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A CAUSE DE LA DECOUVERTE DE SILDENAFIL DANS SES SUBSTANCES : La boisson aphrodisiaque " Power Plus " interdite, son usine fermée
La décision est tombée comme un couperet. À Kinshasa, les autorités congolaises ont ordonné la fermeture immédiate de l'usine Revin SARL, implantée à Limete, après la découverte d'une substance pharmaceutique interdite dans une boisson largement consommée dans la capitale, apprend-on dans un communiqué publié mardi 28 avril.
Boisson énergisante, " Power Plus ", est commercialisée sous l'appellation populaire de " Mutu Rouge " en raison de sa capsule rouge. Derrière son image anodine de simple jus, les analyses ont révélé la présence de sildénafil, une molécule utilisée en médecine, mais strictement réglementée.
Introduit clandestinement, sans aucune mention sur l'étiquetage, et à des doses jugées toxiques, cette substance expose les consommateurs à des risques graves, notamment des troubles cardiaques pouvant entraîner la mort, renseignent les auteurs de la mesure.
Dans un communiqué officiel, la Commission de la Concurrence (COMCO), en collaboration avec l'Autorité Congolaise de Réglementation Pharmaceutique (ACOREP), a justifié cette mesure par la nécessité de protéger la population face à un produit dangereux.
" LA SANTE N'EST PAS NEGOCIABLE "
" La santé publique n'est pas négociable ", ont martelé les autorités. Dans la foulée, elles annoncent également l'ouverture d'une enquête judiciaire pour établir les responsabilités.
Bien ancrée dans la capitale congolaise, la consommation des produits aphrodisiaques, vendus sur les marchés ou dans la rue, est souvent sans contrôle ni certification. Des appellations comme " Boma maman ", " Buka mbetu " ou encore " Mutu Rouge Power "... circulent abondamment, portées par la promesse d'amélioration des performances sexuelles.
" J'AI FAILLI MOURIR "
Sur le terrain, les témoignages des consommateurs traduisent une réalité contrastée. Certains évoquent des effets immédiats perçus comme positifs, tandis que d'autres dénoncent des conséquences inquiétantes.
Maux de tête persistants, vertiges, troubles digestifs... Les effets secondaires semblent fréquents. " J'ai failli mourir ", confie un ancien consommateur, évoquant une expérience marquée par des complications cardiovasculaires.
Face à cette situation, des organisations de la société civile, comme le Mouvement National des Consommateurs Lésés (MNCL), ont joué un rôle clé en alertant les autorités. Après avoir recueilli de nombreuses plaintes, notamment sur des effets secondaires récurrents, le mouvement a soumis des échantillons du produit à des analyses pharmacologiques, contribuant ainsi à révéler la présence de substances nocives.
Ezéchiel Monteirius MONTEIRO