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L’ONG HRW charge le Président Paul Kagame
Human Rights Watch (HRW) a accusé Paul Kagame d’instrumentaliser les droits des réfugiés. Lewis Mudge, Directeur Afrique centrale de cette ONG internationale, a condamné l’avertissement «sans ambages» lancé par le Président rwandais aux réfugiés de la RDC.
HRW a sévèrement critiqué les propos du Rwandais selon lesquels «Nous ne pouvons pas continuer à accueillir des réfugiés pour lesquels, plus tard, nous serons tenus responsables d’une manière ou d’une autre, ou attaqués». «La déclaration de Kagame illustre crûment la politisation des droits des réfugiés opérée par le gouvernement rwandais», a fait savoir le représentant de l’ONG en Afrique centrale.
«ACCORD PEU SCRUPULEUX»
Pour HRW, la position de Paul Kagame intervient à un moment où le Rwanda vient de conclure «un accord peu scrupuleux» d’un montant de 120 millions de livres (environ 145 millions de dollars) avec le Royaume-Uni pour accueillir des demandeurs d’asile arrivés au Royaume-Uni par des voies «irrégulières».
Outre avoir tenté d’édulcorer le bilan du Rwanda en matière de droits humains, a soutenu HRW, «Les autorités britanniques ont cherché à justifier leur politique en affirmant que le Rwanda a une solide expérience en ce qui concerne l’accueil de réfugiés – dont environ 76.000 sont issus de la RDC voisine».
En réalité, poursuit l’ONG, le gouvernement britannique ignore délibérément les faits. «Comme il le faisait déjà il y a dix ans, le Rwanda soutient la rébellion du M23 dans l’Est de la RDC. La reprise des hostilités par le M23, l’armée congolaise et divers autres groupes armés a contraint plus de 520.000 personnes à fuir leurs foyers, selon les Nations unies», a affirmé HRW.
DES PREUVES CONTRE LE RWANDA
De récentes enquêtes menées par le groupe d’experts des Nations unies sur le Congo, ainsi que des recherches de HRW, rappelle l’ONG américaine, «ont identifié des preuves selon lesquelles le Rwanda ne se contente pas seulement de fournir un soutien logistique au M23, mais intervient également directement sur le sol congolais avec ses propres troupes pour renforcer les rangs du groupe armé ou combattre à ses côtés».
Ainsi, HRW est d’avis que «les propos de Paul Kagame font peut-être référence aux meurtres d’au moins 12 réfugiés congolais dans le camp de réfugiés de Kiziba, au Rwanda, en février 2018, lorsque la police a tiré à balles réelles sur des réfugiés qui protestaient devant le Bureau de l’agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) du district de Karongi, dans la province de l’Ouest».
REFUS DE KAGAME DE PRENDRE SES RESPONSABILITÉS
En tout, l’ONG de défense de droits de l’homme estime que «Ses dernières déclarations témoignent du refus des autorités de prendre leurs responsabilités et d’assurer que justice soit rendue pour les abus perpétrés par les forces de sécurité rwandaises, y compris à l’encontre de réfugiés».
«L’enquête de la Commission nationale des droits humains sur les meurtres de 2018 a étouffé l’affaire et personne n’a été tenue pour responsable à ce jour. Au lieu de cela, la police rwandaise a arrêté plus de 60 réfugiés et les a accusés de participer à des manifestations illégales, de se livrer à des violences contre les autorités publiques et à des actes de rébellion, puis de désobéir aux forces de l’ordre», a relaté HRW.
L’ONG américaine rappelle également les dernières attaques de Paul Kagame contre les droits humains «qui ne fait que s’ajouter à la liste des preuves attestant que le Rwanda n’est pas un partenaire international fiable et de bonne foi, et que le projet du Royaume-Uni d’envoyer des demandeurs d’asile au Rwanda est fondé sur des contre-vérités et une politique cynique».
Le président rwandais a refusé d’accueillir sur son territoire des réfugiés en provenance de la RDC. Il a fait cette déclaration le lundi, 9 janvier dans son pays.
Parmi les raisons évoquées par Paul Kagame, figurent notamment les insultes dont son pays serait victime. «Il y a un type de réfugiés que, je pense, nous n’accepterons plus. Nous ne pouvons pas continuer d’accueillir des réfugiés, pour lesquels, plus tard, nous serons tenus pour responsables d’une certaine manière, ou même insultés», a-t-il fait savoir.
Paul Kagame a estimé que le disfonctionnement des institutions de la RDC n’est pas son problème, mais celui de la Communauté internationale. «Ce n’est pas le problème du Rwanda et nous allons nous assurer que toute la Communauté internationale sache que ce n’est pas le problème du Rwanda. Les Congolais qui viennent au Rwanda pour dire que le Gouvernement et les institutions de leur pays ne fonctionnent pas bien, ce n’est pas mon problème, mais à eux la Communauté internationale que je m’adresse. Si c’est mon problème, c’est autant que le vôtre», a-t-il affirmé.
Cette énième sortie médiatique de Paul Kagame sur les relations entre le Rwanda et la RDC a ouvert davantage un nouvel épisode de tensions entre Kinshasa et Kigali. Rachidi MABANDU