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La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
«To changer» peut avoir…
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Retour à la case départ !
Kinshasa est à la merci de deux fléaux majeurs : l’insalubrité et l’insécurité. Les cris fusent de partout, même des milieux diplomatiques pour désapprouver une gestion catastrophique de la capitale congolaise. Toutes les mesures annoncées se sont révélées inopérantes pour des raisons que seuls les principaux acteurs connaissent.
VASTE POUBELLE NATIONALE
Le début a revêtu un caractère rassurant avec à la clé, un véritable divorce d’avec le style amorphe connu et décrié par l’ensemble des observateurs nationaux et étrangers. On ne le dira jamais assez, toutes les stratégies doivent se tropicaliser, afin de s’inscrire dans les spécificités socio-culturelles de chaque communauté.
À Kinshasa, l’histoire récente témoigne de la perspicacité de l’usage de la force afin de combattre les inepties de la population. L’emprisonnement et les amendes financières se sont toujours révélés improductifs face à la nécessité de vaincre les antivaleurs déplorées. Alors que le recours à la chicotte a offert le résultat positif à la vitesse du son. C’est le cas à l’arrivée de l’ancien Président M’Zee Kabila face à l’insalubrité chronique et les dérives dans les transports en commun, singulièrement à Kinshasa.
Récemment encore, le nom de Célestin Kanyama se décline en termes de victoire sur le banditisme urbain, (connu sous le pseudonyme de Kuluna) sous le joug duquel la capitale avait ployé pendant des décennies.
Le recours aux « bâtisseurs » du Service national pour la salubrité dans la capitale venait de forger cet espoir de voir Kinshasa recouvrer progressivement son ancienne appellation de « Kin-la-Belle ». Avec un recours systématique au « coup de poing », à la chicotte pour déloger les étals anarchiques le long des artères de la ville.
En un laps de temps, des grandes avenues de Kinshasa avaient renoué avec la propreté. Singulièrement le boulevard Lumumba qui constitue la plus importante porte d’entrée du pays.
Hélas, le rêve n’aura duré que l’instant d’un soupir. En raison, probablement, de nombreuses intrigues en sourdine, les « bâtisseurs » semblent baisser pavillon après avoir réussi un exploit inédit et didactique. En effet, l’abandon de la chicotte ouvre la voie au retour en force de marchés pirates sur les dépendances du boulevard Lumumba.
On en veut pour preuve le tronçon compris entre Pascal et Marché de la Liberté, côté Masina. Ainsi qu’en témoignent ces images prises hier mercredi 21 octobre 2026, les vendeurs anarchistes ont repris autorité, en déployant leurs étals anarchiques.
LES LARMES DEVANT L’INSÉCURITÉ
Ce recul vient ainsi briser l’espoir d’une renaissance sociétale dans la capitale où la population affronte également une insécurité indescriptible. Outre les kidnappings, les enlèvements, suivis de tueries, les Kinois sont littéralement visités dans leurs résidences par des bandits à main armée.
Le duo Daniel Bumba et Israël Kantu n’offre aucun espoir d’une intervention musclée et efficace aux résultats positifs dans les brefs délais.
Déjà en avril dernier, des langues s’étaient déliées pour réclamer le départ des principales autorités impliquées en charge de la sécurité. Il s’agit de Jacquemain Shabani, vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Daniel Bumba, gouverneur de la ville de Kinshasa, et Israël Kantu, commandant de la Police/ville de Kinshasa.
Il importe de reconnaître que même pendant la journée, des paisibles citoyens sont inquiétés non seulement par des gangsters, mais aussi par des policiers. « Nous vivons dans la peur permanente ; des policiers s’appuient sur des éclaireurs recrutés parmi les délinquants pour extorquer des passants », a témoigné un habitant de Masina, quartier Pétro Congo.
En réalité, l’insécurité dans la capitale s’abreuve plus dans l’impunité dont jouissent les bandits, ainsi que dans le laxisme des autorités face à la méconduite des policiers. Sous Célestin Kifua, il n’était point toléré qu’un incident malheureux se déroule à 500 mètres d’un poste de police, sans que les policiers concernés n’en soient sévèrement sanctionnés.
Il n’en est pas le cas aujourd’hui où des gangsters opèrent même à 20 mètres de sous-commissariat de police, sans en être inquiétés outre mesure. Les cas sont légion pour en citer.
ÉCHEC ET MAT ?
Le recours aux « bâtisseurs » pour l’assainissement de la capitale a forgé un immense espoir dans le chef de la population pour deux raisons. La première est relative au retour de la propreté, au regard de la prestation de ces anciens délinquants, transpirant aujourd’hui la discipline dans leur conduite. La seconde raison a lien avec la sanction dans la gestion de la res publica. En effet, la méconduite des gestionnaires actuels repose sur l’absence de sanction, quelle que soit la faute commise par un responsable dans la gestion de ses attributions. Le recours au Service national, on le voit, a sorti le gouverneur de Kinshasa de sa léthargie dans ce dossier. Subitement, en effet, on a vu resurgir la direction chargée de l’assainissement de Kinshasa et s’employer à entreprendre des travaux, comme pour réclamer son existence.
Hélas, si la prestation des « bâtisseurs » s’étiole sur l’autel d’intrigues sournoises, plus d’espoir pour les Kinois de revoir leur milieu recouvrer sa plus belle robe ! Les signaux du boulevard Lumumba à la hauteur de Pascal et Liberté font couler les larmes.
JLF