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La Rd Congo dans le schéma du Zaïre des années 90 !
* Dès lors, la classe politique appelée à plus de responsabilité pour rendre le pays attrayant.
La situation sécuritaire dans l’Est de la RD Congo, a ceci de particulier qu’elle a fini par installer le pays dans une psychose généralisée. Dire que depuis quelques semaines, le conflit Yaka-Teke à Kwamouth, dans la province du Maï-Ndombe, toute proportion gardée, la situation dans quelques villages du Kwilu, ont davantage amplifié ce «délire» collectif des Kinois. Normal, compte tenu de la proximité géographique de ces deux provinces par rapport à la capitale du pays.
Dans cette valse d’informations dont personne n’est encore capable d’apporter la moindre preuve, tout est dit. L’ennemi opérant à visage couvert est clairement identifié: des «soldats Rwandais». Les mêmes qui ont déstabilisé l’Est de la République démocratique du Congo, auraient réussi à infiltrer certaines provinces et la capitale. On leur attribue même les récentes tueries de Kwamouth à Maï-Ndombe et de Bikusu dans le Kwilu.
A la suite de ces rumeurs, la rue de Kinshasa s’emballe. Sur les réseaux sociaux, tout y est ou presque. Tout le monde spécule. Dans tous les sens. Des internautes interactifs, jouant le rôle alternatif d’émetteur et de récepteur, relayent sans filtre, tout ce qui tombe sur leur Smart.
Pas plus tard que le week-end denier, que n’a-t-on pas entendu dans et de la ville haute? Certains sont allés jusqu’à répandre la nouvelle selon laquelle, on aurait arrêté des sujets rwandais au quartier Kingasani dans la commune de Kimbanseke à Tshangu, considéré comme la zone rouge dans l’Est de Kinshasa.
Quelque deux jours auparavant, une autre rumeur a fait état de trois «Rwandais» déguisés en fous, que la Police nationale congolaise (PNC), aurait démasqués et arrêtés avec des téléphones intelligents, au cours d’une opération de bouclage dans la commune de Barumbu. Information non confirmée par aucune autorité civile ni policière à Kinshasa.
Qui pis est, dans cette même foire aux agiotages sur des plateformes de réseaux sociaux, circulent des messages sans authenticité, demandant aux Kinois de rentrer chez soi, au plus tard 19 heures. Autrement dit, toute sortie ou promenade après 19 heures, sur les rues de la capitale, exposerait au péril. Motif : «des Gangs rwandais» seraient bien présents à Kinshasa. Tant mieux, si cela pourrait dans une certaine mesure, permettre à certains foyers de retrouver leur harmonie. Particulièrement, les ménages où les hommes sont réputés couche-tard.
Entretemps, il n’y a encore aucun communiqué officiel ni des autorités policières de la ville ni du Gouvernement qui certifie ou infirme ces allégations relayées par monsieur tout le monde. Moralité, la rue se trouve confortée dans sa thèse !
UN MAUVAIS MESSAGE AUX INVESTISSEURS POTENTIELS
De moins en moins, la rue de Kinshasa parle des bandits urbains, communément appelés «Kuluna». Comme souligner ci-dessus, les Kinois ont donc identifié à leur manière, de nouveaux acteurs de l’insécurité dans la ville.
Aussi étonnant que cela puisse paraître, la même hypothèse de l’infiltration est soutenue à demi-mots, par certains responsables de la classe politique. Lorsqu’ils abordent la question de Kwmouth ou de l’insécurité dans les provinces du Kwilu et du Kwango, des acteurs politiques, toutes tendances confondues, en rajoutent au tumulte ambiant.
Dès lors, la question que l’on devrait se poser est celle de savoir : quel est le message que les Congolais en général et les Kinois en particulier, donnent aux expatriés, potentiels investisseurs ? Subsidiairement, quelle est l’image que l’on donne du pays en dehors de ses frontières ? Qui est le grand perdant de cette psychose qui se généralise dans la ville ? Voilà, autant de vraies questions que ceux qui, à quelque degré de responsabilité, participent à la gestion du pays.
A priori, la RD Congo sort perdante de ces hallucinations qui semblent s’installer. A partir du moment où la nation est présentée comme un pays à très haut risque, on verrait mal qu’un détenteur de capitaux sérieux, prenne les risques d’y investir.
Certes, il se pose des problèmes sécuritaires réels dans l’Est du pays. L’occupation, depuis trois mois, de la cité de Bunagana dans la province rd congolaise du Nord-Kivu, frontalière avec le Rwanda et l’Ouganda, en est une illustration parfaite. Il n’est donc un secret pour personne que la partie précitée de la province volcanique de la RD Congo, est à ce jour sous le contrôle des rebelles du M23, lourdement soutenus par l’armée rwandaise.
Cependant, d’aucuns pensent que cette situation d’insécurité de l’Est et, dans une certaine mesure au Centre, ne suffit pas pour vendre une très mauvaise image de la RD Congo. Ce, dans la mesure où ces différents messages paraissent antinomiques à l’appel aux investissements lancé par le Gouvernement. Car, l’assainissement du climat des affaires en RD Congo doit s’accommoder avec un environnement sécurisé et rassurant.
Pierre Meyer, prof à l’Université de Ouagadougou et expert en doit OHADA (Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires), note avec insistance que «la sécurité, qu’elle soit juridique ou judiciaire, est une valeur essentielle et même indispensable à l’essor des activités économiques et à la promotion des investissements. Il est, sans nul doute exact qu’aucune activité économique durable ne peut raisonnablement être entreprise sans la sécurité».
Ici comme ailleurs, les investissements pris au premier degré de l’expression, ne rentrent pas dans les prérogatives de l’Etat. C’est plutôt le rôle des privés. Partant, la fonction de l’Etat est réduite à celle de créer des conditions favorables pour, justement, attirer les investisseurs. Ainsi, les efforts à rendre le pays plus attractif sont plus qu’un impératif pour l’Etat congolais.
LE SCHEMA DES ANNEES 90
A défaut d’être un éternel recommencement, l’histoire bégaye. La situation actuelle en RD Congo, particulièrement à Kinshasa, semble inscrire le pays dans le schéma de l’ex-république du Zaïre des années 90. Les Zaïrois d’alors, Congolais aujourd’hui, gardent encore frais dans leur mémoire collective, les souvenirs inaltérables du crépuscule du régime du défunt maréchal Mobutu.
Le pouvoir de l’époque, très secoué par la rébellion de l’Alliance des forces démocratiques de libération (AFDL), conduite par feu M’Zee Laurent-Désiré Kabila, a également été victime des rumeurs de tous genres qui avaient conforté dans les esprits des expatriés, l’opinion selon laquelle le Zaïre était un pays à très haut risque. Conséquence logique de ces rumeurs : aucun investisseur n’avait apporté ses capitaux.
A ce jour, tout semble donc montrer que nous sommes dans ce même schéma. A une année de la fin constitutionnelle du quinquennat en cours du Président Félix Tshisekedi, on peut légitimement se poser la question de savoir combien d’investisseurs sont réellement arrivés en RD Congo. Les Congolais qui posent cette question ont sans doute la réponse.
A tous égards, plus d’un analyste conclut que face à la situation actuelle, il incombe aux dirigeants du pays, quels que soient leurs bords politiques, d’assumer leurs responsabilités. Ces assignations se résument en des discours, des messages responsables, gages d’une bonne image du pays à l’étranger. Le pays ressemblant à la fameuse case qui brûle, impose à ses fils l’obligation de réunir leurs efforts afin d’éteindre les flammes. Quitte à reprendre, si nécessaire, leurs inimitiés après. Grevisse KABREL