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Éducation : la gratuité de l’enseignement menacée par un financement insuffisant
Après plusieurs années d’expansion rapide, la gratuité de l’enseignement primaire en République démocratique du Congo montre aujourd’hui ses limites. Le gouvernement a relancé le débat sur son financement, devenu un enjeu central pour la survie du système éducatif.
C’est la Première ministre Judith Suminwa Tuluka qui a ouvert, ce mardi 28 avril 2026, une rencontre stratégique consacrée au financement de l’éducation. Objectif : trouver des solutions concrètes pour assurer la viabilité d’un système éducatif mis sous pression depuis l’instauration de la gratuité.
« Comment financer durablement un système éducatif inclusif et de qualité ? », a interrogé la cheffe du gouvernement, soulignant que le défi ne se limite pas au volume des ressources, mais concerne également leur efficacité, leur alignement et leur priorisation.
« L’éducation n’est pas seulement une priorité sociale ; c’est une condition de souveraineté, de stabilité et de transformation économique », a affirmé Judith Suminwa Tuluka.
Lancée sous l’impulsion du président Félix Tshisekedi, la gratuité de l’enseignement primaire a permis à des millions d’enfants d’accéder à l’école.
Mais cette avancée s’est accompagnée de fortes tensions : classes surchargées, infrastructures insuffisantes, enseignants sous-payés et baisse du niveau d’apprentissage.
Aujourd’hui, le constat est clair : le système éducatif s’est étendu plus vite que ses capacités de financement. Les ressources disponibles restent limitées, mal réparties et parfois inefficaces, ce qui compromet la qualité de l’enseignement et accentue les inégalités.
La ministre de l’Éducation, Raïssa Malu, appelle à un changement de cap. Pour elle, l’éducation doit être considérée comme un investissement stratégique et non comme une simple dépense publique. Cela implique de mieux cibler les financements, de renforcer la transparence et d’impliquer davantage le secteur privé.
Les discussions en cours visent notamment à sécuriser la gratuité, améliorer la gestion des ressources, renforcer la formation professionnelle et soutenir la recherche ainsi que l’innovation.
Au-delà des annonces, l’enjeu est crucial : sans réforme du financement, la gratuité qui a profondément transformé l’accès à l’école risque de s’essouffler, mettant en danger l’avenir de millions d’élèves.
Mediacongo