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Clôture du mois de MARS : L’exposition « Mama Africa » célébrant la femme congolaise récolte un succès retentissant
L’exposition « Mama Africa », organisée par l’atelier Monzari en collaboration avec le centre culturel André Blouin, s’est clôturée le samedi 6 avril sur une note positive. Pendant six jours, du 31 mars au 6 avril 2024, la femme africaine, plus particulièrement congolaise, a été mise à l’honneur dans l’espace culturel situé dans la commune de Ngaliema, à la lisière de la place Kintambo-Magasins.
Fidèle à sa tradition de célébrer la femme à travers des activités culturelles au mois de mars, le centre culturel André Blouin a innové cette année en organisant l’exposition « Mama Africa ». Au total, onze artistes plasticiens pétris de talents, dont deux femmes, ont été sélectionnés pour exposer leurs œuvres qui abordent la thématique de la femme dans leur démarche artistique.
L’exposition a offert aux visiteurs une variété de tableaux réalisés avec différents mediums tels que le crayon, le bambou, le plastique et le pinceau. Parmi les œuvres qui ont particulièrement retenu l’attention, on compte le tableau « Kama » de l’artiste Christian Muzadi.
Ce tableau, réalisé à l’aide du feu sur des bambous taillés et reliés par des raphias, fait référence à l’Afrique et à la place que la femme africaine doit retrouver dans la société. Pour l’artiste, il était essentiel de placer la femme et l’Afrique au cœur de son discours artistique, mettant ainsi en lumière les questions d’identité et de culture africaine.
» J’ai intitulé ce tableau « Kama », en référence à l’ancien nom de l’Afrique, et aussi en tant que terme utilisé à Kinshasa pour désigner une femme. L’exposition met la femme au centre, et j’ai voulu présenter une œuvre qui, de manière subtile, replace la femme et l’Afrique au cœur de mon discours artistique. Ma démarche artistique se concentre principalement sur les questions d’identité. Je parle essentiellement de tout ce qui concerne l’Afrique, la culture et les Africains, » a fait savoir ce jeune artiste.

Ce dernier estime que cette exposition leur a permis d’exposer devant le public congolais qui autrefois ne semblait pas s’intéresser à l’art plastique.
» Le bilan de cette exposition est très positif. Je suis satisfait car j’ai souvent l’habitude d’exposer et en général, ce sont des personnes blanches qui viennent assister. Mais j’ai été ému de voir que la salle était remplie de personnes à la peau noire, de personnes blanches et de Congolais. Cela m’a encouragé car aujourd’hui, certains Congolais comprennent que l’art ne se limite pas seulement à la musique. Les arts visuels existent aussi, il y a la photographie, la peinture et la sculpture « , a-t-il conclu.
Christian Bokula Inkufo a également marqué les esprits en se démarquant des autres artistes. Pour son tableau intitulé « Reine protectrice« , il a utilisé la technique du recyclage des déchets plastiques tels que des étiquettes et des bouchons pour créer une œuvre d’art. Son message est clair : la femme est celle qui protège le monde, de la conception de l’enfant à son âge adulte. Pour lui, cette exposition marque une avancée significative dans le secteur de l’art congolais et permet de donner une visibilité nouvelle à leur travail.
» Ce que je retiens de positif, c’est tout d’abord l’engouement constaté dès le premier jour de l’exposition. C’est nouveau pour moi, car souvent lors de tels événements, ce sont principalement des personnes de race blanche qui viennent. Mais cette fois-ci, c’était différent. Nous avons vu le public congolais venir en masse. C’est une avancée pour nous et cela nous a touchés. Cela signifie que notre travail a évolué et qu’il est reconnu dans notre pays. Cette exposition nous permet également d’améliorer notre image grâce à l’accompagnement médiatique, et cela ajoute quelque chose à nos CV « , s’est réjoui Christian Bokula.
Audry Mputu, quant à elle, a présenté une œuvre intitulée « Mwasi Nzenga« , qui met en avant le côté productif et constructif de la femme. Elle souligne l’importance de la visibilité pour les artistes congolais, qui ont souvent du mal à exposer leurs œuvres dans des espaces culturels. Cette exposition leur a offert une vitrine pour exprimer leur talent et vendre leurs créations.
Maitre Richard Monsembola, alias Monzari, l’initiateur de cette exposition, s’est dit très satisfait de la contribution des artistes, de la mobilisation de son équipe et de l’accueil chaleureux du public. Il met en évidence l’importance de cette exposition pour améliorer l’image des artistes congolais et ajouter une expérience précieuse à leurs CV.
» Je suis très satisfait de la contribution de tous les artistes qui ont répondu présent, de la mobilisation de mes collaborateurs avec qui je travaille au Centre culturel André Blouin et de la manière dont le public a accueilli cet événement. Le premier jour, plus de 150 personnes se sont déplacées pour y assister. Je suis satisfait car le message est vraiment passé « , a-t-il jubilé. Meme s’il s’est dit » déçu » de la faible représentativité de la candidature féminine des artistes.
Jemima Kadima, secrétaire général du Centre culturel, s’est également félicitée quant à cette première exposition d’art plastique organisée dans l’espace du centre. Elle a fait ressortir l’enthousiasme suscité par cette nouveauté et l’importance de l’éducation de masse par l’art et la culture. Cette exposition ouvre de nouvelles perspectives pour les dirigeants du centre, qui envisagent d’intégrer davantage d’activités artistiques à leur programmation.
» Ce que j’ai aimé pendant ces six jours d’exposition, c’était un émerveillement, car c’est la première fois que le centre organise sa propre exposition cette année avec l’atelier Monzari. Les années précédentes, Maman Afrika avait l’habitude d’organiser une soirée, mais cette fois-ci, nous avons décidé d’innover en ajoutant l’exposition. Cela démontre pour nous que nous sommes capables de bien faire et de pousser notre réflexion encore plus loin afin d’apporter du sang neuf « , s’est-elle félicitée.
L’exposition « Mama Africa » a rencontré un succès retentissant en mettant en lumière le talent des artistes congolais et en célébrant la femme africaine. Elle a permis de sensibiliser le public congolais à l’art plastique et de donner une visibilité nouvelle aux artistes locaux. Cette exposition ouvre la voie à de nouvelles opportunités pour les artistes de faire reconnaître leur travail à l’échelle nationale et internationale. Christian-Timothée MAMPUYA