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La Miba : une mort programmée ?
La Minière de Bakwanga (Miba) se trouve dans un état qu'on pourrait qualifier de comateux. Les cadres et agents de cette entreprise publique, abandonnés à leur triste sort, ne savent plus à quel saint se vouer. Ils totalisent plusieurs mois voire des années d'impaiement. Leur précarité a atteint un degré insoupçonné.
Pourtant, il n'y a pas longtemps le gouvernement avait mis à la disposition des autorités de la Minière un gros montant pour sa relance. Contre toute attente, rien de concret n'a été réalisé.
Selon un expert en mines, la situation de la Miba est incompréhensible. Il ne comprend pas pourquoi une entreprise qui dispose de matières premières et à laquelle l'État a remis des fonds n'a pas été à mesure de relancer sa production. Car, pour lui, le grand problème auquel est butée cette entreprise concerne la production de ses gisements miniers.
Aux dires des cadres et agents de la Miba, si leur société était bien gérée, elle ne connaîtrait pas cette situation très critique. Ils incombent cette hécatombe aux différents régimes qui se sont succédé à la tête du pays.
Depuis la Deuxième République, les nominations ont été politisées au point où les heureux promus ont cherché plus à satisfaire leurs mentors que de trouver les voies et moyens de remettre leur entreprise sur les rails.
À l'époque mobutiste, des sommes importantes de la Miba ont été allouées au MPR pour les activités qui ne servaient nullement aux intérêts de la société.
À l'arrivée de l'AFDL, des concessions ont été cédées aux Zimbabwéens pour les récompenser pour leur appui à la rébellion.
Pendant la Kabilie, le PPRD a été le grand bénéficiaire des libéralités de la Miba, alors que les investissements étaient sacrifiés.
Voilà comment les politiciens ont préparé petit à petit la mort de ce bijou qui a été pendant longtemps la vache laitière de l'espace Grand Kasaï.
Aujourd'hui, le constat ne doit pas se limiter à ces jérémiades. Il reste à savoir quoi faire pour redonner vie à cette grande société dont la descente aux enfers a provoqué plusieurs dégâts collatéraux dans la société. L'un des plus visibles est le phénomène "motards" qui envenime le secteur des transports en commun à Kinshasa.
Selon l'expert en mines, avec une enveloppe de plus ou moins deux millions de dollars américains, la Miba peut bel et bien moderniser ses équipements d'exploitation et relancer de plain-pied sa production.
Pourtant, le Gouvernement a décaissé et alloué dernièrement plus que cette somme à la Miba. Malheureusement, rien de palpable n'a été vu. Comme on le voit, la Miba est confrontée à un sérieux problème de gouvernance parce qu'avec les quelques ressources financières que génère la location de ses immeubles disséminés ci et là, ses cadres et agents n'auraient pas totalisé autant de mois d'impaiement. D'où la question de savoir si la mort de la Miba n'est pas programmée en dépit des millions de dollars du gouvernement placés dans la société.
Muke MUKE