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La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
«To changer» peut avoir…
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Bumba révoque Fils Mukoko de Raskin !
*Pour sa part, le Gouvernement le livre à la Justice et l’UDPS, son parti, le lâche
La sanction administrative n’a pas tardé. Réagissant à la diffusion de propos incendiaires appelant à l’armement de la population et menaçant les ressortissants occidentaux — en réaction aux perquisitions menées en Belgique dans l’entourage du président Félix Tshisekedi —, Fils Mukoko a été officiellement limogé de ses fonctions de Directeur général intérimaire de la Régie d’assainissement de Kinshasa (RASKIN). Dans une correspondance rendue publique hier mercredi, le ministre provincial de l’Environnement, Léon Mulumba, motive cette décision par « un manquement grave aux obligations professionnelles » et la nécessité de garantir la sérénité des enquêtes judiciaires, ordonnées le 21 octobre dernier par le ministère de la Justice. Un désaveu brutal de l’autorité urbaine, le Gouverneur Daniel Bumba, qui vient, à travers cette décision de son ministre provincial, parachever l’isolement politique de ce cadre de l’UDPS.
Les déclarations de Fils Mukoko continuent de provoquer des réactions au sein des institutions congolaises. Après la condamnation ferme du gouvernement et l’annonce de l’ouverture d’une enquête judiciaire, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) a pris ses distances avec les propos de ce membre du parti présidentiel, accusé d’avoir appelé à la distribution d’armes dans plusieurs lieux publics et menacé des ressortissants occidentaux présents à Kinshasa.
Tout est parti d’une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux. Vêtu d’une tenue militaire et coiffé d’un chapeau de type cowboy, Fils Mukoko y annonce la distribution prochaine d’armes dans des terrains de football, des églises et des universités. Dans la même séquence, ce cadre de l’UDPS menace les ressortissants occidentaux présents dans la capitale congolaise et annonce l’organisation prochaine « d’un méga sit-in » devant l’ambassade de Belgique.
« Nous allons distribuer les armes même dans des terrains de football. Nous allons distribuer les armes même dans des églises. Nous allons distribuer les armes même dans des universités », déclare-t-il, avant d’avertir que les Occidentaux présents à Kinshasa auront du mal à quitter la ville.
Ces propos ont rapidement provoqué une levée de boucliers, tant au sein du gouvernement que dans les rangs du parti présidentiel, contraints de clarifier leur position face à des déclarations susceptibles d’attiser les tensions.
MUYAYA FUSTIGE « L’HORREUR ABSOLUE »
La première réaction est venue du gouvernement congolais. Son porte-parole, Patrick Muyaya, a condamné avec fermeté les propos de Fils Mukoko, prenant soin de préciser qu’ils n’engagent ni l’exécutif ni aucune autre institution de la République.
« Nous condamnons de la manière la plus ferme les propos tenus par Fils Mukoko. Ils sont d’une horreur absolue et n’engagent nullement le Gouvernement ni aucune autre institution », a-t-il déclaré dans un message publié mercredi.
Le porte-parole du gouvernement a également indiqué que les services compétents, notamment le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), l’Hôtel de ville de Kinshasa et d’autres structures concernées, avaient été saisis afin de tirer les conséquences de ces déclarations.
Pour Patrick Muyaya, les appels à la violence et les discours stigmatisant les partenaires occidentaux ne sauraient être tolérés. Il estime que de tels agissements risquent de compromettre les efforts déployés par le président de la République, le gouvernement et leurs partenaires, dont la Belgique, en faveur du rétablissement de la paix dans les régions de l’Est du pays affectées par le conflit.
Dans le même temps, les autorités congolaises ont tenu à rassurer les missions diplomatiques accréditées en République démocratique du Congo ainsi que leurs personnels. Elles affirment que les dispositions nécessaires sont prises pour garantir leur sécurité et l’inviolabilité de leurs sièges. « Tous ceux qui tomberont dans l’extrémisme seront exposés à la rigueur de la loi », a prévenu le porte-parole du gouvernement.
NGEFA OUVRE LA VOIE JUDICIAIRE
Au-delà de la condamnation politique, l’affaire prend désormais une tournure judiciaire. Le ministre d’État à la Justice, Guillaume Ngefa, a instruit le procureur général près la Cour de cassation d’examiner les propos tenus par Fils Mukoko dans cette vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.
Cette démarche vise à établir les faits et à déterminer les éventuelles responsabilités qui pourraient découler de ces déclarations. Les annonces de distribution d’armes et les menaces visant des ressortissants étrangers justifient, aux yeux des autorités, un examen par les instances judiciaires compétentes.
L’UDPS DÉSAVOUE SON MEMBRE
Dans ce climat de réprobation, l’UDPS a également tenu à clarifier sa position. Le parti présidentiel se désolidarise des déclarations de Fils Mukoko et condamne toute initiative visant à distribuer des armes à la population en dehors du cadre légal.
Dans un communiqué publié mercredi, le secrétaire général du parti, Augustin Kabuya Tshilumba, affirme que la formation politique n’est associée ni aux propos ni aux initiatives de son membre. Il précise qu’aucune autorisation ni instruction ne lui a été donnée par les instances compétentes pour entreprendre une telle démarche.
Le parti souligne par ailleurs que Fils Mukoko n’occupe aucune fonction au sein de l’UDPS/Tshisekedi, alors qu’il exerce des responsabilités à la Régie de l’assainissement de Kinshasa.
Pour étayer sa prise de distance, l’UDPS rappelle les fondements de son combat politique depuis sa création, en 1982. La formation présidentielle revendique un héritage de lutte pacifique pour la démocratie, l’État de droit et le respect des libertés fondamentales.
HALTE À LA VIOLENCE
« Pendant plusieurs décennies, le Parti a affronté la dictature, les persécutions, les arrestations arbitraires et la répression sans jamais renoncer à son idéal de lutte pacifique pour la démocratie, l’État de droit et le respect des libertés fondamentales », écrit Augustin Kabuya.
La non-violence constitue ainsi, selon le parti, le socle de sa philosophie politique et la méthode fondamentale de son combat démocratique.
Dans la foulée, l’UDPS appelle ses cadres, ses combattants et ses sympathisants à faire preuve de discipline et de retenue, tout en respectant les lois de la République, particulièrement celles relatives à la protection des missions diplomatiques.
En janvier 2025, après la prise de Goma par les rebelles de l’AFC/M23, des émeutes avaient éclaté à Kinshasa. Plusieurs représentations diplomatiques avaient alors été saccagées et pillées par des manifestants qui dénonçaient le silence de la communauté internationale face à l’offensive rebelle dans l’Est de la RDC.
Christian-Timothée MAMPUYA ET César IPOKA