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La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
«To changer» peut avoir…
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Disert avec les groupes armés et muet avec ses opposants
Contacts, consultations, échanges…négociations tutti quanti. On peut appeler ça comme on veut. Selon la latitude et l’altitude, on peut choisir un vocable plutôt qu’un autre. Une chose est, cependant, sûre : les plénipotentiaires de Kinshasa parlent avec des groupes armés qui écument l’Est rd congolais depuis des lustres.
Parmi ces rebelles, des mouvements qui ont été unanimement reconnus comme « forces négatives « . Terroristes un jour, partenaires… pour la paix un autre jour. Comme quoi, si la paix n’a pas de prix, il y a un prix à payer pour la paix. Avec, toutefois, le risque qu’à vouloir la paix à tout prix, on la paye au prix fort.
Plus fondamentalement , on ne peut s’empêcher de constater le contraste entre la disposition du Pouvoir rd congolais à prendre langue avec la kyrielle de groupes armés et l’autisme dont il fait montre à toute perspective de dialogue avec les oppositions sur la question cruciale du processus électoral. Pourtant, les premiers sont d’authentiques malfrats sans foi ni loi. Pis, parrainés ou pas, ils sont co-auteurs et donc responsables de la tragédie – souvent à huis clos – qui est le triste lot quotidien des populations du Kivu et de l’Ituri.
Ce sont donc tous ces » opposants armés » auxquels Nairobi offre le paillasson pour essuyer les godillots pleins de sang des Congolais. Sous les tropiques rd congolaises, la prime à la kalachnikov a, décidemment, la peau dure.
En revanche, autisme et donc mutisme paraissent caractériser le Régime par rapport à ses oppositions non armées. Pourtant, le processus électoral commande un minimum de consensus pour espérer obtenir des élections crédibles et apaisées. Or même a minima, un compromis suppose que les parties se parlent. Il faut être deux pour danser le tango, dit-on.
Sans concertation en amont entre forces politiques et sociales réelles, les scrutins de 2023 ne vaudraient pas un penny. Plus grave, ils seraient potentiellement » porteurs et vecteurs » des conflits.
Que gagnerait la RDC face à un pouvoir qui privilégie le dialogue avec les groupes armés et rechigne à faire pareil avec ses opposants politiques ? Si ce n’est pas la politique d’un pas en avant, deux pas en arrière théorisée par Lénine, cela y ressemble fortement. Ça sent, en plus, le fameux jeu à somme nulle.
Le problème, c’est qu’où qu’on tourne le regard, on ne voit pas l’ombre de l’intérêt du pays dans ces consultations à géométrie variable ou à la tête du client. José NAWEJ