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Kasaï-Central : Des badauds agressent une femme et lui arrachent 600 000 FC
La situation sécuritaire demeure très préoccupante dans le territoire de Demba, particulièrement dans la zone de Bakuambuyi (secteur de Lusonge, à environ 60 km au nord-ouest du chef-lieu du territoire) au Kasaï-Central. Des actes d'incivisme et de banditisme routier, caractérisés par l'installation de barrières illégales, ont dégénéré en une agression violente et un vol à main armée, le samedi 25 octobre, alertant sur la dégradation de l'ordre public dans cette région.
Des sources locales rapportent que la route reliant Bakuambuyi à Bakuankenge (territoire voisin de Mweka) est régulièrement obstruée par des barrages érigés par un groupe de jeunes du village. Ces barrières illégales, communément appelées " salongo " (en référence détournée au travail communautaire), sont utilisées pour racketter les usagers de la route.
Les principales victimes de cette extorsion sont les cyclistes qui transportent des marchandises essentielles entre les deux territoires. Ces jeunes exigent systématiquement le paiement de sommes d'argent pour autoriser le passage.
UNE AGRESSION PHYSIQUE ET UN VOL DE 600 000 FC
La situation a atteint un seuil critique avec l'agression brutale d'une femme qui accompagnait des colporteurs pour des achats à Bakuankenge. Interceptée par les jeunes, elle a refusé de payer le montant exigé, ce qui a déclenché une vive altercation.
La victime a témoigné de la violence subie, lançant un appel direct aux autorités :
"J'ai été attaquée par des jeunes du village. Ils m'ont frappée et m'ont arraché une somme de 600.000 francs congolais. Je demande aux autorités de m'aider à récupérer mon argent ", a-t-elle déclaré au micro de notre confrère de reveil-congo.net.
Elle précise avoir proposé 500 FC, mais les agresseurs réclamaient le double, soit 1 000 FC, avant que l'altercation ne dégénère en bagarre, puis en vol.
Possible complicité
Le mari de la victime, de retour de Bakuankenge, a pris la mesure de l'agression subie par son épouse. Il s'est immédiatement rendu auprès des autorités militaires locales pour déposer plainte.
Toutefois, l'intervention des forces de l'ordre a été contrecarrée. Les présumés agresseurs ont pris la fuite avant l'arrivée des militaires. Plus grave encore, le mari a affirmé avoir été menacé par certains habitants du village qui s'opposaient à l'arrestation des jeunes incriminés, révélant une possible complicité ou un soutien local à ces pratiques illégales.
Face à l'impunité et aux menaces, le mari de la victime lance un cri de détresse aux autorités judiciaires, les appelant à se saisir de ce dossier de manière urgente et rigoureuse pour que justice soit rendue, que les coupables soient appréhendés et que les 600 000 FC volés soient restitués. Cette affaire souligne l'urgence d'une intervention des forces de sécurité et de l'appareil judiciaire pour démanteler les réseaux de racket et rétablir la sécurité sur les axes routiers du territoire de Demba.
Félix MULUMBA KALEMBA