Dernière minute
Société
La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
«To changer» peut avoir…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
La Belgique, par son vice-Premier ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a condamné, hier mercredi 21 octobre sans détour, le choix de l’ancien président de la République Joseph Kabila…
Étranger
La RDC veut conquérir davantage de parts du marché chinois grâce à une meilleure organisation de ses filières agricoles. L’Anapex a mis en place une Task Force dédiée prioritairement au piment,…
Nation
Au total sept (7) véhicules, dont deux camions de marque Kamaz, trois jeeps Land Cruiser et deux ambulances, ont été remis le lundi 19 octobre aux Forces armées de la République démocratique du…
Kuluna, du miroir au mouroir
Répugnant, dégueulasse, immonde… aucun adjectif n’est de trop pour qualifier le « phénomène Kuluna« . Les déferlantes de ces bandes de hors-la-loi ont, hélas, achevé de faire partie de l’écosystème kinois. Bronca, clameur, haro…rien n’empêche les kuluna de prospérer et, à la manière des terroristes du M23, d’occuper des pans de la ville, transformés en zones de non droit.
Parmi les plus récents hauts faits macabres signalés, celui de la commune de Lingwala dont la vidéo est déjà devenue virale sur les réseaux sociaux. Des images difficilement soutenables.
Pourtant, ces scènes d’horreur sont le reflet de la société rd congolaise. Les « kuluna » renvoient aussi brusquement que brutalement -il est vrai- une image de nous-mêmes que personne ne veut voir! Ces milliers de jeunes désoeuvrés, paumés, abandonnés à leur triste sort, avec pour seule perspective que la rue, sont le résultat de la navigation à vue qui tient de gouvernance depuis des lustres. Comment pouvait-on s’attendre à autre chose de la part d’une jeunesse en laquelle on a cessé d’investir depuis des siècles ?
Depuis le régime Mobutu, les différents pouvoirs rivalisent de slogans généreux pro jeunes. Sans plus. Les partis politiques utilisent les mêmes jeunes comme de la chair à canon pour accéder au pouvoir. Ou, tout aussi grave, les instrumentalisent pour des actes de violence et de pillage pour les mêmes fins. Une fois aux affaires, seule la politique du tube digestif et d’enrichissement personnel à la vitesse grand V tiennent lieu de programme. Aux oubliettes la jeunesse !
Sur la durée, cette absence d’une vraie politique pour la jeunesse dans un pays très majoritairement jeune alimente le terreau de la délinquance juvénile à vaste échelle. En vendant du vent à longueur de mandat, voilà que les gouvernants-tous régimes confondus- récoltent la tempête.
Du miroir au mouroir, le phénomène Kuluna a désormais tout d’un cancer métastasé. Au stade actuel, le tout sécuritaire même doublé de l’acheminement à Kaniama Kasese apparaisse comme des palliatifs à court terme.
Au regard du « bel immonde » façon Mudimbe que représente la gangrène Kuluna, ceux des dirigeants solubles dans la lecture peuvent se souvenir…, à leurs dépens, de la citation d’Albert Camus: « il peut y avoir de la honte à être heureux tout seul« . José NAWEJ