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A quand l’ère et l’heure des apôtres du bien commun ?
(Méditation citoyenne de Frank Fikirini Mwene-Mbayu)
Même si des experts électoraux sonnent déjà l’alarme prévenant qu’aucun indicateur technique fiable ne rassure quant à la tenue effective des élections dans le délai constitutionnel, c’est-à-dire au cours de l’année 2023, force est de constater néanmoins que plusieurs états-majors de partis politiques sont déjà en posture de campagne électorale, sur fond du fameux « on ne sait jamais » bien de chez nous, annonçant chacun son candidat à la magistrature suprême et sa victoire assurée. A la lumière de ce fait, la question qui vient spontanément à l’esprit d’un analyste politique indépendant est celle de savoir quelle offre politique pourra mériter la confiance du peuple, tant il est vrai que, malgré la diversité idéologique apparente, présentée sur papier par les différents régimes qui ont géré le pays depuis son accession à la souveraineté nationale et internationale, la situation du peuple n’est guère reluisante, en tout cas pas meilleure aujourd’hui qu’hier, si bien que toutes les étapes de son histoire, finissent par se ressembler substantiellement.
Considérons, à titre d’exemple, la rhétorique sur la situation de guerres endémiques. En 2008, pour ne pas remonter au déluge, lors de la guerre déclenchée cette année-là dans la partie Est (toujours elle) de la République Démocratique du Congo, il y eut fondamentalement deux discours représentant deux camps politiques : celui dont le lead communicationnel était mené par le Sénateur Didier Mumengi, alors ministre de la communication de Mzee Laurent Désiré Kabila, et celui dont le communicateur en chef était Tryphon Kinkiey Mulumba, à savoir le Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RDC), mouvement rebelle de l’époque. Pendant qu’à Kinshasa on dénonçait l’agression de la République Démocratique du Congo par le Rwanda, à Goma, alors quartier général dudit mouvement rebelle, on claironnait la dimension congolo-congolaise de la lutte dont ledit mouvement était le porte-étendard. Les morts se comptèrent par millions (sans compter les autres milliers de personnes fauchées lors des guerres antérieures, dont plus de 500.000 morts pour la seule période de la rébellion muleliste), le pillage des ressources (surtout naturelles) s’accentua, la misère de la population s’amplifia.
Puis vint le temps du gentleman agreement. Les ennemis d’hier s’étaient réconciliés, sabrant ensemble du champagne pour la circonstance, afin de célébrer comme il se doit le partage équilibré -horizontal et vertical – du pouvoir. La nouvelle transition fut engagée. Il y avait, en effet, déjà eu celle qui inspira à Honoré N’gbanda son ouvrage intitulé, bien à propos, La transition au Zaïre, le long tunnel.
Mais la suite des événements a montré qu’on n’était pas du tout sorti du tunnel ou du gouffre, si l’on veut. En effet, plusieurs cycles de guerres se sont succédés, occasionnant à chaque fois des changements de rôles – et de discours – selon qu’on était à la mangeoire ou mis à l’écart, ou encore sous-traitant des plans concoctés à mille lieues pour faire main basse sur les richesses du pays, quitte à maintenir ce dernier en situation de désordre permanent pour le besoin de la cause.
Il faut saluer à cet égard, l’engagement de tous les présidents successifs de la République à défendre l’unité et l’indivisibilité du Congo, certains au prix de leur sang, d’autres même à la condition de signer un pacte avec le diable. On ne peut que souhaiter le même engagement vigoureux contre la prédation. Nulle part cela ne semble aussi clairement exprimé.
Entre temps on vit, dans le concret, un éternel retour au commencement et de la même façon : luttes sans merci pour le pouvoir au mépris des droits humains, tribulations conséquentes ou subséquentes des populations, pillage systématique des ressources du pays, instabilité politique, recul démocratique, développement exponentiel de la fameuse économie souterraine au détriment de la République dans un contexte de corruption endémique, marasme socio-culturel, etc. Et en toile de fond des conflits armés se trouve le mobile visant, pour l’essentiel, » la prise de contrôle des importantes ressources naturelles du pays, qui incluent les diamants, le cuivre, l’uranium le zinc, et le coltan » (cf. Robert KIKIDI MBOSO KAMA, » usure du pouvoir et ses conséquences sur l’avenir d’un pays, cas de la République Démocratique du Congo « , conférence donnée à l’Université Marien NGOUABI de BRAZZAVILLE, 2016).
Le peuple lui, tel un âne qui change constamment de maîtres, continue de supporter le même joug sous tous les régimes. A quand le changement, le véritable, pour lui ? Ou plutôt, à quelles conditions ledit changement adviendra-t-il de façon satisfaisante ? Car, si le peuple en arrive à se convaincre de l’inutilité sociale du pouvoir politique, il s’en suivra l’in-gouvernabilité et ses conséquences dans les domaines économique et socio-culturel. Et bonjour l’infernal cercle vicieux.
Nous avions pourtant eu des élections supposées donner au peuple les dirigeants qu’il mérite (c’est-à-dire dûment acquis à sa cause), précédées de campagnes ponctuées par des promesses mirobolantes et des plans de développement pompeusement présentés au public mais qui sont demeurés, pour l’essentiel, des effets d’annonce. Médusé, le peuple est fatigué de se consoler par des sarcasmes du genre « Nini tosali te« , « Toko voter lisusu« , « balingi palais du peuple, mais balingi peuple te« , etc. toutes, des expressions qui décrivent, tant bien que mal, sa situation lamentable qui, visiblement, n’a guère était un véritable enjeu pour les différents pouvoirs qui se succèdent les uns aux autres et leurs oppositions tout aussi inversement alternées.
Comment, dans ces conditions, ne pas se poser la question de la finalité du pouvoir, qui ne peut se résumer dans l’expression » le pouvoir pour le pouvoir « , loin s’en faut ! Pendant que se posent cette question ceux qui subissent le pouvoir au lieu que celui-ci soit à leur service, selon le slogan déclamé à tue-tête depuis le Mpr, parti – État (servir et non se servir), les gens qui se disputent ledit pouvoir et se le partagent au gré des vagues de l’histoire, continuent d’inter-changer leurs positions, avec les mêmes méthodes et les mêmes discours qui changent à tour de rôle de porte-voix… Au point de faire dire au professeur Jacques Ndjoli, non sans raison : « Quelqu’un qui était kabiliste pur et dur, il peut en 48 heures devenir tshisekediste, plus pur et dur encore » (cf. conférence). Autant dire avec le chanteur Jacques Dutronc, auteur de la célèbre chanson « l’opportuniste« , qu’ils « retournent leurs vestes toujours du bon côté« . Science sans conscience s’il en est. Les réseaux sociaux se sont chargés de nous donner des exemples poignants, avec preuves à l’appui. Mais a-t-on pensé au bon côté pour le peuple ?
Peut-être qu’au bout du compte, au regard de l’expérience, ce n’est plus des acteurs politiques que le peuple doit attendre une telle attention, mais de lui-même. Ce qui induit une judicieuse participation politique, à laquelle le professeur Elie Ngoma-Binda a consacré tout un ouvrage, et une citoyenneté responsable, incluant le vote consciencieux entendu comme un mandat donné par le patron qu’est le peuple à ses serviteurs que sont ses élus à tous les niveaux, chacun devant se comporter conséquemment. Le concept du citoyen-patron a été utilement et si bien développé par Modeste Mbonigaba dans une récente tribune publiée dans le journal Forum des As. L’autre Modeste, à savoir Mutinga Mutuishayi, actuel ministre des Affaires sociales, des Actions humanitaires et de la Solidarité nationale, n’avait-il pas déjà dénoncé « La République des inconscients » (septembre 2010) ? Il indiquait, avec à propos, qu’à cause de cette inconscience, particulièrement celle des dirigeants, nous avons perdu la guerre des mines, puis celle du pétrole et risquions de perdre celle de l’eau. Il est à parier que c’est justement l’autre versant de cette inconscience, à savoir la conscience citoyenne et républicaine, qui bannit l’égoïsme au profit d’une bonne perception et service du bien commun, qui sera la voie du relèvement général de la nation et de la République. Aurons-nous un jour, dans notre classe politique, des apôtres du bien commun ? En tout cas, nous le souhaitons vivement. Déjà pour demain.