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Le «Maître de Maîtres» laisse d’actualité sa prospective « Université de l’an 2000 » publiée en 1976 aux PUZ
Maître, c’est-à-dire trois barrettes sur sa toge de professeur dans le système belge avec une, la dernière s’ajoutant aux deux de Docteur, de l’Université catholique de Louvain (UCL) où il devient professeur en 1957, Tharcisse Tshibangu Tshishiku est déjà ordonné Prêtre de l’Eglise catholique. A l’UCL, l’homme brille de mille feux et épate le monde scientifique par la pertinence de ses recherches. Il publie discontinum travaux sur travaux qui font vibrer la communauté scientifique internationale qui l’adoube et le convie à des conférences aux quatre coins du monde. Ceci, c’est la séquence du Maître en théologie.
En 1966, il débarque à Kinshasa où il devient vice-recteur de l’Université Lova,ium de Kinshasa avec comme recteur Mgr Luc Gillon. Dans l’entretemps, le Pape Paul VI l’ordonne Monseigneur et le désigne comme Evêque auxiliaire de Joseph Malula alors Archevêque de Kinshasa. En 1967, Mgr Tharcisse Tshibangu devient recteur de l’Université Lovanium de Kinshasa avec le qualificatif académique de «Recteur magnifique».
En 1968, le recteur magnifique de l’Université de Kinshasa fait face à des troubles estudiantins jamais connus où son université est fermée tandis que les étudiants sont tous enrôlés dans l’armée sur ordre de Mobutu, le Président de la république. Les mêmes événements se répètent en 1971 mais dans une ampleur moindre. TShibangu Tshishiku tient bon jusque du reste à la réforme du secteur de l’Enseignement supérieur d’octobre 1971.
Ces réformes suppriment les trois universités, notamment Lovanium à Kinshasa qui était catholique officielle à Lubumbashi – UOC – «Université officielle du Congo» et protestante dans la ville de Kisangani pour les fondre toutes dans une seule et unique entité, l’Unaza (Université nationale du Zaïre). Ces trois anciennes universités deviennent des campus dans leurs villes respectives auxquelles on a ajouté une flopée d’Instituts supérieurs, tous publics sous l’autorité du Rectorat de l’Unaza.
C’est encore une fois à Mgr Tharcisse Tshibangu Tshishiku, le recteur magnifique de l’Université Lovanium de Kinshasa qu’echet cette charge. Il devient désormais recteur magnifique de l’Unaza et administre en conséquence les trois anciennes universités et une constellation d’Instituts supérieurs publics disséminés dans tout le pays.
Ce qui ne va pas du tout le détourner de la recherche scientifique. Loin s’en faut. Il publie travaux sur travaux. Comme par exemple en 1976 sa prospective intitulée «l’Université de l’an 2000». En gros, le professeur Tshibangu Tshishiku démontre qu’en l’an 2000, notre université sera en faillite. Qui pouvait le croire ? On n’était qu’en 1976, très très loin de l’an 2000. Mais en 2000, on lui donne raison. En 2000, on est sous le régime de Laurent-Désiré Kabila, l’université n’était-elle pas déjà en faillite auparavant ?
Un état des faits qui empire aujourd’hui où Tshibangu Tshishiku passe de ce monde à l’au-delà. L’université de l’ère Félix Tshisekedi n’existe pas. Le diplôme universitaire en RDC qui est vendu à coups de billet de dollars US, n’a aucune valeur. Ses titres académiques sont méconnus sur les places universitaires même d’Afrique pour ne pas parler de l’Occident.
En 1981 intervient une autre réforme du secteur de l’Enseignement supérieur et universitaire qui supprime l’Unaza et crée des universités et des instituts supérieurs techniques et instituts supérieurs pédagogiques, tous public.
Les premiers, constitués de trois anciennes universités de Kinshasa, Lubumbashi et Kisangani sont regroupés dans la Conseil d’administration des universités dirigé par un président, le conseil d’administration des universités, un poste qu’il occupe jusqu’à sa mort, soit 40 ans au service de la formation de l’élite de demain.
Mais en privé lorsque l’on pouvait le rencontrer à sa résidence de Righini où il continuait à habiter et où il tenait des rencontres du Conseil d’administration des universités, on sentait que Mgr Tshibangu avait du mal à casser sa nostalgie pour l’Unaza où à la minute, à partir de Kinshasa il pouvait être informé sur ce qui se passait dans un ISP (Institut supérieur pédagogique) lointain, dans un coin reculé du pays et agir en conséquence.
A l’Eglise catholique, Mgr Tshibangu est toujours Evêque auxiliaire de Kinshasa/Ouest avec Mgr Moke Montswere pour l’Est jusqu’à la mort du cardinal Joseph Malula en 1989. En 1992, à la mort de Mgr Nkongolo, le Pape Jean-Paul II le nomme Evêque du diocèse de Mbuji-Mayi dans le Kasaï Oriental où il sert Dieu jusqu’en 2009, l’année où il atteint la limite canonique de la retraite et devient Evêque Emérite.
Tshibangu Tshishiku est né à Kipushi, alors cité minière de l’Union minière du Haut-Katanga (UMHK) actuellement Gécamines, à 30 km de Lubumbashi. Il était très attaché au Katanga où il a ses racines et militait pour la création de l’Université de Kipushi qui n’arrivera plus de son vivant.
Sur le plan politique, Mgr Tshibangu Tshishiku était à l’opposé de son ami et confident le Cardinal Malula qui était considéré comme un opposant politique notoire, Mgr Tshibangu avait de l’admiration pour Mobutu. Il jouait souvent le pont entre ces deux personnes qui se détestaient même. Ce que n’ont pas digéré les conférenciers de la Conférence nationale souveraine (CNS) lorsque, lors de son intervention, il continuait à appeler Mobutu, le Président Mobutu là où la salle entendait «dictateur». KANDOLO M.