Dernière minute
Société
L'accès au financement des initiatives culturelles portées par les femmes et leur transformation en entreprises viables ont alimenté les discussions de la troisième édition d'Utajiri Event, organisée dernièrement à Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga. Cette rencontre a placé l'…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
Modèle de courage face à l'agression, Mgr Christophe Munzihirwa Mwene Ngabo, ancien archevêque de Bukavu, continue à inspirer nombre de Congolais, trente ans après son assassinat. À l'occasion du…
Étranger
Diplomates payés par Alger, cabinet élargi, directeur des ressources humaines nommé au forceps, pressions sur le président de la Commission: selon Africa Intelligence, la vice-présidente…
Nation
La production d'une Déclaration nationale de la jeunesse congolaise sur le climat, assortie de recommandations concrètes avant la tenue de la COP 31 était au centre de la Local Conference of Youth…
Sébastien Enga : un fonctionnaire congolais dans l’univers des dessinateurs de presse
La cinquantaine révolue, Sébastien Enga Zabufa a l’esprit jeune. Fonctionnaire, ce sociologue, qui a eu le privilège de faire fortune dans des carrières de diamant, est revenu aujourd’hui à ses anciennes amours : le dessin.
Originaire du Sud-Ubangi, né le 24 avril 1965 à Gemena. Sébastien Enga est ssu de parents Ngbaka, l’une de tribus de guerriers réputés pour leur pugnacité. Il est sombre, corpulent, vigoureux, vigilant… Mais au-delà du physique, ce quinquagénaire au regard vif a surtout tenu à développer ses méninges.
Sur les traces de son père qui œuvrait chez des missionnaires protestants, Sébastien Enga a passé toute sa jeunesse à Gemena où il a fait ses études primaires et ses humanités pédagogiques, précisément à l’Institut Kimia (1980 – 1986).
Du diamantaire au sociologue
Sixième d’une famille de sept enfants dont quatre garçons et trois filles, « Seba » – comme l’appellent ses intimes – a développé un esprit d’entrepreneuriat qui lui a permis d’intégrer les milieux des diamantaires au crépuscule des années 80 lorsqu’il a commencé ses études à l’université de Kisangani (UNIKIS).
Grâce à la vente de quelques carats de diamant, il s’est procuré un moulin qu’il a implanté à l’université. Dès lors, ses frais d’études étaient garantis durant tout son parcours universitaire et ses 18 ans de séjour à Kisangani.
Diplômé en sociologie, ce pédagogue est entré dans l’administration publique une fois à Kinshasa en 2004. Mais à ses heures perdues, une passion, qui s’était éveillée lors de ses études secondaires à Gemena, est revenue dans sa vie de fonctionnaire : le dessin.
« Très souvent, je me surprend en train de dessiner sur du papier ou dans des carnets, comme lors de mes humanités quand j’imitais mon prof de géographie qui était très fort en dessin. Dessiner était pour moi un loisir, pas un passe-temps« , nous confie-t-il.
C’est dans ce contexte que Sébastien Enga a vite sauté sur l’occasion lorsqu’il a appris, par la radio Top Congo, qu’un concours de dessin était organisé en juin 2021 dans le cadre d’un projet de Caricakin. Il propose aussitôt trois planches et va le déposer auprès de Thembo Kashauri, un des responsables de l’Association des dessinateurs de presse (Adep).
dessinateur comme sa fille
J’ai aussitôt rigolé quand Thembo Kashauri m’a demandé : « C’est pour vous ou pour votre fils? » Je voulais, en effet, participer à ce concours avec ma fille qui dessine aussi bien, mais jai hésité à la dernière minute, estimant que j’allais réduire nos chances de réussite à deux. J’ai dû alors à abandonner cette tentative. Aujourd’hui, je réalise que je lui aurais aussi offerte une chance d’être découverte et d’émerger, d’autant qu’aucune femme n’a participé parmi les dessinateurs amateurs ».
« Retenu pour participer aux ateliers de formation au dessin de presse, j’étais heureux d’être encadré par des jeunes caricaturistes qui m’ont appris beaucoup de choses que je ne savais pas. Doyen des participants, je me suis facilement intégré dans ce groupe constitué de jeunes. Ma fierté aujourd’hui est de figurer, pour la toute première fois, dans une exposition publique et un catalogue des caricaturistes congolais« , confesse ce fonctionnaire quadragénaire, marié et père de cinq enfants. Yves KALIKAT