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Kananga : Le dollar dégringole, les prix des biens s'accrochent
* Colère des consommateurs et grincements de dents des commerçants.
Le chef-lieu de la province du Kasaï-Central, Kananga, est actuellement le théâtre d'un paradoxe économique criant. Alors que le taux du dollar américain poursuit sa baisse sur le marché de change, cette évolution monétaire favorable n'a pas réussi à se répercuter significativement sur les prix des biens de première nécessité. Une situation qui génère colère, incompréhension et alimente les tensions entre commerçants et consommateurs.
Il y a peu, le dollar se négociait à plus de 2 800 FC. Aujourd'hui, il est descendu à 2 500 FC, voire moins chez certains cambistes. Sur le papier, cette baisse est significative. Cependant, une ronde effectuée le vendredi 3 octobre à travers les principaux marchés de la ville, notamment à Tshikaji, Plateau, Kananga 1 et Ndesha, révèle que les prix restent anormalement élevés. Pour le consommateur, la réalité du panier de la ménagère reste inchangée.
Un facteur supplémentaire de confusion réside dans l'irrégularité des taux pratiqués par les cambistes. De nombreux témoignages recueillis hier mardi 7 octobre, font état d'une disparité flagrante entre le taux d'achat et celui de vente du dollar. Un jeune opérateur économique a dénoncé : " Aujourd'hui, si je veux acheter un dollar, on me le vend à 2 500 FC, mais si je veux vendre, on me l'achète à 2 250 FC. C'est une double peine. " Cette pratique désavantage directement les petits commerçants et rend incertaine toute planification financière.
JUSTIFICATIONS DES VENDEURS ET UNIQUE ÉCLAIRCIE
Du côté des commerçants, la justification de l'immobilisme des prix est quasi unanime. Ils soutiennent que les marchandises actuellement en stock ont été acquises au taux de change élevé d'il y a quelques semaines.
" Nous comprenons la frustration des clients, mais nous ne pouvons pas vendre à perte. Tant que nos stocks sont encore issus des anciens taux, les prix restent inchangés. Ce n'est que lorsque nous allons renouveler les commandes que la baisse pourra se faire sentir ", explique un commerçant du marché Tshiamba N'diba.
Cependant, cette posture est jugée discutable par les consommateurs et certains analystes, qui estiment que les vendeurs exploitent cette période de transition pour maintenir des marges bénéficiaires élevées.
Seul le secteur des produits pétroliers a connu un timide réajustement. Le litre d'essence, qui coûtait 5 500 FC, est désormais vendu à 4 900 FC dans certaines stations-service. Une baisse qui soulage partiellement les conducteurs, mais qui n'a eu, à ce jour, aucun impact visible sur les coûts de transport urbain, les tarifs des taxis-motos et taxis-bus restant inchangés.
L'ÉTAT APPELE A REGULER CONTRE LA SPÉCULATION
L'immobilisme des prix des biens de première nécessité - tels que l'huile végétale, le riz, le sucre, le savon ou la farine - malgré la baisse du taux du dollar, exaspère la population. Une mère de famille rencontrée au marché Salongo déplore : " Le prix [...] reste au niveau d'il y a deux semaines, alors que le taux a nettement baissé. "
Face à cette situation, des voix, notamment au sein de la société civile et des économistes locaux, s'élèvent pour appeler les autorités provinciales et centrales à réguler le marché. L'État est exhorté à jouer pleinement son rôle de régulateur pour éviter la spéculation abusive, particulièrement sur les denrées vitales.
" Une baisse du dollar doit normalement soulager les populations. Si tel n'est pas le cas, c'est qu'il y a une faille quelque part. Il faut que les services économiques interviennent ", suggère un économiste.
LE DOLLAR, UN MIRAGE DANS LES MARCHÉS
La baisse du taux du dollar à Kananga n'est, pour l'instant, qu'un soulagement théorique. Sur le terrain, les réalités demeurent inchangées, et les consommateurs continuent de subir de plein fouet une inflation silencieuse.
Pour qu'un véritable soulagement soit perceptible et que les prix s'alignent sur la nouvelle réalité monétaire, il faudra non seulement un renouvellement des stocks commerciaux à des taux actualisés, mais surtout l'instauration d'une transparence dans la fixation des prix et un suivi rigoureux par les services compétents. Sans cette régulation et ce contrôle, la baisse du dollar risque de rester un simple mirage dans les marchés populaires de la ville de Kananga, au détriment du pouvoir d'achat des ménages.
Félix MULUMBA Kalemba