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L’opposition dénonce l’accord migratoire avec Washington
* Pour nombre d’opposants, Martin Fayulu en tête, il s’agit d’ «un acte de sabotage» de la part de Félix Tshisekedi.
Un débat politique et diplomatique sensible agite la scène congolaise depuis l’annonce de discussions entre Kinshasa et Washington sur l’accueil temporaire des migrants afghans, dont d’anciens collaborateurs de l’armée américaine durant la guerre d’Afghanistan (2001-2021). L’initiative suscite de vives réactions au sein de l’opinion et de l’opposition.
Première voix politique à monter au créneau, l’opposant Martin Fayulu a vivement critiqué cette perspective, estimant que l’arrivée des premiers migrants a déjà provoqué une forte onde de choc au sein de la population. Dans une déclaration publiée hier jeudi 23 avril sur le réseau social X, le candidat malheureux à la présidentielle a mis en garde contre ce qu’il qualifie de «dérive dangereuse».
«Après le tollé suscité par l’arrivée des 15 premiers migrants refoulés des États-Unis, si Félix Tshisekedi a réellement accepté d’accueillir en RDC des migrants afghans, il faut le dire clairement : cela s’apparente à un acte de sabotage contre notre pays», s’est-il indigné, traduisant ainsi la montée des tensions politiques autour de ce dossier.
Selon plusieurs sources, plus de 1100 Afghans, hommes, femmes et enfants actuellement regroupés à Doha, au Qatar, auraient rejeté le plan de transfert proposé par l’administration américaine. Ils disent refuser un nouvel exil dans un pays qu’ils ne connaissent pas, sans repères familiaux ni linguistiques, et appellent Washington à respecter les engagements pris durant la guerre d’Afghanistan, déclenchée après les attentats du 11 septembre attribués à Al-Qaïda.
Sur le plan diplomatique, l’opération s’inscrit dans le cadre d’un accord négocié entre le Gouvernement congolais et les États-Unis. Kinshasa y apparaît comme une zone de transit temporaire, financée par Washington, où les migrants bénéficieraient d’un court séjour avant leur réacheminement vers leurs pays d’origine.
Mais, la controverse dépasse déjà le seul cas afghan. La Colombie, évoquant un traitement jugé injuste de ses ressortissants, a officiellement demandé le rapatriement immédiat de ses citoyens récemment arrivés à Kinshasa dans le cadre du même dispositif.
Entre enjeux humanitaires, tensions diplomatiques et crispations politiques internes, ce dossier place la République démocratique du Congo au centre d’un débat international sensible, où chaque décision est scrutée et contestée, tant sur le plan intérieur qu’extérieur.
Jérémie ASOKO