Dernière minute
Société
La décision est tombée comme un couperet. À Kinshasa, les autorités congolaises ont ordonné la fermeture immédiate de l'usine Revin SARL, implantée à Limete, après la découverte d'une substance pharmaceutique interdite dans une boisson largement consommée dans la capitale, apprend-on dans un…
Culture
Forum éco
Sport
Enjeux de l’heure
Derrière les allures d’un simple communiqué de clarification, la récente sortie du Vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, ressemble davantage à une opération…
Étranger
SEOUL, 29 avr. (Yonhap) — La Haute Cour de Séoul a décidé ce mercredi d’alourdir la peine qu’avait reçue en première instance l’ex-président Yoon Suk Yeol pour obstruction de justice et d’autres…
Nation
Dans un contexte marqué par des turbulences internes, la ministre de la Recherche scientifique et Innovation technologique, la Professeure Dr Marie-Thérèse Sombo Ayanne, a décidé de reprendre la…
Maluku : les délégués de la SADC sous le charme de la Zone économique spéciale pilote
*Au terme d’une randonnée fluviale le week-end dernier, Julien Paluku a présenté à ses hôtes africains ce méga projet qui ambitionne générer 20.000 emplois directs et 100.000 emplois indirects en RDC.
En République démocratique du Congo, »la révolution industrielle » est déjà en marche. C’est du moins ce qu’affirme Julien Paluku Kahongya, le ministre congolais de l’Industrie, qui a fait visiter à ses hôtes de la SADC (The Southern African Development Community) le chantier du projet pilote de la Zone économique spéciale (ZES) de Maluku le week-end dernier. Une visite qui est intervenue au cours d’une randonnée fluviale, à l’issue de la 6ème semaine annuelle de l’industrialisation, organisée du 2 au 6 août dernier à Kinshasa, dans le cadre de la Communauté de développement de l’Afrique australe.
Axée sur le thème « Promouvoir l’industrialisation par l’agro-transformation, la valorisation des minéraux et les chaines de valeur régionales pour une croissance économique inclusive et résiliente« , cette semaine a permis aux délégués des 16 pays de la SADC de réfléchir sur la dynamique à enclencher pour permettre à l’Afrique de développer son industrie de transformation sur base de ses ressources, de son marché et de besoins exprimés par d’autres pays de la planète extérieurs à la région.
C’est dans cette optique que s’est inscrite cette randonnée sur le fleuve Congo le samedi 6 août dernier. Pour les hôtes du Gouvernement congolais, l’occasion a été propice pour découvrir le côté touristique de ce boulevard naturel qu’ils ont parcouru pendant plus de cinq heures. Aussi leur a-t-elle permis de palper du doigt la stratégie mise sur pied par les autorités congolaises pour booster leur plan de réindustrialisation.
Générer bientôt 120.000 emplois
Aux commandes de cette visite guidée, le ministre Julien Paluku a fait visiter le chantier de la Zone économique spéciale de Maluku aux participants de la semaine annuelle d’industrialisation. Le ministre leur a notamment présenté les enjeux de ce projet dans lequel l’Exécutif congolais investit pour aider le pays à sortir du cycle infernal de dépendance économique, en misant sur une industrie dynamique et compétitive sur l’échiquier international.
« Nous avons, dit-il, convié toute la délégation (de la SADC) à la zone économique spéciale pour qu’elle voie comment les travaux ont commencé. D’ici une année au minimum, il y aura déjà des usines (dans la zone)… C’est donc la voie que le chef de l’État et le Premier ministre ont choisie pour amorcer l’implantation de cette zone pilote qui traduit le souci d’industrialiser notre pays« .
Ambitieux, ce méga projet se propose de générer 20.000 emplois directs et 100.000 emplois indirects durant son exécution, planifié pour une dizaine d’années, à dater de 2021, explique Julien Paluku. Optimiste, le ministre congolais de l’Industrie estime déjà qu’en 2023, l’on pourra voir les effets palpables de la politique industrielle de la RDC sur ce site pilote à Maluku.
Des avantages fiscaux, parafiscaux et douaniers
En permettant à ses hôtes de découvrir ce modèle pilote de la zone Économique spéciale en pleine aménagement, Julien Paluku leur a fait comprendre que l’installation des entreprises industrielles en cours bénéficie déjà des avantages fiscaux, parafiscaux et douaniers. Occasion pour ces délégués des pays membres de la SADC de s’imprégner de potentialités dont regorge la RDC et d’échanger d’expériences en matière de ce pôle d’industrialisation.
Selon Thomas Yangilwa, un expert du ministère congolais de l’Industrie, abordé par nos confrères d’Opinion-info.cd, « l’implantation de cette zone économique est l’une des stratégies du gouvernement pour permettre au pays d’avoir des investissements. C’est une mesure incitative pour attirer ceux qui ont des capitaux…« .
Pour les stimuler, explique-t-il, « le gouvernement aménage, installe le courant électrique, les voies de communication (routes), viabilise un espace pour développer les industries. Tous les investisseurs y trouveront des conditions requises, en l’occurrence les infrastructures de base, les avantages douaniers et fiscaux. L’État s’attend ainsi à participer à la promotion de leurs productions Made in Congo« .
Vers une zone industrielle agressive
A titre illustratif, le ministre Julien Paluku a fait part à aux délégués africains de l’expérience déjà concrète d’une usine locale qui transforme des câbles électriques à base de cuivre puisé en RDC. On s’attend, en perspective, à installer des usines de transformation locale des produits agricoles tels que le sucre, le thé, l’huile de palme… au lieu de continuer à importer des produits finis de l’étranger, a-t-il fait remarquer.
Outre le site de Maluku, six autres zones économiques spéciales sont en chantier à travers le territoire national, a indiqué Julien Paluku. Leur mise en œuvre permettra au pays de développer une réelle zone industrielle agressive de 2021 à 2030, a-t-il promis, tout en invitant les autres pays de la SADC à s’inspirer de cette dynamique pour booster l’industrialisation du continent.
L’enjeu de l’industrie verte
Julien Paluku venait de clôturer, la veille, les travaux de la 6ème semaine annuelle d’industrialisation de la SADC au Musée national de Kinshasa, où les participants avaient exposé leurs produits industriels. Au nom du Premier ministre Sama Lukonde, dont il a lu le discours de clôture, le ministre de l’Industrie a estimé que »les politiques d’industrialisation conçues et mises en œuvre par les États membres méritent l’appropriation de toutes les parties prenantes tant du secteur privé que des partenaires ». D’après lui, l »objectif est de densifier l’industrie régionale au moyen des chaînes de valeur à développer autour des ressources naturelles qui abondent dans la région.
« Vers la fin, dit-il, il y a eu un panel qui a été consacré à l’industrie verte. C’est notamment l’utilisation de nos différents minéraux (Cobalt, Lithium, Manganèse, Nickel) disséminés dans la plupart des pays de l’Afrique australe (RDC, Zambie, Zimbabwe, Tanzanie, Afrique du Sud et Botswana) qui, à eux seuls, peuvent détenir près de 70% des matières qui entrent dans la fabrication des batteries électriques« .
Dans l’optique de cette industrie verte, M. Paluku exhorte les pays de la SADC à mutualiser leurs efforts autour de la RDC et de la Zambie qui ont déjà signé un accord de coopération. Sans doute pour être « la première grande initiative de production dans les années qui vont suivre » et, bien entendu, »les précurseurs des batteries électriques’‘, voire »des voitures électriques ».
« Nous allons, dès lors, bénéficier de la demande mondiale qui est très forte, et surtout des politiques qui sont en train d’être mises en œuvre en Europe, notamment le vote d’une disposition par le Parlement européen qui interdit l’utilisation des moteurs thermiques d’ici 2035, et donc la fin des véhicules avec carburant au profit des véhicules utilisant les batteries électriques« .
750.000 euros de l’Union européenne
Les secteurs pharmaceutique, agricole et minier ont, en effet, été au cœur des échanges de cette semaine annuelle de l’industrialisation, afin que l’Afrique australe puisse révolutionner son industrie pour pouvoir offrir au monde des produits transformés. « C’est ainsi qu’au cours de cette semaine, nous avons bénéficié des financements de l’Union européenne et du gouvernement allemand de près de 750.000 euros pour encourager les premières entreprises qui sont dans la création des chaînes de valeur. Il s’agit particulièrement des entreprises qui évoluent dans le domaine pharmaceutique et de l’industrie du cuir« , a indiqué Julien Paluku.
D’après l’ancien gouverneur du Nord-Kivu, « la région est peuplée de vaches, de moutons et de chèvres. Mais, toutes ces peaux qui viennent de ces abattages, ne sont pas utilisées, alors que chacun de nous a au moins un soulier, une jaquette en cuir, une ceinture ». Curieusement, regrette l’ancien gouverneur du Nord-Kivu, « tout cela est encore importé de l’extérieur, alors qu’on peut booster cette industrie du cuir ici ». Yves KALIKAT