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Les enseignants exigent des biens en nature à la place du travail manuel
Depuis quelques années, le travail manuel a cédé la place à des articles en nature, exigés par les enseignants, tels que les savons, les papiers hygiéniques ou l’argent en espèces. Les élèves ne sont plus soumis à cet exercice qui consistait à stimuler leur créativité et à leur permettre de s’exercer physiquement, notamment en rendant l’environnement propre. Les tout-petits ne savent même pas en quoi consiste le travail manuel.
La plupart des parents d’élèves se plaignent de cette pratique qui a élu domicile dans de nombreuses écoles de Kinshasa, surtout à l’approche de grandes vacances. Pour certains parents, en recourant aux biens en nature ou en espèces, les enseignants veulent profiter des vacances pour faire des réserves de certains produits pendant ce temps. D’autres considèrent que les enseignants sont devenus eux-mêmes paresseux, si bien qu’ils n’arrivent plus à initier les élèves à « l’artisanat ».
« Mon enfant m’a dit que leur maîtresse d’école a demandé trois savons Lecoq comme travail manuel. Je l’ai fait sinon l’enfant n’aura pas de notes », révèle Ebuele Ndaka, parent d’un élève de la 2ème année dans une école primaire de N’djili.
Un autre parent, Antoinette Ngola, dont la fille étudie dans un établissement privé à Yolo fait une autre révèlation à ce sujet : « la maîtresse d’école de ma fille a demandé à chaque élève d’apporter un verre de haricots. Je suis allée avec au marché. Lorsque je me suis pointé devant un étalage pour acheter, elle a refusé. Elle a dit que la maîtresse avait demandé qu’on achète ca (pointant du doigt la qualité que leur maîtresse d’école avait exigée). C’est pour vous dire qu’elle avait même déterminé non seulement la qualité, mais aussi la quantité. Vous vous imaginez, s’il ya 50 élèves dans une même classe, multiplier par autant, elle aura combien de kilos ?. C’est toute une provision pour la durée des vacances. Comment les haricots peuvent-ils remplacer le travail manuel. C’est de l’exploitation ».
« Je venais d’acheter deux rouleaux des papiers hygéniques à mon fils. C’est leur instituteur qui l’a demandé pour le travail manuel », affirmeAlphonse Ngita.
« Le monde a changé. De mon temps, ce n’était pas ainsi. Nous étions obligés de faire le nettoyage des classes, le sarclage de la cours de l’école ou le ramassage des papiers et autres objets insalubres. De fois, on nous demandait de fabriquer des objets en bois en forme des voitures ou des objets en forme des carré ou rectangle ».
Des exemples et des témoignages sont légions. Des professeurs profitent de grandes vacances pour se faire une provision des certains produits et avoir un peu d’argent pour combler le vide pendant le moment de « sevrage » avec les enfants. « Autre temps, autres mœurs », dit-on. Dina BUHAKE