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JOURNEE DE LUTTE CONTRE L’IMPUNITE DES CRIMES COMMIS CONTRE LES JOURNALISTES : JED présente »Les nouveaux visages de la censure en RDC »
*Patrick Muyaya a profité de l’occasion pour exhorter les journalistes à plus de responsabilités.
L’ONG Journaliste en Danger (JED) vient de publier son tout récent rapport intitulé « Nouvelle Loi sur la presse, nouveaux abus contre les journalistes : Les nouveaux visages de la censure en RD Congo ». Ce rapport a été publié le samedi 2 novembre dernier à Kinshasa à l’occasion de la commémoration de la Journée internationale de lutte contre l’impunité des crimes commis contre les journalistes.
C’est en présence de Patrick Muyaya, porte-parole du Gouvernement et ministre de la Communication et des Médias, que ce rapport a été publié. Ce rapport se montre critique face à la liberté de la presse en RDC.
« En dépit de la promulgation de la nouvelle Loi, la situation générale de l’après Etats généraux de la presse, tenus en 2022, se caractérise par des tentatives répétées de museler la presse ou d’imposer une ligne de conduite aux organes de presse, et de réduire au silence les voix discordantes« , soulignent les rédacteurs de ce rapport dont la couverture présente les visages des personnes ciblées par le rapport.
A titre illustratif, le rapport de JED évoque de « graves » décisions prises par le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) en février 2024. Il s’agit notamment de l’interdiction faite aux médias de diffuser des informations en rapport avec la rébellion dans l’Est de la RDC.
La mesure portait aussi sur la diffusion des débats ou des émissions à téléphones ouverts à propos des opérations militaires ou même d’interviewer les forces dites »négatives ». Ce qui constitue, selon JED, des actes de censure qui violent les droits garantis par la Constitution.
JED évoque plusieurs autres cas d’entrave à la liberté de l’information et au travail des journalistes. De même, des tentatives de contrôle politique sur les médias ou d’assujettissements de l’information à des fins privées. Ainsi, ce rapport cible des « nouveaux prédateurs qui incarnent, désormais, la censure et la volonté de musellement de la presse au Congo ». « On les retrouve à Kinshasa ou en provinces; dans les institutions ou dans les services de sécurité; dans les zones sous occupations des rebelles à l’Est ou sous contrôle du gouvernement« , précise le rapport.
Au regard de ce rapport, le ministre Patrick Muyaya a aussitôt réagi pour éclairer la lanterne de l’opinion. Il a toutefois souligné n’avoir pas reçu, au préalable, ce document avant d’arriver sur le lieu de la cérémonie.
Pour le ministre Muyaya, il y a lieu de relever la responsabilité des journalistes dans le traitement de l’information. Il a, à cet effet, encouragé les journalistes à pratiquer l’autocensure avant de diffuser certaines informations sensibles.
« Il y a, dans notre contexte, des journalistes qui ne les sont pas au sens strict du terme, mais qui bénéficient de la couverture du métier. Ils s’adonnent, malheureusement, à la désinformation, à la diffamation… et c’est connu de vous… Nous savons tous qu’ils dérapent« , a dit le ministre.
S’agissant de la diffusion des informations de guerre ou de sécurité, le ministre de la Communication et Médias se joint à la position du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSA) qui, à travers une directive a demandé aux médias et journalistes de ne pas parler de la situation dans l’Est sans se référer aux autorités publiques ou militaires compétentes, au risque de diffamer ou de dérouter les consommateurs de leurs contenus.
« D’un point de vue, cela peut paraître, comme vous le dites, une entrave, mais d’un autre point de vue, non. Parce que, comment vous voulez couvrir une situation de sécurité sans que vous ne puissiez donner la parole à ceux qui sont censés en être le garant ? », s’est-il interrogé.
Patrick Muyaya a estimé qu’une fois ses organes établis, l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC) devrait aider à mettre de l’ordre dans la corporation. « Nous devons faire une coalition pour protéger (la liberté d’expression). C’est pour ça qu’il est important, et c’est pour ça que c’était un objectif majeur pour nous, dans le cadre du gouvernement d’accompagner l’installation d’une nouvelle UNPC et d’entrevoir avec JED, notamment, comment cette fois-ci nous allons travailler pour une meilleure compréhension de ce que dit la loi », a confié le porte-parole du gouvernement.
Face à l’assistance, Patrick Muyaya s’est interrogé s’il serait venu à la cérémonie au cas où son visage serait aussi placé sur la couverture du rapport aux côtés des personnes accusées de favoriser la censure.
K. M