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La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
«To changer» peut avoir…
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A quelle vérité se vouer ?
Vraie polémique ? Vraie fausse polémique ? Fausse vraie polémique ? Des questions en mode « tour de Babel » que des Congolais se posent à brûle-pourpoint au point d’y perdre leur latin ou – tropicalisation oblige- leur tshiluba, kikongo swahili ou lingala. Et même de perdre le nord. Il y a de quoi.
Entre le Président de la CENI qui jure ses grands dieux n’avoir pas reçu un kopeck pour les préparatifs des élections et le ministre des Finances qui jure l’exact contraire la main sur le cœur, qui croire ?
Qui dit vrai dans ce « pièce contre pièce » ubuesque ? Est-ce Denis Kadima Kazadi, produit des confessions religieuses ou Nicolas Kazadi Kadima Nzuji, argentier national ? Adossé aux pasteurs qui l’ont béni, le premier y va de son « en vérité, en vérité je vous le dis : je n’ai rien reçu du gouvernement« . Chiffres en bandoulière, le second égrène le chapelet des décaissements du Trésor public au profit de la CENI. Non sans intenter au passage un procès en « tentative d’indélicatesse » contre l’équipe du « frère » Kadima.
A écouter le ministre des Finances avec des oreillettes très zaïro-congolaises, les nouveaux membres du bureau de la Centrale électorale n’auraient pas mis beaucoup de temps pour apprendre à conjuguer les verbes « surfacturer, se servir, manger… » à la première personne du singulier de l’indicatif présent. L’argentier national aurait empêché que cette leçon de conjugaison débouche sur la pratique. Ceci expliquerait-il cela ? A savoir la mise en cause de l’Exécutif par le patron de la CENI ? Bien malin qui pourrait percer ce mystère. Si mystère il peut y avoir vraiment. Car, au fond cette polémique charrie un côté « linge sale à laver en famille« .
Pourquoi précisément étaler ce « linge sale » en public ? S’agirait-il d’une vraie déchirure familiale aux senteurs d’un mélodrame ? Auquel cas, on crierait « avis de tempête » sur la fatshisphère après les séquences Kabund et Beya. Serait-on en face d’une dispute programmée pour alimenter la boîte à légitimer le… « glissement » ?
Alors, vraie tour de Babel ou simple manœuvre de diversion ? Les Congolais ne savent à quelle « vérité » se vouer.
José NAWEJ