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La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
«To changer» peut avoir…
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Entre les méchants et les zélateurs
Ici comme ailleurs. Avant-hier, hier, aujourd’hui et jusqu’à la fin des temps, la frontière entre vie publique et sphère privée pour un chef d’Etat est ténue. A la tête du pays depuis un peu plus de trois ans, Félix-Antoine Tshisekedi est en train de le réaliser. Lui qui a vu sa maladie faire un pied de nez à la loi de l’omerta et à son service tentaculaire et un tantinet éléphantesque de communication. Lui qui a vu son « hernie discale » devenir le principal sujet d’actualité au point de faire de son retour au pays un enjeu politique.
La « séquence maladie » du Président a donné à voir deux extrêmes. D’un côté, une frange, minime soit-elle, de Congolais qui se réjouissaient de la mauvaise passe du chef de l’Etat au point de lui souhaiter le pire. Inadmissible à tout point de vue. Rien ne saurait justifier pareille attitude. « Souhaiter la mort de quelqu’un, c’est l’assassiner en idée« , disait un essayiste français.
Il y a, certes, quantité de raisons de s’opposer à la gouvernance de notre « Fatshi national« . Mais entre l’adversité politique et la haine, il y a une ligne rouge à ne franchir sous aucun prétexte. Même si, dans un passé récent, certains compatriotes qui se recrutent dans le Pouvoir actuel faisaient de « l’opposition-animosité » contre le régime Kabila et dont l’anti-kabilisme primaire était une des manifestations.
A l’autre bout, il est des Congolais pour qui le Président est, par nature, invulnérable. Donc non éligible à la maladie. Or, de même que l’erreur est humaine, de même il est le propre de l’homme de tomber malade. Le fait de devenir chef de l’Etat ne fait pas de Félix-Antoine Tshisekedi un surhumain. Ou un extraterrestre. Même un béton armé s’use avec le temps.
Pire, l’histoire renseigne que la petite musique sur l’invulnérabilité du « chef » finit souvent par faire croire à ce dernier qu’il est une espèce de démiurge. Et bonjour la dictature de droit… divin ! Le retour de la manivelle est connu même de Congolais.
Entre les « méchants » et les « zélateurs« , il y a bien – et heureusement – l’espace pour les rationnels. Sans vouloir du mal à autrui, on ne saurait non plus verser dans un fanatisme messianique à l’endroit d’un homme fait de chair et de sang, Président de la république, soit-il.
Alors, bon rétablissement et bon retour au pays, Monsieur le Président ! Ceux qui ne vous haïssent point et ne vous vénèrent pas non plus, mais vous respectent, vous saluent! José NAWEJ