un climat apaisé et respectueux de la dignité humaine.
K.M.