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La confiance mutuelle s'impose pour une paix durable
Une rencontre inattendue et préparée dans la plus grande discrétion. Tel est le coup monté et réussi par le trio l'Émir du Qatar Tamim ben Hamad al-Thani-Félix Tshisekedi-Paul Kagame. Alors que le dialogue entre le gouvernement congolais et le M 23 prévu à Luanda a captivé l'attention de tout le monde au début de cette semaine finissante, la rencontre de Doha (Qatar) entre les présidents congolais Félix Tshisekedi et rwandais Paul Kagame, sous la médiation de l'Émir du Qatar est venue bouleverser la donne dans le conflit entre la RDC et le pays de Mille collines. La conséquence immédiate de cette rencontre est l'accord de cessez-le-feu conclu entre les deux protagonistes.
Cependant, en dépit de ce coup d'éclat, il faut impérativement que les deux pays en guerre se départissent de leur ancienne attitude pour adopter un nouveau comportement basé sur la confiance mutuelle. C'est la base d'un nouveau départ où régnera une paix durable. S'il n'y a pas de déclic dans la manière de voir et de faire des uns et des autres, la paix envisagée ne sera que leurre.
Kagame qui se considère comme défenseur de la communauté des Tutsis congolais,est invité à mettre fin à ce "pouvoir" qu'il s'est attribué. Certains politiciens de la communauté Banyamulenge ne se reconnaissent pas en lui. L'actuel ministre d'État, ministre des Infrastructures et travaux publics, Alexis Gisaro,a clairement déclaré que personne de sa communauté n'a demandé à Paul Kagame de défendre les rwandophones congolais. C'est tout dire.
En plus, certains membres de la communauté Tutsie doivent faire disparaître en eux ce sentiment de frustration qui ne se justifie nullement. À prendre en compte la mosaïque des tribus et ethnies que compte la RDC, aucune d'entre elles ne peut se considérer minoritaire. Ceux qui se déclarent victimes de la marginalisation doivent revenir à la raison et s'intégrer dans l'ensemble de la nation congolaise.
Dans cette démarche de réconciliation, il importe de féliciter l'Émir de Qatar qui a réussi là où les processus de Luanda et de Nairobi ont échoué. Jusque-là, les tentatives de mettre face à face Félix Antoine Tshisekedi et Paul Kagame n'ont pas abouti heureusement,mis de côté la rencontre de février 2024 à Addis-Abeba, en marge du sommet de l'Union africaine (UA). L'on se souviendra de ce que le président rwandais a fait à la fin de l'année dernière. Alors que le médiateur angolais Joao Lourenço avait planté le décor du tête-à-tête historique entre les deux protagonistes, grande a été la déception de tous lorsque Paul Kagame s'est désisté en dernière minute au grand dam de tous ceux qui avaient fondé beaucoup d'espoir dans cette rencontre.
Kagame contraint d'aller à Doha
Après avoir rejeté l'offre du médiateur angolais, Paul Kagame a été contraint de se rendre à Doha au risque d'être traité de tous les maux d'Israël. L'homme était déjà désavoué par pratiquement tous ses soutiens ces dernières semaines. Washington, Londres,Paris et Bruxelles s'étaient montrés fermes à son égard. Des sanctions ciblées ont été prises contre ses proches collaborateurs et les dirigeants du M23 qu'il soutient ouvertement. L'Union européenne (Ue) a été contrainte d'annuler le contrat sur les minerais stratégiques conclu avec le Rwanda.
Paul Kagame, affolé par le rythme infernal qu'ont pris ses relations avec ceux qui le soutenaient jusqu'à la dernière minute,a traversé le Rubicon en commettant une grossière erreur de rompre ses relations diplomatiques avec la Belgique. Dans son imprévisibilité,il n'a vu que ses propres intérêts et son pouvoir, releguant au dernier plan les conséquences de cet acte sur la population rwandaise.
Corneille Nanga'a et Bertrand Bisimwa, les grands perdants
Sentant ainsi venir les derniers jours de sa dictature, comme d'autres tyrans avant lui, il ne devait que répondre favorablement à l'invitation lui adressée par le leader quatari. De cette façon, il pouvait sortir tête haute de ce conflit qu'il a lui-même provoqué de manière maladroite. Vu sous cet angle, c'est le dictateur rwandais qui a le plus gagné dans cette rencontre de Doha.
À présent que Félix Antoine Tshisekedi s'est hara kiri pour sceller un pacte avec Paul Kagame pour la fin de la guerre dans l'Est de la RDC, les plus grands perdants se trouvent être Corneille Nanga'a, fondateur de l'Alliance Fleuve Congo (AFC) et Bertrand Bisimwa, qui se passe pour le leader du M 23.
Corneille Nanga'a qui est tombé comme un cheveu dans la soupe du M 23 doit se mordre les doigts pour s'être engagé dans une organisation dont il ne connaît ni motivation ni agenda. Il va payer un lourd tribut pour avoir été complice de la mort des milliers de ses compatriotes. Il s'est suicidé lui-même politiquement . Bertrand Bisimwa qui a accepté de jouer le jeu de la balkanisation de son pays, en payera les frais. À moins qu'il accepte de mettre fin à ses ambitions politiques, si non, c'en est fini pour lui parce que l'heure de la prime aux seigneurs de guerre est résolument révolu en RDC. Que les deux terroristes ne
s'attendent pas à intégrer un virtuel gouvernement fût-il de large union nationale comme ce fut le cas avec le 1+4.
Muke MUKE