Dernière minute
Société
Une de voies principales de Kimbanseke, partant de l'arrêt Pascal, la route Mokali qui part du boulevard Lumumba vers le fin fond de la commune de Kimbanseke, se trouve dans un état de délabrement avancé depuis des années.
Malgré les appels et les cris de détresse de la population de…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
Le projet du gouvernement congolais "Couloir vert Kivu- Kinshasa", reliant l'Est et l'Ouest de la République démocratique du Congo (RDC), a été évoqué comme une initiative écologique majeure, pour…
Étranger
Le professeur Amine Laghidi a reçu dernièrement le Prix spécial du Sommet lors du Sommet de Trieste. Il devient ainsi le premier Marocain, le premier Africain et le premier Arabe à recevoir cette…
Nation
Le député national Gaborian Mboma Kumeza réconforte le pasteur Samba ainsi que le personnel soignant, les malades du Centre de santé.
Plusieurs téléphones des intercesseurs en pleine…
Kalamu: les habitants de Yolo-Sud à la merci des «kuluna»
Plusieurs communes de la ville de Kinshasa ou presque toutes sont exposées au banditisme urbain, communément appelé «phénomène kuluna». Avec ses sept quartiers, la commune de Kalamu ne fait pas exception à la règle.
Au quartier Yolo-Sud, les habitants sont à la merci de ces délinquants, ne sachant pas à quel saint se vouer.
Comme pris dans un étau, la population de ce quartier surnommé autrefois «Dallas» assiste impuissante aux différentes opérations menées par ces groupes.
Quelques témoins de ces affres signés par ces jeunes désœuvrés n’ont pas hésité à partager le calvaire qu’ils vivent au quotidien, du fait de l’activité des kuluna. Un phénomène qui prend chaque jour qui passe un peu plus d’ampleur sur le terrain.
LA PLUIE, UN DECLIC POUR LES BAGARRES DE RUE
«A Yolo-Sud, comme ailleurs, les kulunas opèrent généralement en bande. A leur passif, on cite des bagarres entre gangs, la journée ou le soir. Ils adorent s’affronter particulièrement quand il pleut. Ils commencent souvent par des affrontements à distance, se lançant des projectiles (pierres). Puis, place au corps-à-corps. Là, ils se donnent, avec une cruauté inouïe, des coups de machette, comme si leurs partenaires étaient du simple gibier. Certains combattants y laissent leur peau ou se blessent grièvement. Pendant ces heurts, ils détruisent tout sur le terrain de la bataille : voitures stationnées, vitres des maisons voisines…», raconte Blaise M, responsable d’une boutique sur la chaussée de Kimwenza.
«Les kulunas se sentent très à l’aise aussi dans les vols, les extorsions et autres confiscations des biens de valeur des passants. Ils opèrent aisément aussi bien la journée que pendant la nuit. Au point que circuler à des heures tardives est un véritable suicide pour qui veut oser».
Il faut bien choisir son itinéraire lorsqu’on circule dans le quartier, de peur de se jeter dans la gueule du loup, entre les mains des Kulunas. Quand cela arrive, les kulunas vous ravissent tout ce que vous avez de valeur sur vous», déclare Bijou N., vendeuse de pain à Yolo-Sud.
«Un jour, nos voisins ont organisé une fête. Des kulunas ont surgi soudainement, en pleine journée. Créant une grande panique, ils ont ravi aux invités des biens de valeurs : téléphones, argent, bijoux, montres, porte-monnaie… avant de disparaître dans la nature», renseigne Dodo K, habitante sur la rue Mabinza, non loin du terrain Eckankar.
Persona non grata chez soi
«Les affrontements entre bandes de kulunas ont créé des frontières imaginaires, qui interdisent l’accès des jeunes d’un secteur dans un autre. Celui qui ose enfreindre cette règle s’expose gravement à des dangers. Plusieurs jeunes sont obligés de faire des détours de plusieurs heures et kilomètres, pour atteindre des coins qu’ils peuvent joindre en quelques minutes pour éviter des attaques des gangs d’autres camps. Ils se retrouvent comme des prisonniers, des personae non gratae dans leurs propres quartiers, dans leurs propres communes tant leur mobilité est réduite», explique Patrick B., étudiant dans une institution universitaire de Kinshasa.
«Actuellement, les jeunes de Yolo-Sud ne peuvent plus traverser en sécurité la rivière pour aller du côté du quartier Kimbangu, et vice-versa, au niveau de l’avenue Ezo, qui marque la limite des quartiers Yolo-Sud et Camp-Pinzi ».
« On raconte qu’un jeune de Yolo-Sud aurait été tué par des kulunas de Kimbangu. Par vengeance, les jeunes de Yolo-Sud auraient à leur tour tué un jeune de Kimbangu. Il s’est ainsi insallé un cycle de violence, qui fait que l’on continue à compter les morts. Les statistiques actuelles renseignent que le nombre de mort n’est plus à deux, mais à plus, à cause du conflit. Et la situation est tendue au point que même les moins jeunes se méfient de traverser de l’autre côté de la rivière, préférant réduire les sorties ou emprunter de longs détours», relate Junior D., menuisier exerçant à Yolo-Sud.
La population apeurée
Connus de tous, les kulunas circulent impunément dans le quartier. La peur au ventre, la population n’ose ni conseiller ni interpeller, ni même dénoncer ces jeunes. Redoutant d’éventuelles représailles de la part de ces inciviques, les habitants de Yolo-Sud ne savent que faire face à ces violences.
« Avec l’opération Likofi, initié par le général Kanyama, les kulunas avaient diminué leurs activités. Habitués à faire peur aux autres, ils avaient à leur tour eu des sueurs froides. Certains avaient arrêté ces kulunas. D’autres se sont même coiffés correctement. D’autres encore ont même changé et de quartier et de comportement », nous souffleAlain M., enseignant du secondaire dans une école de Ngiri-Ngiri. Il faut des mesures fortes pour le décourager dans leur sale bésogne« . Aimé TUTI