Dernière minute
Société
La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
«To changer» peut avoir…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
Le Forum national de capitalisation des initiatives de paix des femmes en République démocratique du Congo (RDC) se tient à Kinshasa du 20 au 21 octobre 2026 sous le thème " Pour une…
Étranger
Mobilisation des producteurs, structuration des filières et respect des normes internationales : l’Agence nationale de promotion des exportations veut transformer le potentiel agricole de la RDC…
Nation
En Ituri, le mauvais état des routes rend parfois difficile la lutte contre la maladie à virus Ebola et complique le transport des malades vers les centres de traitement d'Ebola (CTE) ainsi que l'…
"To changer lingomba kasi Nzambe te !"
La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
«To changer» peut avoir deux sens. Premièrement, il peut signifier « nous avons changé», exprimant ainsi le passé composé de l’indicatif. Deuxièmement, il peut exprimer l’impératif de l’indicatif pour signifier : «changeons».
«To changer lingomba kasi Nzambe te ! peut donc signifier en français soit « On a changé d’Eglise (ou de religion), mais pas Dieu»
(«On n’a pas changé de Dieu !» ou «Changeons d’Eglise, mais (ne changeons) pas de Dieu !»
Cette belle expression signifie que la foi profonde en Dieu et la quête spirituelle restent identiques, peu importe l’institution, le temple ou la forme extérieure que l’on choisit pour le prier. Elle met en lumière quelques idées majeures dont voici les principales :
La forme change, le fond reste : Les rituels, les bâtiments, les traditions ou les règles morales varient d’une Église ou d’une religion à une autre, mais l’objet de la dévotion (Dieu) demeure le même que la plupart des Églises vénèrent. Mais il y en a - des athées - qui ne le vénèrent pas. La deuxième idée principale est
la liberté de parcours : Cette phrase rappelle que la relation avec le divin est plus importante que l’appartenance à un groupe humain ou à une structure religieuse particulière.
Le recentrage sur l’essentiel est la troisième idée majeure. Elle invite à relativiser les querelles ou les divisions entre les différentes chapelles ou confessions, en affirmant que tous s’adressent, d’une manière ou d’une autre, à une même réalité spirituelle supérieure. Il importe donc de nous concentrer sur l’essentiel.
Cette phrase est employée pour double objectif. D’abord, pour rassurer ou déculpabiliser. Elle est souvent dite par une personne qui décide de quitter une communauté religieuse (par exemple, passer d’une église à une autre, ou changer de culte) face à l’incompréhension ou au jugement de ses proches. Nous avons connu, dans certaines Églises, des membres ou fidèles, les quitter pour avoir eu maille à partir avec l’un des responsables ecclésiastiques ou l’un des responsables départementaux de l’Eglise.
Enfin, pour marquer la tolérance. Elle met en avant l’idée que les étiquettes religieuses sont secondaires face à la foi personnelle et universelle en Dieu.
Si on adhère à une religion, une Église non en raison des personnes œuvrant dans cette région, mais à cause de la foi qu’on a en un Dieu qu’on prie puisqu’on y croit, pourquoi changer d’Eglise ? Telle est la leçon que nous tirons de cette phrase.
Nous remercions notre confrère qui a songé à nous envoyer cette image en dépit de son état de tristesse après avoir perdu sa maman quelques jours seulement auparavant.
Kléber KUNGU