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Horizon 2023 : des intellectuels congolais réclament Denis Mukwege
Un collectif d’intellectuels congolais voudrait voir le prix Nobel de la paix 2018, le docteur Denis Mukwege, ne pas soigner que les fistules des femmes victimes de violences sexuelles à l’Est. Mais également soigner l’Etat, cet autre « grand malade ». Ce groupe d’intellos voit dans le profil du célèbre gynécologue un présidentiable. Ils l’ont exhorté solennellement à découvrir et surtout à accomplir sa mission aux côtés d’autres Congolais épris de bonne volonté au service de la nation. A l’occasion de la commémoration du 62ème anniversaire de l’indépendance de la RDC, ces universitaires ont lancé un appel pressant au docteur Denis Mukwege pour qu’il brigue la présidence du pays lors des prochaines élections prévues en 2023. Le pire pour eux serait de le Nobel de la paix repousser « l’Appel du 30 juin 2022».
Un appel à candidature a été lancé à l’intention du docteur Denis Mukwege par un collectif d’intellectuels congolais, qui pensent qu’il est doté d’atouts pour diriger la République Démocratique du Congo.
Le 62ème anniversaire de l’indépendance de la RDC a été marqué par un fait atypique, qui risque de bouleverser les vérités préconçues de la scène politique congolaise. Dans un mémo intitulé Appel du 30 juin 2022, une synergie des professeurs et autres intellectuels a placé le Prix Nobel de la Paix au centre de l’avenir politique du pays.
Considérant la RDC comme « un navire sans capitaine en pleine mer agitée », ces cadres et enseignant d’université n’ont pas hésité de jeter le dévolu sur le gynécologue congolais, pour pouvoir le piloter dans la direction des aspirations du peuple.
« Aujourd’hui, il est incontestablement établi que vous êtes l’homme qu’il nous faut à la fonction de Président de la République Démocratique du Congo. C’est avec vous que nous, Congolaises et Congolais, aimerions retrouver la splendeur de notre pays, rétablir son lustre et son prestige, recouvrer sa souveraineté et sa respectabilité, assurer la paix et une prospérité partagée. Bref rejoindre sa vocation et son destin de grandeur », peut-on lire dans ce document solennel, signé par neuf universitaires, dont cinq professeurs.
Pour ceux-ci, la notoriété internationale ainsi que le charisme naturel du Prix Nobel de la paix le place au plus haut sommet de la considération, si bien qu’il ne mérite pas moins que la magistrature suprême.
« Nous avons besoin d’une personne d’envergure internationale, à la carrure d’un Chef d’Etat, à la probité morale reconnue, résolue, ayant une vision de grandeur et de dignité pour notre pays et aimant passionnément les Congolais», font-ils savoir à l’Homme qui répare les femmes.
Mordra-t-il finalement à l’hameçon ?
Le Dr Denis Mukwege a toujours critiqué la politique actuelle congolaise et ne rate jamais la moindre occasion pour décrier ses effets sur le vécu quotidien de la population. Pour lui, le système politique congolais est à reconfigurer de manière à placer l’intérêt de l’humain au centre de toute action politique.
Ce brillant et bref message, extrait de l’un de ses discours, en dit long sur ses sentiments humanitaires et son idéologie refondateur :
« Au travail, peuple congolais ! Bâtissons un Etat où le gouvernement est au service de la population. Un Etat de droit, émergent, capable d’entraîner un développement durable et harmonieux, non seulement en RDC mais dans toute l’Afrique. Bâtissons un Etat où toutes les actions politiques, économiques et sociales sont centrées sur l’humain et où la dignité des citoyens est restaurée »
A travers ces lignes le Dr. Mukwege, jusqu’ici acteur apolitique, n’a pas caché son souci à voir son pays se redresser. Néanmoins, est-il enfin prêt à porter le tablier du leader politique que nombreux entrevoient à travers sa personne ?
Sa propre position tarde à sortir, mais ce collectif d’intellectuels engagés ne semble pas lui donner trop de choix :
« Le moment est décisif. Nous avons l’opportunité soit d’accomplir notre mission de sauver le Congo, soit de la trahir en laissant notre pays à des mains inexpertes pour ne pas rappeler un champion de la liberté, Frantz Fanon. Or, pour parler comme Théodore Roosevelt, à pareilles circonstances, la meilleure chose que nous puissions faire c’est de prendre la bonne décision ; en second lieu, c’est de prendre la mauvaise décision et la pire des choses c’est de ne rien faire. »
Et en termes de proposition, ils ont été clairs :
« Levez-vous pour prendre la tête de ce peuple meurtri. Présentez-vous à l’élection présidentielle de 2023 que vous emporterez haut la main, parce que notre peuple qui vous appelle est celui qui vous élira », ont-ils assuré au Prix Nobel.
Reste à savoir ce qu’en pense le principal intéressé ! Ecoutera-t-il cet appel du pied du collectif d’intellectuels engagés pour se lancer dans une lutte politique, avec possibilité de faire front ouvert contre le système qu’il ne cesse de déplorer ?
Jusqu’ici, aucun indice ne donne cette possibilité imminente, mais l’on ne sait jamais. Didier KEBONGO