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Recherche scientifique : Marie-Thérèse Sombo nomme le Pr Muswema Commissaire général a.i. du CGEA
Dans un contexte marqué par des turbulences internes, la ministre de la Recherche scientifique et Innovation technologique, la Professeure Dr Marie-Thérèse Sombo Ayanne, a décidé de reprendre la main sur un secteur aussi sensible que stratégique : l’énergie atomique.
Par un arrêté officiel, elle a nommé le Professeur ordinaire Jérémie Muswema Lunguya au poste de Commissaire général ad intérim du Commissariat général à l’énergie atomique (CGEA), en remplacement de Steve Muanza, suspendu pour des manquements liés à la gestion de l’institution.
RESTAURER LA CRÉDIBILITÉ ET L'EFFICACITÉ DU CGEA
Ce choix n’a rien d’anodin. Il traduit une volonté manifeste de restaurer l’ordre, la crédibilité et l’efficacité au sein du CGEA, pilier discret mais crucial de la politique scientifique du pays.
En toile de fond : la nécessité de rassurer tant l’opinion nationale que les partenaires internationaux sur la gouvernance d’une structure qui manipule des technologies à haut risque.
Avec cette décision, le Gouvernement envoie un message clair : l’ère de la gestion approximative d'un secteur aussi sensible est révolue.
Le nouveau patron du nucléaire congolais n’est pas un novice. Scientifique respecté, le Professeur Jérémie Muswema Lunguya cumule une solide expérience dans la recherche et la gestion des programmes nucléaires.
Docteur en sciences et technologies nucléaires, il enseigne à l’Université de Kinshasa. Il connaît parfaitement les rouages du CGEA pour y avoir occupé le poste stratégique de directeur scientifique. Son parcours est marqué par des responsabilités de haut niveau, notamment à la tête de l’Unité de chimie nucléaire et radiochimie, ainsi qu’au sein du Comité national de protection contre les rayonnements ionisants (CNPRI).
OFFICIER NATIONAL DE LIAISON ADJOINT DE L'AIEA
À l’international, son implication auprès de l’Agence Internationale de l’énergie atomique (AIEA) comme Officier national de liaison adjoint renforce son profil de technocrate capable de dialoguer avec les partenaires techniques et financiers.
Mais au-delà du profil, c’est l’ampleur des défis qui interpelle. Le CGEA gère notamment le réacteur nucléaire de recherche TRIGA Mark II de Kinshasa, une infrastructure rare en Afrique centrale, dont la sécurisation et la maintenance exigent rigueur et expertise.
Dans un pays où les applications pacifiques du nucléaire en médecine, en agriculture ou encore dans la gestion environnementale restent sous-exploitées, la mission du nouveau Commissaire général est autant claire qu'ardue :
Assainir la gouvernance interne, rétablir la confiance des partenaires internationaux et relancer la recherche nucléaire au service du développement
Cette nomination pourrait bien marquer un tournant. Si elle s’accompagne de réformes structurelles et de moyens adéquats, elle pourrait repositionner la RDC comme un acteur crédible dans le domaine nucléaire en Afrique.
À l’heure où la science et l’innovation deviennent des leviers incontournables de souveraineté, Kinshasa semble vouloir remettre l’atome au cœur de sa stratégie de recherche et de développement.
César IPOKA