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La Céni prolonge de 25 jours l’enrôlement des électeurs
La Commission électorale nationale indépendante (Céni) vient de prolonger de 25 jours l’opération d’identification et d’enrôlement des électeurs dans la première aire opérationnelle comprenant 10 provinces : Equateur, Kinshasa, Kongo-Central, Kwango, Kwilu, Nord-Ubangi, Sud-Ubangi, Mongala, Mai-Ndombe et Tshuapa. Une décision qui a été rendue publique hier dimanche 22 janvier par le Rapporteur de la Centrale électorale, Patricia Nseya Mulela.
«Après débat et délibération par la plénière de la CENI, il a été décidé d’une prolongation de 25 jours pour permettre aux Congolais en droit de voter de se faire enrôler», a précisé la Centrale électorale par la voix de sa Rapporteure qui lisait cette déclaration sur les antennes de la Télévision nationale congolaise (RTNC)
Sur un ton de satisfaction du travail abattu pendant les 30 jours qu’ont durés les opérations, la Ceni a annoncé les statistiques des personnes enrôlées. Elle indique que sur les 18.694.542 électeurs attendus, 7.910.679 ont déjà obtenu leurs nouvelles cartes, soit 37,9%.
«La Ceni se réjouit de l’engouement de la population observé dans les centres d’inscription depuis le lancement de cette opération. Ce qui confirme l’intérêt patriotique que porte la population congolaise au processus électoral», a noté Patricia Nseya, citée par un communiqué de la Cellule de communication de l’institution d’appui à la démocratie.
ABSENCE DES OBSERVATEURS ET TEMOINS DES PARTIS POLITIQUES
Dans la foulée, celle-ci félicite et encourage la population à continuer de se faire enrôler jusqu’à ce que le dernier compatriote en droit de voter ait sa nouvelle carte. Cependant, en ce qui concerne l’observation électorale, la Céni déplore l’absence des observateurs et témoins des partis et regroupements politiques dans au moins 75% des centres d’inscription.
Aussi, leur rappelle-t-elle de se rattraper dans le reste des aires opérationnelles, conformément aux procédures d’accréditation des témoins et observateurs.
Selon la même source, par la même occasion, la Centrale électorale annonce le début de l’enrôlement des électeurs ce mercredi 25 janvier 2023 dans l’aire opérationnelle 2 comprenant 9 provinces, à savoir le Haut Katanga, le Haut Lomami, le Kasaï, le Kasaï Central, le Kasaï Oriental, Lomami, le Lualaba, le Sankuru et le Tanganyika ainsi que dans les 3 pays étrangers notamment l’Afrique du Sud, la France et la Belgique.
Dans sa déclaration, la CENI remercie les parties prenantes au processus électoral pour la mobilisation et la sensibilisation qui devraient se poursuivre jusqu’à la fin de cette opération.
DECISION SALUTAIRE ET OPPORTUNE
La décision de la Commission électorale nationale indépendante est courageuse, salutaire et opportune, d’autant plus qu’elle rencontre l’attente et la réclamation de la majorité de la population comprise dans la première aire opérationnelle. Une attente du reste relayée par a Mission d’observation électorale (MOE) de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) et de l’Eglise du Christ au Congo (ECC), ainsi que la Société civile via le panel de ses experts.
Dans leurs déclarations à mi-parcours sur le déroulement de ces opérations dans les 10 premières provinces enrôlées, ces structures ont appelé notamment Denis Kadima à prolonger «l’opération d’identification et d’enrôlement des électeurs dans les centres ayant ouvert en retard et ceux ayant été victimes de dysfonctionnement entraînant ainsi l’interruption de l’opération pendant des heures, des jours et des semaines. Cette prolongation devrait tenir compte du temps perdu par chaque centre d’inscription. »
Dans son édition n° 6839 du vendredi 20 janvier, Forum des As a consacré ses colonnes à ce dossier d’intérêt national. «La Maison Céni brûle à petit feu : le décor des élections chaotique se dessine», a-t-il alerté l’opinion, mettant en garde la Centrale électorale contre tout risque d’organiser des élections qui seront tout sauf inclusives, transparentes, libres et crédibles.
Sur ce volet de la prolongation des opérations d’identification et d’enrôlement des électeurs dans les 10 provinces de la première aire opérationnelle tant réclamée par la population, les Eglises catholique et protestante ainsi que la Société civile, il y a lieu de saluer la décision courageuse prise par la Céni. Qui a refusé de persévérer dans l’erreur, mais de se relever.
QUE VALENT DES ELECTIONS AVEC UN FAIBLE TAUX DE PARTICIPATION ?
En effet, si la Céni devait s’entêter à faire fi de cette réclamation, le pays courait tout droit vers un taux d’enrôlement très faible. Ce qui entraînerait par voie de conséquence un faible taux de participation. Qui dit faible taux de participation, dit déficit de légitimité dont souffrent depuis 2006 les institutions du pays et leurs animateurs. Que valent des élections marquées par un faible taux de participation ? Rien, sinon une source de conflits et de contestation. Et selon ses propres statistiques, la Céni devait refuser de prolonger les opérations d’enrôlement des électeurs, sur les 18.694.542 électeurs attendus, 7.910.679 seulement ont déjà obtenu leurs nouvelles cartes, soit 37,9% d’enrôlés.
Plusieurs écueils restent jonchés sur le long chemin de la Centrale électorale. Il suffit de consulter la déclaration de la MOE Cenco-ECC et de la Société civile pour palper l’étendue des défis que Denis Kadima et son équipe ont à relever.
Que les problèmes déjà rencontrés dans l’aire opérationnelle 1 servent de leçon à la Centrale électorale pour mieux faire dans les provinces qui restent à enrôler. Kléber KUNGU