Dernière minute
Société
La décision est tombée comme un couperet. À Kinshasa, les autorités congolaises ont ordonné la fermeture immédiate de l'usine Revin SARL, implantée à Limete, après la découverte d'une substance pharmaceutique interdite dans une boisson largement consommée dans la capitale, apprend-on dans un…
Culture
Forum éco
Sport
Enjeux de l’heure
Derrière les allures d’un simple communiqué de clarification, la récente sortie du Vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, ressemble davantage à une opération…
Étranger
SEOUL, 29 avr. (Yonhap) — La Haute Cour de Séoul a décidé ce mercredi d’alourdir la peine qu’avait reçue en première instance l’ex-président Yoon Suk Yeol pour obstruction de justice et d’autres…
Nation
Réagissant à l’ouverture de la plénière sur la recevabilité de la proposition de loi sur le référendum, Delly Sesanga accuse le Parlement d’engager un processus dangereux de contournement de la…
Réforme constitutionnelle : Fatshi appelle à une " réflexion nationale "
Le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a lors de son discours annuel sur l'état de la nation, mercredi 11 décembre, confirmé la possibilité d'une réforme de la Constitution. S'adressant aux deux chambres du Parlement réunies en Congrès au Palais du Peuple, il a appelé à une " réflexion nationale " sur les failles de la Loi fondamentale, qu'il estime être à l'origine de divers dysfonctionnements institutionnels.
Félix Tshisekedi a souligné que cette première année de son nouveau mandat avait été marquée par des retards institutionnels, notamment pour la désignation de la Première ministre et l'installation des institutions. "Ces délais, bien que contraignants, étaient indispensables pour respecter les échéances et les procédures fondamentales de notre démocratie ", a-t-il déclaré.
Pour le chef de l'État, ces obstacles mettent en évidence la nécessité d'adapter le cadre constitutionnel aux réalités actuelles du pays. " Il est peut-être temps d'engager une réflexion nationale sur une réforme constitutionnelle, afin d'éliminer les failles qui ralentissent le fonctionnement de notre appareil étatique ", a-t-il affirmé, insistant sur le caractère inclusif et participatif de cette initiative.
Fatshi a insisté sur le caractère inclusif de la démarche qu'il propose, affirmant que l'objectif était d'ouvrir un dialogue sincère entre les Congolais pour construire un système institutionnel plus solide et plus cohérent avec les aspirations du peuple.
" Cette démarche consiste uniquement à lancer une initiative visant à inviter nos compatriotes à une réflexion sincère, pour bâtir un cadre institutionnel plus adapté aux réalités et aux aspirations de notre peuple ", a-t-il précisé.
Des réactions partagées au sein de la classe politique
Cette proposition suscite des débats houleux au sein de la classe politique depuis son annonce il y a quelques semaines à Kisangani. Du côté de la majorité présidentielle, l'Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) affirme que cette réforme est nécessaire pour répondre aux aspirations du peuple et améliorer l'efficacité de l'appareil d'État.
La position de Vital Kamerhe : un appel à un débat serein
Le président de l'Assemblée nationale, Vital Kamerhe, a également pris position sur la question. Tout en rappelant que la révision constitutionnelle est un processus prévu par l'article 218 de la Loi fondamentale, à l'issue d'un entretien avec Fatshi,il a rejeté l'idée qu'une telle démarche soit un tabou.
" La Constitution elle-même prévoit son mode de révision et les acteurs habilités à l'initier : le président de la République, le gouvernement, le Parlement ou encore une pétition signée par 100 000 citoyens. Nous sommes dans la légalité constitutionnelle ", a affirmé Vital Kamerhe.
Il a également mis en avant la nécessité de garantir un processus inclusif en impliquant toutes les forces politiques et sociales du pays. Une commission multidisciplinaire sera prochainement constituée pour réfléchir aux modalités de cette réforme.
Cependant, une frange de l'opposition reste méfiante. Des ténors comme Martin Fayulu, Moïse Katumbi et le Prix Nobel de la Paix Denis Mukwege dénoncent un potentiel " coup d'État constitutionnel " visant à prolonger le mandat présidentiel. Ils soutiennent que la réforme constitutionnelle proposée risque de dévoyer les institutions démocratiques.
De son côté, le parti de l'opposition Nouvel Élan affirme que le débat sur la révision constitutionnelle ne doit pas être perçu comme un tabou ou un sujet sensible, mais comme une étape cruciale pour consolider la démocratie participative en RDC. Le secrétaire général de ce parti, Blanchard Mongomba a rappelé au cours d'une conférence de presse tenue récemment que la Constitution elle-même prévoit des mécanismes pour son amendement, et que toutes les parties devraient aborder cette question avec responsabilité et objectivité.
Les réactions ne se limitent pas à la sphère politique. Plusieurs organisations de la société civile ont exprimé leurs préoccupations. Le Forum citoyen estime que les priorités devraient se concentrer sur l'amélioration des conditions de vie des Congolais et la lutte contre la corruption, plutôt que sur une réforme constitutionnelle.
En revanche, l'Association Congolaise de Droit Constitutionnel (ACDC) a salué l'initiative, appelant à un débat transparent et inclusif. " Cette réforme, si elle est bien menée, pourrait renforcer les bases démocratiques du pays et mieux répondre aux aspirations des citoyens ", a déclaré un porte-parole de l'ACDC.
Christian-Timothée MAMPUYA