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L’Etat de droit en danger, alertent les activistes de droits de l’homme
De l’amour à la haine, il n’y a qu’un pas, dit-on. Cette maxime s’avère indiquée pour expliquer le désamour qui existe actuellement entre le Président Fatshi et son désormais ex bras droit Jean-Marc Kabund. Celui qu’on appelle «maître-nageur», semble s’être noyé. Il a été mis sous mandat d’arrêt provisoire (MAP) et transféré au Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK), ex-prison Centrale de Makala, hier mardi 09 août, au terme de sa deuxième audition au parquet général près la Cour de cassation.
Poursuivi pour injures publiques, imputations dommageables et offense au chef de l’État, Jean-Marc Kabund vient de passer sa première nuit en prison. On ne sait pas à ce stade combien de temps va durer son bail au sein de ce centre pénitenciaire qui a hébergé beaucoup d’acteurs politiques avant lui.
Comme il fallait s’y attendre, après un peu plus d’une heure d’audition, il a plu au Procureur général de placer l’ancien président a.i du parti présidentiel (UDPS) sous mandat d’arrêt provisoire, concluant à des indices sérieux de culpabilité. Le PG devra donc transférer le dossier à la Cour de cassation pour le début effectif du procès.
L’IMAGE DE LA JUSTICE CONGOLAISE EN JEU
Entre temps, Jean Marc Kabund reste en prison. Conformément à l’article 27 du Code de procédure pénale, la chambre de Conseil doit se réunir dans 15 jours, à compter de son incarcération, pour statuer sur la nécessité de lui accorder une liberté ou de transformer ce mandat d’arrêt provisoire en une détention préventive.
Cependant, c’est un Kabund visiblement serein qui empruntait hier la route de Selembao. Il a levé sa main en signe de victoire au sortir du parquet, avant qu’il soit escorté par des éléments de la Police nationale congolaise, en direction du CPRK.
Abstraction faite de l’hypothèse d’un éventuel jeu politique, la procédure ayant conduit au transfert de Jean Marc Kabund à la prison centrale de Makala est très critiquée par des défenseurs des droits humains et des acteurs politiques de l’opposition. Jean Claude Katende parle de l’écroulement de l’État de droit tant vanté par le président de la République Félix-Antoine Tshisekedi.
UNE ÉNIÈME ARRESTATION QUI N’AIDE PAS FATSHI
«L’arrestation et la détention de M. Kabund à la prison de Makala en violation des lois de la République est une indication que l’Etat de droit est en train de s’écrouler en RDC», a écrit le président de l’ASADHO sur Twitter.
Réagissant à ce transfert à Makala du «maître-nageur», le député national Eliezer Tambwe estime que cette arrestation va davantage noircir le bilan du chef de l’État. Il pense que le regain d’arrestations arbitraires observé actuellement ne contribuera en rien à la réélection de Felix Tshisekedi en 2023.
«C’est un comportement que je condamne personnellement. Je dois vous le dire que ce qui se passe actuellement n’aide pas le chef de l’État. Bien-sûr qu’à un moment donné, nous avons compris que les gens débordent. Mais la manière dont les arrestations se font n’est pas pour aider le chef de l’État. Je me pose la question s’il n’y a pas une main noire qui cherche à ternir l’image du chef de l’État. Le cas de Jimmy Kitenge du PPRD et d’autres personnes dont il n’y a même pas de procédure qui va jusqu’au bout. Moi, je pense que c’est n’est pas du tout bon cette façon-là de faire les choses», a déclaré cet élu de Lukunga, à Kinshasa.
VIVEMENT LA VÉRITÉ SUR LES ACTES DE DÉTOURNEMENT ALLÉGUÉS PAR KABUND
Pour le communicateur de Lamuka, Prince Epenge, avec l’arrestation de Kabund, la justice congolaise perd de plus en plus sa crédibilité. Il dit attendre que le procès qui va bientôt démarrer puisse faire la lumière sur les actes de détournement dénoncés par Jean Marc Kabund lors de sa conférence de presse qui a conduit à son arrestation.
«C’est une messe noire. Tout était préparé pour que l’homme soit mis aux arrêts. Je suis cependant resté sur ma soif au regard des révélations faites par cet ancien bras droit de Félix Tshisekedi. Malheureusement, dès le premier jour de sa convocation, nous avons compris que la justice congolaise allait se discréditer davantage parce que la démarche de départ était de le faire taire, de dire à Kabund, nous avons mangé ensemble, nous avions tous détourné ensemble, alors arrêtez de parler sinon vous allez en prison», a-t-il indiqué.
Ce qui scandalise le plus dans cette affaire, c’est la question des immunités parlementaires. Nombreux sont des congolais qui estiment que Jean Marc Kabund a été mis en prison, sans que ses immunités comme député national ne soient levées. Cependant, côté bureau de l’Assemblée on affirme que les immunités de JM Kabund ont été levées, conformément au règlement intérieur qui lui donne ce pouvoir là, du fait des vacances parlementaires. Curieusement, aucun document officiel allant dans ce sens n’est rendu public jusque-là.
FATSHI APPELÉ À CALMER L’HÉMORRAGIE
Si tel est le cas, pourquoi alors cette précipitation dans la procédure de lever des immunités ? Le bureau Mboso ne devrait-il pas attendre la fin des auditions avant d’apprécier le bien-fondé de passer à cette décision ? Était-il important d’arrêter Jean Marc Kabund ? Surtout lorsqu’on sait que tout ce qu’il a dit est le remake de ce que nombre d’opposants dont Martin Fayulu claironnent matin, midi et soir, sur toutes les chaînes de télévision.
Quel que soit ce qu’on peut dire de la nécessité de réprimer les infractions en RDC, il est un fait que l’arrestation de Jean Marc Kabund ne vend pas une bonne image du pays, surtout lorsqu’on réalise qu’elle intervient le jour de la visite du secrétaire d’Etat américain en RDC.
Les observateurs avertis appellent donc le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, à intervenir personnellement afin de mettre fin à ce que des organisations de la société qualifient de regain d’arrestations arbitraires et autres actes de violation des droits de l’homme en RDC. Orly-Darel NGIAMBUKULU