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La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
«To changer» peut avoir…
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La Belgique, par son vice-Premier ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a condamné, hier mercredi 21 octobre sans détour, le choix de l’ancien président de la République Joseph Kabila…
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La RDC veut conquérir davantage de parts du marché chinois grâce à une meilleure organisation de ses filières agricoles. L’Anapex a mis en place une Task Force dédiée prioritairement au piment,…
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Au total sept (7) véhicules, dont deux camions de marque Kamaz, trois jeeps Land Cruiser et deux ambulances, ont été remis le lundi 19 octobre aux Forces armées de la République démocratique du…
L’ombre de Mobutu…
Autant tordre tout de go le cou au fameux « c’était mieux avant« . La nostalgie étant, à bien des égards, mauvaise conseillère.
N’empêche. Un quart de siècle après la disparition du Maréchal Mobutu, le nécessaire devoir d’inventaire ne devrait plus charrier les mêmes données. Le deuxième Président de l’histoire du Congo-Kinshasa ne saurait être ad vitam aeternam que cet homme du passif même s’il est du passé.
Avec le recul du temps, Mobutu c’était aussi une certaine idée, mieux une idée certaine de l’Etat. Le « Guide » incarnait l’État. Il en maîtrisait les codes.
A l’expérience, il paraît sans doute moins malheureux d’avoir un État fort et surtout présent sur toute l’étendue du territoire que de se prévaloir d’un État de droit sans assez d’Etat au bon endroit.
Hormis la séquence crépusculaire de son long règne, le Maréchal – Président se faisait fort d’avoir un entourage et plus globalement une administration- au sens étasunien du concept- qui reflétait le Zaïre dans sa diversité.
Dans un pays où la « lutte des cases » l’emporte sur celle des classes théorisée par Karl Marx. Dans ce Congo où le référent sociologique est plus déterminant que l’étiquette politique qui tient du vernis idéologique, le visage du leadership était un condensé du mealting pot congolais.
Comme un mal pour un bien, l’obsession dirigiste doublé du tropisme jacobin a fait que les irrédentismes provinciaux, claniques, les velléités séparatistes, les forces centrifuges aient été progressivement siphonnés au point de ne devenir que résiduels dans certains coins du pays.
Bon an mal an, « le nous » zaïrois était devenu réalité. Des provinces regroupées devenaient des entités plus administratives que des espaces « ethniquement purs« . Avec le retour aux « provincettes », l’enjeu tribal revient au galop. Les affrontements intercommunautaires Teke- Yaka sont l’une des expressions de cette « tribalité » qui tient lieu du marqueur identitaire des provinces issues du démembrement.
Certes, ressasser le bon vieux temps mobutien ne saurait tenir lieu de projet de société, encore moins de perspective pour la RDC. Mais, un coup dans le rétroviseur de la II ème République peut permettre au pays de trouver matière à inspiration et à rectification sur certains aspects du vouloir vivre ensemble et de la culture de l’Etat.
Il ne sera sans doute pas du goût de la majorité des Congolais d’adorer ce qu’ils ont brûlé hier. Il ne sera assurément pas question de béatifier encore moins de canoniser l’ancien Président dont la part d’ombres a des conséquences jusque dans la RDC d’aujourd’hui. L’heure de l’inventaire mémoriel a, par contre, sonné. Loin de toute passion, hystérie et de tout ressentiment, les Congolais devraient dégager l’actif des années Mobutu et le capitaliser.
Autant il est de bon aloi de se garder du poncif « c’était mieux avant« , autant il est toujours contreproductif de faire table rase de tout le passé. Ou de jeter le bébé avec l’eau du bain. De la Russie de Lénine à la Chine de Mao en passant notamment par Cuba de Castro et même l’histoire de grandes révolutions l’a suffisamment montré et démontré les limites de l’approche nihiliste.
Alors, en ce moment de souvenir de la disparition de Joseph- Désiré Mobutu, le vrai sujet n’est pas tant de désirer l’homme que d’apprendre à désirer des pans de son legs, véritable antidote à la déliquescence du tissus national. Une exhortation qui prend tout son sens dans ce contexte où l’histoire du pays bégaie dans tous les dialectes. José NAWEJ