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La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
«To changer» peut avoir…
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INTERVENANT HIER DEPUIS KISANGANI : La Lucha appelle Joseph Kabila à renoncer aux armes et Félix Tshisekedi à respecter la Constitution
Le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha) appelle l'ancien président Joseph Kabila à renoncer au recours aux armes et le président Félix Tshisekedi à respecter la Constitution. Cette position a été exprimée dans une déclaration rendue publique hier mercredi 21 octobre à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo.
Dans cette déclaration lue par son militant Lambert Bakonda, la Lucha condamne l'engagement politico-militaire attribué à Joseph Kabila. Elle estime qu'aucun différend politique ne peut justifier le recours aux armes au risque de mettre en danger la vie des Congolais et la stabilité du pays.
UN APPEL À KABILA ET UNE INTERPELLATION DE TSHISEKEDI
« Aucun différend politique, aussi profond soit-il, ne saurait justifier le recours aux armes au détriment de la sécurité et de la vie des Congolais », souligne le mouvement citoyen dans sa déclaration.
La Lucha interpelle également Félix Tshisekedi sur ses responsabilités en matière de sécurité. Elle demande au chef de l'État de clarifier les mesures prises pour prévenir les menaces sécuritaires, alors que les autorités auraient détenu depuis plusieurs mois des informations sur les intentions prêtées à Joseph Kabila.
Sur le plan politique, le mouvement citoyen met en garde contre toute modification de la Constitution susceptible de permettre au président en exercice de prolonger son maintien au pouvoir. Il appelle les institutions à privilégier le respect de l'ordre constitutionnel et des principes démocratiques.
LA LUCHA CRITIQUE LES ARRANGEMENTS POLITIQUES DE 2018
Pour la Lucha, la crise actuelle trouve ses racines notamment dans les arrangements politiques conclus après l'élection présidentielle de décembre 2018 entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi. Le mouvement estime que ces arrangements ont privilégié les intérêts des acteurs politiques au détriment des aspirations de la population congolaise.
Selon cette organisation citoyenne, la confrontation actuelle entre les deux camps politiques risque d'aggraver les tensions et de compromettre davantage la paix ainsi que l'unité nationale.
Concernant la situation sécuritaire dans l'Est du pays, la Lucha réclame le respect du cessez-le-feu par toutes les parties, conformément aux engagements pris dans les processus de paix de Doha et de Washington.
Elle insiste également sur la mise en œuvre des mécanismes de vérification et l'ouverture de couloirs humanitaires sécurisés pour faciliter l'acheminement des vivres, des médicaments et d'autres produits essentiels aux populations affectées par les violences.
UN DIALOGUE NATIONAL SANS PARTAGE DU POUVOIR
Le mouvement citoyen plaide, par ailleurs, pour l'organisation d'un dialogue national inclusif, fondé notamment sur les initiatives de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) et de l'Église du Christ au Congo (ECC), avec l'accompagnement de l'Union africaine et des Nations unies.
Pour la LUCHA, ce dialogue devrait déboucher sur des engagements concrets assortis d'un mécanisme indépendant de suivi. Elle prévient toutefois qu'il ne devrait pas servir de cadre à un nouveau partage du pouvoir entre les acteurs politiques.
Le mouvement appelle enfin les partenaires internationaux de la RDC à intensifier leurs efforts diplomatiques en faveur de la paix et à exercer des pressions sur les parties qui entravent les initiatives visant à mettre fin à la crise.
R. Bin KAKANI KODISABO/CP