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Jenna Jambeck propose la création des fontaines publiques pour limiter la vente d’eau avec emballages plastiques
* Professeure de l’Université de Géorgie, aux États-Unis, l’hôte des Congolais l’a affirmé en marge de sa participation au festival Kongo River à Kinshasa.
Les États-Unis recèlent une grande expérience en matière de la dépollution des eaux. C’est dans ce cadre que Jenna Jambeck, professeure en ingénierie environnementale de l’université de Géorgie, aux USA, a partagé ses recherches et son expérience lors des conférences scientifiques du festival Kongo River, tenues le 16 juin dernier à Kinshasa.
Au cours d’un entretien avec la presse, le samedi 18 juin dernier, cette scientifique a préconisé la gestion intégrée comme l’une des stratégies efficaces à la gestion des eaux de la RDC, à sa protection et la lutte contre sa pollution par des déchets plastiques.
Elle a souligné qu’il n’existe pas une solution unique pour résoudre cette question de gestion des déchets plastiques dans les eaux. Une des approches préconisée par elle consiste à mettre en place des fontaines publiques, afin d’empêcher la population de recourir à l’eau vendue dans les sachets et bouteilles en plastique.
«Si la population peut se ressourcer au niveau des fontaines publiques, cela réduirait le volume de déchets plastiques dans l’environnement, principalement dans les rivières et autres ruissellements qui alimentent le fleuve Congo», a-t-elle suggeré.
plus de 5 millions de débris dans les eaux
Poursuivant le partage de ses recherches et expériences dans la lutte contre la pollution des eaux, la professeure de l’université de Géorgie a, par ailleurs, présenté à l’assistance quelques solutions technologiques. Elle a spécialement fait mention de l’application mobile «Marine Debris Tracker» qu, selon elle, vise à faciliter une initiative scientifique citoyenne mondiale.
Selon Jenna Jambeck, l’application et le programme de science citoyenne ont permis de localiser plus de cinq millions et demi de détritus et de débris marins dans l’environnement à travers le monde, comme le démontre son étude intitulée : «De la mer à la source : Réduire les plastiques dans notre environnement ».
Essentiellement spécialisée dans les études de pollution due aux déchets plastiques, Jenna a été invitée pour faire une présentation au festival « Kongo River » organisé à Kinshasa.
« Ensemble avec d’autres scientifiques congolais, nous avons abordé des sujets visant à dépolluer le fleuve Congo. Pour le moment, il faut se rassurer que les déchets plastiques ne puissent pas se retrouver dans les eaux et en particulier les eaux du fleuve Congo », a-t-elle déclaré.
a peine 30% de dechets plastiques recyclables !
La professeure Jenna Jambeck s’est dit satisfaite de pouvoir engager des discussions avec le monde scientifique, les ONG et également la communauté locale congolaise, sur l’élimination des déchets plastiques. Elle a encouragé les parties prenantes à travailler durement pour relever des défis liés à la gestion des déchets en RDC en général et à Kinshasa en particulier.
Répondant à la question sur ce que les déchets plastiques peuvent générer en termes de revenus, la professeure américaine Jenna Jambeck a montré qu’il est possible de créer des emplois grâce à ces déchets. Elle en veut pour preuve « l’existence de l’usine Kintoko, spécialisée dans le recyclage et transformations de ces déchets plastiques« .
Cette scientifique a, dans le même registre, indiqué qu’étant donné le volume des déchets plastiques générés par la ville de Kinshasa, une usine de recyclage de ces plastiques ne suffit pas, car ne pouvant recycler qu’environ 30 % de l’ensemble de déchets plastiques produits dans la ville.
Kinshasa a besoin de 3 autres usines
Pour Jenna Jambeck, il faut environ trois autres usines pour essayer de résorber le problème des déchets plastiques dans la capitale congolaise.
Professeure distinguée de l’Association athlétique de Géorgie en ingénierie environnementale à l’Université de Géorgie, Jenna Jambeck est fondatrice du Circularity Informatics Lab au sein du New Materials Institute. Elle a été boursière du National Geographic de 2018 à 2021.
En 2019, Jenna Jambeck a codirigé l’expédition National Geographic Sea to. Elle mène des recherches sur les questions de déchets solides depuis plus de 25 ans et sur les débris marins et la pollution plastique depuis 21 ans. Orly-Darel NGIAMBUKULU