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La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
«To changer» peut avoir…
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A l’heure et à l’ère des opérations conjointes…
Jamais un sans deux, dit-on. Une opération peut en appeler-en cacher ?- une autre. Après l’opération conjointe FARDC-UPDF pour éradiquer le mouvement terroriste ADF, voici la campagne policière mixte (RDC-Rwanda) pour sécuriser la ville de Goma.
Il y a sans doute de bonnes raisons pour que Kinshasa et Kigali conviennent de cette coopération au niveau de deux polices. La sécurité n’ayant pas de prix. Mieux, elle est le prix à payer pour le développement.
Même si, tels des chats échaudés craignant même l’eau froide, les Congolais aimeraient connaître les contours juridiques de ces opérations. Les voisins de l’Est ayant la fâcheuse réputation de brandir des factures synonymes de » casus belli » pour » légitimer » leurs atteintes répétées à l’intégrité du territoire rd congolais.
Pas besoin, cependant, d’un sondage pour imaginer la réaction des Congolais. Surtout ceux de l’Est du pays. Inutile de se cacher derrière ses petits doigts. Le référentiel » Rwanda » renvoie, en effet, à l’agression-occupation. Si elle n’est plus béante, la plaie requiert au minimum un mea culpa dénué de la moindre velléité révisionniste en guise de cautérisation.
Loin d’être anecdotique, ce confiteor de la part du pouvoir rwandais- le même depuis- aurait un effet symboliquement réparateur côté congolais. Difficile de faire d’un trait table rase d’un passé aussi horrible.
Même la plus généreuse de coopérations suppose dans le cas d’espèce que l’on solde les comptes de l’agression et non qu’on la fasse passer par pertes et profits. L’expertise rwandaise ne vaut pas pareil déni.
Pas sûr que Kigali soit enclin à assumer son passé récent sur la terre rd congolaise. Les officiels rwandais ne manquant aucune occasion de décliner toute responsabilité dans les massacres à vaste échelle documentés par l’ONU.
Mwenga, Kasika, Makobola,…Kisangani des villes et localités parmi tant d’autres où des Congolais et , en particulier des congolaises, ont payé le plus lourd tribut de l’occupation rwandaise. Ce n’est pas Dr Denis Mukwege, Prix Nobel de la paix, qui dirait le contraire. Des horreurs que la RDC ne saurait sacrifier sur l’autel des opérations conjointes.
D’autant moins que pour le coup les pompiers d’aujourd’hui sont les pyromanes d’hier. Un oxymore que l’on peut résumer par cette formule : de l’agression rwando-ougandaise à l’expertise tout aussi rwando-ougandaise. José NAWEJ