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Le député national Gaborian Mboma Kumeza réconforte le pasteur Samba ainsi que le personnel soignant, les malades du Centre de santé.
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Editorial de Kileba Pok-A-Mes: Hommage chevaleresque à José Nawej
Annoncer sa mort aujourd’hui n’est plus du tout une nouvelle. Ni même dire comment il est mort et pourquoi. A quoi cela rimerait-il de se tordre les boyaux pour se retrouver dans le même vide de l’existence? José Nawej A- Mudiang, mieux connu sous le nom de José Nawej. Il nous a précédé de quelque année à l’école de journalisme. Il était un ami. Nous partagions avec lui la même génération d’âge et de profession.
Dans les années 90, la démocratie naissante et le crépuscule des années Mobutu nous ont trouvés sur la brèche. Jeunes reporters, l’espoir en bandoulière, nos chemins se croisaient sur le terrain des événements. Comme à ce premier meeting populaire de l’Union sacrée, pas la vôtre mais la nôtre, oh pardon! pas de la nation, mais celle des forces du changement, l’Union sacrée des forces du changement, celle qui se trouvait du bon côté de l’histoire sans être autour de la marmite du pouvoir. Oui, sur le terrain de ce meeting populaire-là lorsqu’un certain Nguz A Karl-I-Bond fit sensation en traitant le Maréchal Mobutu de « Johnny Walker » parce que coiffé d’une toque et toujours muni d’une canne comme cette mascotte de la liqueur à forte dose éthylique. Mais Nguz, grand tribun, ne put ce jour-là, enlever son aura au sphinx de Limete. Etienne Tshisekedi y alla d’une petite pique caustique, dénonçant la confiscation des médias publics, l’OZRT, radio-télé publique, par le «djictateur». «Aradio na télévision oyo mama moko atikela mwana na ye» (la radio et la télévision qu’une maman a léguées à son enfant). Il n’en fallait pas plus pour que la foule innombrable au stade Tata Raphaël déplume Mobutu et arrose d’insultes les plus ignominieuses son régime.
Nous nous rencontrerons encore sur le terrain des événements, rue Pétunias, à Limete, à la résidence de Tshisekedi, pris au piège, dans une fusillade par la gendarmerie après le Conseil des ministres du gouvernement démis issu de la CNS mais que le sphinx s’entêtait de réunir pour faire un pied de nez au Maréchal «djictateur». Le fameux gouvernement dit des «verts» puisqu’il se réunissait sous les arbres, raillait à l’époque la mouvance mobutiste.
La soldates de Mobutu avait cerné le lieux pendant une nuée de reporters et de combattants écoutaient le compte-rendu du gouvernement par son porte-parole, Me Kamanda wa Kamanda, surélevé sur une table en bois pour être vu et se faire entendre. Nos souvenirs de reporters ne s’arrêtent pas là.
Puis nous avons grandi dans nos rédactions et pris des galons. Les «Tembe tembe» et autres moutons noirs ont envahi la profession. Nous avons eu des maîtres et des patrons. Petit à petit, maîtres et patrons nous ont fait de l’espace et nous voici devenus nous-mêmes maîtres et patrons. Maîtres, peut-être oui, mais patrons, certainement pas. A gauche, on ne l’est presque jamais. Et dans la débrouille, on l’est davantage moins. Il faut travailler de ses mains, de sa tête, de tout son être pour vivre, survivre. Même si l’on installe dans le confort inconfortable de nos éditoriaux, nous ne sommes pas devenus pour autant des patrons. Chaque jour au service de sa rédaction, chaque jour au service des plus jeunes qui y entrent, massacrant jusqu’à la langue du travail, nous veillons l’aurore comme des gardiens de nuit. Ces nuits de «marbre» vous éreintent, vous épuisent et vous volent la santé. Comment être patron et laisser courir des coquilles qui peuvent virer à l’injure quand le q a sauté dans le mot «coquilles» pour devenir… «couilles»? (pardonnez mon impertinence! Ce service impose un sacrifice et ce sacrifice a un prix. Il signifie des nuits entières loin de son lit. Surtout quand il s’agit d’un quotidien comme Forum des As, le sacrifice est plus que sacerdotal.
Avec la profession sont nés les éditorialistes que certains d’entre nous sont devenus. Et José Nawej est de ceux-là. Avec lui, dans la plus grande humilité et discrétion, nous partagions souvent quelques idées. Un mot, une expression dans son acception totale. Et quand le matin ou tard la nuit, nos éditoriaux paraissaient, chacun de nous deux guettait la réaction de l’autre. «Je l’ai bu», avait-il coutume de m’écrire, après m’avoir lu. Et je le lui rendais si bien par un «toujours avec le même plaisir, cher collègue». Et le tout dernier «je l’ai bu» de la série, il me l’a gratifié le 18 octobre dernier, après la publication de l’édito «L’énigme Wazalendo». «Estimé collègue, je viens de nourrir l’esprit. Et le corps?», m’écrivait-il. Et moi de lui répondre: «Ah! C’est ça le problème…le corps est à l’abandon». Et la plume s’est brisée. Et ce dimanche 29 octobre, lorsque plusieurs rédactions nous joignent pour me tirer le verre du nez sur l’innommable, nous restons en réalité sans mot. Juste ce que nous pouvons confesser à haute voix: «Il était le meilleur d’entre nous».