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Moïse Moni Della lance un appel au roi du Maroc Mohammed VI
L’ancien vice-ministre de l’information, Moïse Moni Della, lance un pressant appel au roi du Maroc Mohammed VI pour la construction à Kinshasa d’un ambitieux complexe devant abriter à la fois une grande mosquée, une université et un hôpital. Un projet d’envergure qu’il souhaite entièrement financé par le royaume chérifien. Il s’est confié en ces termes lors d’une interview accordée à Forum des As, mercredi 28 août.
Cet appel adressé à l’endroit du roi Mohammed VI, Moïse Moni Della le fait en tant que musulman congolais.
Revenant d’un séjour au Sénégal marqué par une visite effectuée à l’université Cheikh Anta Diop et à la grande mosquée de la ville de Dakar, cette expérience l’a poussé Moïse Moni Della à réfléchir sur l’absence d’une mosquée de cette envergure en RDC, un pays qui compte plus de 15 millions de musulmans, un chiffre supérieur à celui de nombreux pays africains se revendiquant majoritairement musulmans.
«Je lance un appel au roi Mohammed VI pour qu’il le fasse également au RD-Congo. Qu’une structure royale gère les fonds pour éviter le détournement. La RDC compte plus de 15 millions de croyants, c’est beaucoup plus que certains pays africains qui se disent musulmans, mais qui n’ont pas ce nombre-là. Pourquoi ne pouvons-nous pas avoir une mosquée de cette dimension chez nous ?», a-t-il déclaré.
Amir al-Mouminin appelé à agir
Qualifiant le roi Mohammed VI d’«Amir al-Mouminin, le guide des croyants», M. Moni Della estime que ce dernier a un rôle naturel à jouer auprès des musulmans congolais. Il salue la générosité et la piété du souverain marocain dont le règne, selon lui, a été marqué par de nombreuses réalisations en faveur de l’Islam en Afrique.
«En dehors de son statut de roi, il est l’Amir al-Mouminin, le guide des croyants. Si nous le prenons comme tel, il est aussi le guide des musulmans congolais. Pourquoi ne pas construire ici, au Congo, une mosquée à la dimension de celle de Dakar. Je lance cet appel particulièrement au roi Mohammed VI, parce que c’est un croyant convaincu et convaincant qui a démontré qu’il aime l’islam et qu’il aime bien aider. Quand vous voyez ce que son père a fait au Sénégal et ce que lui-même a réalisé en Tanzanie, c’est grandiose ! Pourquoi les autres rois ne l’ont-ils pas fait en Afrique ? Il a beaucoup donné et donne parfois sans le dire. C’est ça, le roi du Maroc : il est magnanime, généreux et croyant. Voilà pourquoi je m’adresse à lui», plaide Moïse Moni Della.
Un projet au-delà d’un simple lieu de culte
Moni Della souligne que la construction d’une telle bâtisse servirait non seulement de lieu de culte, mais aussi d’une université où les gens vont apprendre les sciences humaines, la philosophie et tant d’autres disciplines scientifiques.
«Construire cette mosquée pour la RDC serait une œuvre utile sur terre. La mosquée est un sanctuaire et un lieu du savoir. Et le premier verset de l’islam est Ikra qui veut dire, étudier ou apprendre. Ce ne sera pas seulement une mosquée, mais un lieu de savoir où les gens apprendront le Coran, le Hadith et la vie. Vous imaginez ce que cela pourrait nous donner comme élan si, à côté, nous pouvions mettre une université où les gens auront l’occasion d’étudier la médecine, les sciences humaines, la philosophie, la science politique et tant d’autres disciplines», s’est-il enthousiasmé.
La mosquée, l’université et l’hôpital s’inscriraient ainsi dans une démarche de développement durable, visant à renforcer les capacités des Congolais plutôt que de se limiter à des dons. En effet, ces établissements permettraient de créer de nombreux emplois et de stimuler l’activité économique locale sur le long terme.
«La construction de la mosquée, d’une université et d’un hôpital, ça sera un moyen pour le roi Mohammed VI de montrer au peuple congolais comment pêcher à la place de lui ’offrir le poisson. Car ces structures vont régénérer l’emploi pour plusieurs personnes. Les musulmans congolais ont besoin de la formation», estime-t-il.
Kinshasa et l’Est de la RDC, des lieux stratégiques
Moni Della voit Kinshasa, la capitale du pays, comme un emplacement idéal pour cette future mosquée, étant donné son statut de siège des institutions et de centre névralgique du pays. Il évoque également l’Est de la RDC, bastion de l’islam congolais, comme une alternative possible.
«Kinshasa est la capitale du Congo, le siège des institutions. Même s’il n’est pas au centre, il est considéré comme le centre du Congo par rapport au transport, aux voies de communication et à l’accessibilité. Je crois que Kinshasa est le lieu idéal. Mais en dehors de Kinshasa, je vois l’Est de la République, car c’est le bastion de l’islam», propose celui qui se présente comme étant l’un des dignes héritiers idéologiques d’Etienne Tshisekedi.
Une relation diplomatique à renforcer
Moni Della a également rappelé les liens historiques entre la RDC et le Maroc, soulignant que l’ambassadeur Étienne Tshisekedi, père de l’actuel président, a joué un rôle majeur dans le renforcement de ces relations. Il espère que ces relations pourront servir de base pour une collaboration plus étroite, notamment à travers la construction de cette mosquée.
«Peut-être que les gens ne savent pas, mais Tshisekedi Wa Mulumba était ambassadeur au Maroc. Il a posé des bases et cimenté les relations entre la RDC et le Maroc. Quand le roi du Maroc arrive au Congo, il est chez lui ; lui-même l’a d’ailleurs dit. Le roi Mohammed VI et Félix Tshisekedi sont presque de la même génération, et ils sont frères. Leurs parents se sont connus, et j’en suis certain qu’ils peuvent se mettre à la même table, s’il le faut, pour évoquer ce sujet», a-t-il rappelé.
Pour convaincre Mohammed VI, le ministre honoraire vante les liens séculaires entre le Maroc et l’ex-Zaïre, ainsi que l’engagement passé des forces chérifiennes aux côtés de Mobutu lors de la guerre de 80 jours. Un plaidoyer fervent pour un projet d’envergure que le Maroc aurait, selon lui, les moyens de concrétiser.
«Les militaires marocains sont morts ici lors de la guerre de 80 jours et Mobutu est enterré au Maroc ce n’est pas un fait du hasard», a-t-il conclu.
S’il est entendu, l’appel de Moïse Moni Della pourrait marquer un tournant dans l’histoire de l’islam en RDC, en offrant aux musulmans congolais un lieu de culte digne de leur nombre et de leur foi, tout en renforçant les liens entre la RDC et le Maroc.
Christian-Timothée MAMPUYA