Dernière minute
Société
La décision est tombée comme un couperet. À Kinshasa, les autorités congolaises ont ordonné la fermeture immédiate de l'usine Revin SARL, implantée à Limete, après la découverte d'une substance pharmaceutique interdite dans une boisson largement consommée dans la capitale, apprend-on dans un…
Culture
Forum éco
Sport
Enjeux de l’heure
Derrière les allures d’un simple communiqué de clarification, la récente sortie du Vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, ressemble davantage à une opération…
Étranger
Montréal - Le Canada "reconnaît le plan d’autonomie" proposé par le Maroc "comme base pour une solution mutuellement acceptable" au différend régional autour du Sahara marocain.
Cette…
Nation
Le Japon a offert à la Fédération nationale des femmes protestantes du Congo (FNFPC) de l'Eglise du Christ au Congo) un bâtiment scolaire de plain-pied, deux ateliers, deux bureaux …
Goma sous siège : La diplomatie congolaise interpelle l’Union européenne
«Aujourd’hui, Goma est une ville assiégée, coupée du monde par une attaque méthodique, pensée pour infliger le maximum de souffrances». C’est en ces termes poignants que la ministre des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo, Thérèse Kayikwamba Wagner, a dressé un état des lieux alarmant de la situation dans l’est du pays.
S’exprimant lors d’une réunion extraordinaire de l’Assemblée parlementaire Afrique-Union européenne, tenue hier mercredi 5 février à Bruxelles, la cheffe de la diplomatie congolaise a dénoncé l’occupation illégale de Goma par les forces rwandaises et le mutisme de la communauté internationale face à cette tragédie.
Dans un plaidoyer sans concessions, Thérèse Kayikwamba Wagner a mis en cause l’Union européenne et d’autres puissances alliées pour leur manque de réaction face aux exactions commises.
«Kigali n’a toujours pas été sanctionné par ses alliés les plus puissants. Cela prouve que notre souffrance n’a ni ému les cœurs, ni éveillé les consciences des décideurs», a-t-elle dénoncé avec indignation.
Selon la ministre, le conflit provoqué par le M23, soutenu par le Rwanda, ne se limite pas à une question territoriale: il s’agit d’une guerre économique orchestrée pour piller les ressources naturelles congolaises.
Une destruction systématique des infrastructures vitales
Outre les pertes humaines, Goma est plongée dans le chaos. «Cette offensive ne s’est pas limitée à la prise de contrôle de la ville. Elle a méthodiquement détruit les infrastructures essentielles, provoquant un black-out total. L’eau et l’électricité ont été délibérément ciblées, les routes principales coupées, et même l’espace aérien verrouillé».
Cette situation dramatique empêche tout convoi humanitaire, toute évacuation médicale et tout secours d’urgence d’entrer ou de sortir autrement qu’en passant par le Rwanda, a-t-elle poursuivi.
de 300 à 3.000 morts aujourd'hui
Le nombre de victimes s’alourdit chaque jour dans l’indifférence quasi générale.
«Il y a une semaine, on annonçait 300 morts, puis 700. Aujourd’hui, nous dépassons les 3 000. Chaque jour, de nouvelles horreurs sont mises au jour», a-t-elle dénoncé.
Face à cette tragédie, le silence de la communauté internationale résonne comme une complicité tacite. «Ce silence assourdissant est à peine troublé par une déclaration grotesque du M23 annonçant un cessez-le-feu humanitaire. Faut-il en rire ou en pleurer ? Comment peut-on invoquer l’humanité avec les mains encore trempées du sang des innocents ? Comment prétendre à la paix après avoir méthodiquement semé la terreur ?», s’est-elle insurgée.
Un cessez-le-feu dénoncé comme une MISE EN SCène
La ministre des Affaires étrangères a rejeté cette annonce du M23 comme une mise en scène cynique, un écran de fumée destiné à détourner l’attention internationale pendant que l’irréparable continue de se produire.
Alors que Goma traverse l’une des pires crises de son histoire, Thérèse Kayikwamba Wagner a exhorté l’Union européenne et l’ensemble de la communauté internationale à sortir de leur inaction et à prendre des sanctions fermes contre le Rwanda.
«Il est temps que la justice prenne le pas sur la realpolitik. Il est temps que l’indifférence cesse», a-t-elle conclu avec une solennité poignante, comme un dernier cri d’alarme lancé au monde.
Jérémie ASOKO