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L'expérience nous a rendu sage. Nul n'est méchant volontairement
L'expérience nous a rendu sage. Nul n'est méchant volontairement". Un peu de révision de la grammaire ferait quand même du bien. Un mot sur le duo "rendu sage".
En situation normale, les deux mots se mettraient au pluriel (rendus sages) car s'accordant avec le pronom personnel "nous" qui fait office de leur sujet. Mais d'une façon exceptionnelle, le "nous" peut être considéré ou pris pour le "nous de majesté" (ou pluriel de majesté), c'est-à-dire le pronom personnel pluriel "nous" utilisé par une seule personne pour montrer qu'elle détient l'autorité (monarque, évêque, haut dirigeant) pour se désigner elle-même ou parler au nom de l'ensemble. Dans tel cas, les adjectifs et participes passés se mettent au singulier selon le genre de la personne.
Rentrons au fond de la pensée pour dire que cette citation combine deux idées philosophiques majeures pour expliquer comment nous percevons les actions humaines avec le temps.
Premièrement "L'expérience nous a rendu sage". Cela signifie que notre vécu, les épreuves que nous endurons et l'observation que nous faisons du monde nous apprennent à ne plus réagir de manière impulsive ou émotionnelle. Avec le temps, on comprend que la réalité est complexe. La "sagesse" ici, c'est la capacité de prendre du recul plutôt que de juger immédiatement.
Deuxièmement "Nul n'est méchant volontairement". C'est une célèbre thèse du philosophe Socrate. Selon lui, personne ne choisit le "mal" en sachant que c'est le mal. Celui qui agit mal le fait pour deux raisons possibles.
D'abord par 'ignorance : Il pense sincèrement que son action est bonne ou utile pour lui (par exemple, voler pour s'enrichir). Il se trompe sur ce qui est réellement "bien".
Ensuite la souffrance : On agit souvent par peur, par défense ou par blessure passée.
En synthèse, en reliant les deux parties, la phrase suggère qu'en vieillissant et en accumulant de l'expérience, on finit par remplacer la colère par la compréhension. On réalise que ceux qui nous font du mal ne sont pas des "monstres" nés pour être méchants, mais des êtres maladroits, ignorants ou eux-mêmes en souffrance. C'est une invitation à l'empathie et au pardon, à la compréhension mutuelle.
Dans sa célèbre formule indiquant que "l'homme est né bon mais c'est la nature qui le rend mauvais", souvent citée comme "la société le corrompt", Jean-Jacques Rousseau veut dire que l'être humain est naturellement pacifique, compatissant et sans vice à l'état naturel. C'est l'introduction de la propriété privée, des inégalités et des conventions sociales qui le rendent égoïstes, envieux et mauvais.
En effet, qui, après s'être blessé au couteau plusieurs fois, par exemple, continue à se blesser au couteau ?
Kléber KUNGU