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"Suka ya mbangu eza kaka ko pema"
Suka ya mbangu eza kaka ko pema". Le secteur des transports en commun livre, une fois de plus et pour la joie des lecteurs de notre chronique culturelle " Au-delà du lisible", ses plus grands secrets. A la manœuvre, des auteurs anonymes qui ont choisi des véhicules Mercedes Benz, toutes séries confondues, un support qui rend bien lisibles leurs multiples messages. L'avantage de ce support est d'être sans cesse mouvant pour permettre la visibilité du message à ceux qui ont les yeux pour voir.
La phrase en lingala "Suka ya mbangu eza kaka ko pema" se traduit en français par :"La fin de la vitesse (la course, la précipitation), c'est juste de se reposer." Ou de manière plus idiomatique: "À vouloir aller trop vite, on finit par ne faire que respirer (s'arrêter). Ou encore "La fin de la vitesse n'est que le repos", "La course effrénée finit toujours par du repos".
Procédons à une décomposition pour mieux comprendre la phrase :"Suka ya mbangu" : La fin de la vitesse / de la course."Eza kaka" : C'est seulement / ce n'est que. "Kopema" : Se reposer / respirer.
Cette expression signifie qu'il ne sert à rien de se précipiter, car la précipitation mène inévitablement à un arrêt forcé, que peu importe la rapidité ou l'intensité avec laquelle on agit (travail, course, vie), tout finit par s'arrêter pour prendre un temps de pause.
Cette phrase est souvent citée dans des contextes de développement personnel ou de sagesse populaire. Elle souligne l'absurdité de la précipitation constante. Elle signifie que tout l'effort dépensé à courir après le temps ou à se hâter ne mène, au final, qu'à une seule chose nécessaire et inévitable : devoir s'arrêter pour se reposer.
Trois leçons à dégager dans ce proverbe. D'abord, l'illusion de la vitesse est que courir partout (la précipitation) donne l'impression d'être productif ou d'avancer plus vite, mais cela conduit souvent à l'épuisement et souvent à des erreurs. Ensuite, la précipitation aveugle qui s'oppose à la vitesse maîtrisée qui reste une stratégie de réussite, de succès. Il y également la finalité de l'épuisement : Si l'on pousse le corps et l'esprit à une vitesse excessive sans pause, le seul résultat est le repos forcé (épuisement), qui est simplement une forme de repos subie plutôt que choisie.
Il y a aussi la supériorité de la lenteur consciente : La véritable efficacité, comme le suggère la fable du Lièvre et la Tortue, ne vient pas de la précipitation, mais d'une progression régulière et réfléchie. Faire bien (avec calme) est préférable à faire vite et mal.
Enfin, il importe de privilégier la direction. Il est plus important de choisir la bonne direction que de courir sans réfléchir.
En résumé, la phrase invite à la modération et au rythme : mieux vaut avancer posément à son propre rythme pour ne pas avoir à s'arrêter par épuisement.
Kléber KUNGU