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La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
«To changer» peut avoir…
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La course à l’échalote… présidentielle
Très tentant d’emprunter à l’antiquité romaine l’expression latine » primo manducare deinde philosophare » (d’abord manger , ensuite philosopher) pour l’appliquer en la paraphrasant au contexte électoral rd congolais . » D’abord annoncer sa candidature à la présidentielle, ensuite réfléchir à tout le reste » c’est-à-dire la vision, l’offre politique, le programme et même les modalités des élections. En somme, c’est le » je suis candidat à la magistrature suprême donc j’existe« . Père du doute méthodique, le philosophe rationaliste René Descartes appréciera. Même outre-tombe.
Le congrès ? Une simple formalité pour entériner ce qui est antérieur à sa tenue. A savoir la vocation -de droit divin- de l’autorité morale, du fondateur et/ou du président national à être l’unique candidat à l’élection présidentielle. Et afin que nul ne doute de l’accomplissement parfait de la prophétie, c’est à l’unanimité que l’on investit le candidat-président. La messe plébiscitaire est dite.
Les militants n’ont le choix qu’entre dire amen ou applaudir à tout rompre. Ou les deux. Le plus souvent les deux. Ainsi naissent les postulants à la plus haute charge ou plus haut privilège de l’Etat.
A mesure que l’on s’approche de l’échéance-couperet, des vocations en mode express iront crescendo. La liste des présidentiables déclarés ira s’allongeant.
Peu importe les défis himalayens qui sont ceux de la RDC. La guerre ? L’étiolement de l’autorité de l’Etat dû au déficit criant du maillage régalien du territoire ? L’appauvrissement des populations? La place de la RDC sur l’échiquier géopolitique africain ? Bref, tous ces grands et vrais sujets attendront. Le principal est d’être candidat à la fonction suprême.
Mutatis mutandis, à l’échelle des chambres législatives et des organes délibérants, le leitmotiv est le même. Faire acte de candidature -kotiya libaya en kinois-, le reste après. D’où l’overdose au niveau des aspirants à l’Hémicycle ainsi qu’aux assemblées provinciales. José NAWEJ