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Les groupes armés n’ont pas répondu au rendez-vous de Uhuru Kenyatta sauf le M-23
* Les Congolais farouchement opposés à l’intégration des forces négatives dans les FARDC
A la réunion du jeudi 21 avril dernier de la Communauté économique de l’Afrique de l’Est (CEAE) dont le président en exercice est le Président kenyan Uhuru Kenyatta, il avait été décidé de la création d’une force armée avec pour mission la traque et le démantèlement de tous les groupes armés étrangers comme nationaux opérant dans l’Est de la RDC. Mais avant toute chose, l’organisation enjoint le Président de la RDC de négocier avec lesdits groupes armés pour leur désarmement volontaire avant l’entrée en action de la force en attente.
A cet effet, un calendrier a même été élaboré et prévoyait le début de ces négociations déjà le vendredi 22 avril dernier à Nairobi, capitale du Kenya, avec la facilitation du Président kenyan Uhuru Kenyatta. Mais, hormis le mouvement rebelle pro-rwandais M-23, aucun groupe armé n’a fait le déplacement pour Nairobi où se trouvait déjà le Président congolais Félix Tshisekedi.
Le M23 s’est présenté avec deux factions dont celle de Sultani Makenga venant de l’Ouganda et celle de Jean-Marie Runiga en provenance du Rwanda. La tension est montée d’un cran lorsqu’on a appris que le M-23, aile Sultani Makenga a repris les hostilités dans le Rutshuru en occupant plusieurs autres positions en dépit du cessez-le-feu. Appelé à s’expliquer, le M-23 a tenu plutôt des propos injurieux et même menaçants à l’endroit du gouvernement congolais ci-représenté. C’est là que Kinshasa a exigé et obtenu de la médiation kenyane leur suspension aux travaux et leur expulsion de Nairobi. La négociation se poursuit cependant avec l’autre aile, celle de Jean-Marie Runiga basée au Rwanda.
La Présidence de la république congolaise a parlé d’un problème logistique de l’avion de la Monusco qui devait faire le Sud-Kivu pour ramener les chefs des groupes armés dans la ville de Goma d’où ils embarqueraient sur un aéronef affrété par le Président kenyan. Selon cette organisation, le groupe armé congolais qui sera en dehors de ce processus de négociation avec le gouvernement congolais subira les foudres de la force en attente de la Communauté économique d’Afrique de l’Est.
Mais pour certains analystes, ces deux propositions de la CEAE sont irréalistes et vont échouer. La première de la force armée à déployer dans l’Est de la RDC pour le désarmement de force de tous les groupes armés. Mais, ils sont à combien ? Selon les statistiques de l’ONU, c’est 144 groupes armés dont une vingtaine qui sont structurés avec des bataillons et compagnies et des effectifs d’au moins 9.000 combattants avec un armement important. La plupart ont installé leur base-arrière dans des forêts équatoriales qui traversent toutes les provinces de l’Est notamment Maniema, Sud-Kivu, Nord-Kivu, Ituri et Tshopo.
A noter que dans ces forêts denses avec leur topographie inhospitalière, les éléments de ces groupes armés y circulent aisément comme un poisson dans l’eau. La force en attente de la CEAC sera dotée d’un effectif de combien d’hommes pour faire face à 144 groupes armés actifs dans tout l’Est de la RDC ? 5.000 ? 10.000 ? Non, sinon on parlerait de divisions.
Quand on sait que la Brigade d’intervention de la Monusco avec ses 3.700 commandos dont les Kenyans a toujours battu en retraite face aux islamistes ougandais des ADF où elle a déjà perdu 15 casques bleus dans une embuscade meurtrière sur la route Beni-Kamango et aussi la milice Lendu de la CODESCO qui, il y a juste deux semaines, avait réussi à tuer un casque bleu de nationalité népalaise à Djugu.
Sur le plan politique, cette force armée de la CEAE constituée de soldats venant des pays comme le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi qui ont agressé la RDC en l’occupant de 1998 à 2003, avec un pillage systématique de ses ressources naturelles, sera mal accueillie par les Congolais qui aimeraient à « la manœuvre » seul sur le terrain, leur propre armée, les FARDC. Il ne voit pas de quelle force sera doté ce contingent de la CEAE que n’ont pas les UDPF, l’armée ougandaise qui menait depuis un trimestre les opérations conjointes avec les FARDC qui n’ont pas réussi à venir à bout des ADF. Exit la force armée de la CEAE constituée d’étrangers.
Un deuxième point qui soulève des foudres dans le train des mesures de cette communauté d’Afrique de l’Est, c’est la négociation avec les groupes armés. Mais ces derniers sont des forces négatives et aucun Etat sérieux ne peut se livrer à un tel exercice même l’Ouganda ne peut pas le faire avec les ADF.
Du reste, le langage que ces groupes armés entendent, n’est que celui de la force et non la négociation. La RDC a une amère expérience des négociations avec les groupes armés dont le tout dernier qui est le M-23. En 2009, le gouvernement congolais avaient….. et signé un Accord de paix et de cessez-le-feu dit » Accord de Goma » avec tous les groupes armés qui opéraient dans tout l’Est de la RDC pour mettre fin à la rébellion du Conseil national de la défense du peuple (CNDP) de Laurent Nkundabatware, qui grâce aux troupes rwandaises, était parvenu à occuper une partie du Nord-Kivu et y installer son « Etat« .
Tous les groupes armés signataires de cet Accord, étaient d’office intégrés dans les FARDC. C’est ainsi qu’on retrouvera des chefs Maï Maï qui avec le grade de colonel qui avec celui du général Bosco Ntaganda du CNDP s’est vu bombarder le grade de général de brigade et était affecté dans la ville de Goma.
Pourtant, avant même la fin de cette année 2009, tous les chefs Maï Maï colonels et généraux étaient retournés, en brousse pour reprendre les hostilités. Côté CNDP qui était constitué, pour l’essentiel, de soldats Tutsi, ils n’obéissaient plus aux ordres de Kinshasa partout où ils étaient affectés. Ils étaient de fait en rébellion. Laquelle a éclaté en 2013 sous la dénomination de M-23.
L’erreur monumentale, c’était d’avoir intégré dans l’armée nationale ces seigneurs de guerre qui passent de rébellion en rébellions. Depuis à Kinshasa on avait pris l’option de ne jamais intégrer les membres des groupes armés dans l’armée nationale. Le seul chemin pour eux, c’est désarmer volontairement pour être éligible au programme Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) où après ce processus ils sont réinsérés dans leurs communautés. KANDOLO M.