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La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
«To changer» peut avoir…
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Comme un parfum de gouvernement parallèle…
Que de clashes dans la sphère dirigeante ! Que des tiraillements entre hommes liges du Président sur des dossiers ô combien stratégiques comme celui de la Gécamines ou de la sempiternelle chute de Katende ! Bref, que d’interférences des conseillers du chef de l’Etat dans la gouvernance stricto sensu du pays !
D’où cette question frappée du sceau du bon sens élémentaire : Et le Gouvernement dans tout ça ? Y en aurait-il un autre qui serait invisible à l’œil nu ? Un peu à la manière du monde des idées cher à Platon, par opposition au monde sensible.
Loin d’eux la prétention intellectuelle de voler aussi haut que le célèbre philosophe grec, les Congolais sentent quand même une odeur qui leur a été familière lors du régime atypique 1 +4. A savoir ce que d’aucuns ont appelé « Gouvernement parallèle « . Pour rappel, cerné par deux de quatre vice-Présidents, Joseph Kabila a su faire de son cabinet une espèce d’Exécutif bis.
Arrivé au pouvoir au seuil de 2019, Félix-Antoine Tshisekedi n’a pas voulu rester bras ballants en attendant la formation du gouvernement issu de la majorité parlementaire. Après avoir confiné l’équipe sortante strictement dans les affaires courantes, le successeur de Joseph Kabila a, de fait, entrepris de gouverner avec son cabinet.
Pas évident, cependant, que ce « gouvernement par défaut » se soit éteint avec la normalisation institutionnelle. A preuve, la prédominance des conseillers du Palais dans les « affaires » qui concernent la gouvernance classique de la res publica. Construction des écoles, projet Tshilejelu, gestion du site Katende, dossier TFM…
Tout se passe, en effet, comme si l’Exécutif était- mis ?- à l’écart de quantité de ces sujets qui, pourtant, relèvent de sa compétence. Comment des conseillers du Palais peuvent-ils être en première ligne sur la gestion quotidienne du pays ? Ce, alors qu’en régime semi parlementaire ou semi présidentielle, le Gouvernement détermine et conduit la politique de la nation. Et en répond devant le Parlement.
Au fur et à mesure de la découverte des « pots aux roses« , il apparait clairement que s’ils ne préemptent pas les prérogatives gouvernementales, les sherpas du Président volent la vedette au Gouvernement. Le font-ils pour que personne n’ignore que le vrai patron de l’Exécutif est le Président de la république ? Qui de cultivé en douterait dès lors que le chef de l’Etat contrôle la majorité parlementaire ? Il en est ainsi de même dans la France gaullienne sauf en cas de cohabitation.
Le font-ils pour marquer le territoire que n’occuperait pas complètement à leur goût l’équipe Sama, la nature ayant horreur du vide, dixit Aristote ? Possible. Justement parce qu’il se veut « warrior en chef« , Jean-Michel Sama n’ignore pas la notion de rapport de force. La Primature combien de divisions ?, pourrait-on paraphraser Staline pour indiquer de quel côté penche la balance » réalité du pouvoir « . Ceci pourrait expliquer cela.
Le drame, c’est qu’au finish, c’est l’Etat de droit et la bonne gouvernance qui prennent un sacré coup. José NAWEJ